Municipales : les Français sanctionneraient des candidats hostiles à la transition écologique et sociale : résultat de l'étude* sur le regard des Français sur la transition écologique et sociale à l’échelle municipale à 2 mois Du scurtin
Alors qu’à huit
semaines des municipales, la transition écologique est toujours la grande
absente des débats, observe-t-on un backlash écologique (« green backlash »)
dans l’opinion publique, c'est-à-dire une montée de l’hostilité à l’égard des
politiques de régulation environnementales menées pour accélérer la transition
écologique et sociale à l’échelle locale ? Au regard des résultats de cette
enquête Ifop menée pour Réseau Action Climat et le Secours Catholique – Caritas
France, force est de constater que les électeurs font plutôt entendre le
message inverse : les candidats doivent poursuivre la transition écologique au
plus près des Français, dans leurs communes !
Réalisé à la fois
auprès d’un échantillon national représentatif de 1 004 Français et d’un
échantillon inédit de 1 050 habitants des quartiers populaires (QPV), ce
sondage brise en effet l’idée reçue selon laquelle les Français seraient
désormais crispés sur les actions en faveur de l’environnement et de la
transition écologique. A l’inverse de ce que l’on peut constater dans d’autres
contrées, le soutien de l’opinion publique française à la transition écologique
reste sans équivoque : les électeurs expriment une forte réticence à un
éventuel retour en arrière sur les politiques déjà engagées, attendent des
candidats qu’ils portent des mesures environnementales ambitieuses et
soutiennent les mesures de transition déjà engagées, y compris dans les QPV.
Dans une campagne
municipale que l’on annonce fortement polarisée par le thème sécuritaire, ces
résultats rappellent que la transition écologique et sociale ne s’efface pas de
l’agenda : elle reste un horizon d’attente élevé, étroitement associé à la
qualité de vie des habitants.
Les chiffres clés de l’enquête
Le changement climatique
n’est plus abstrait : la constatation de ses effets à l’échelle locale,
mais aussi l’exposition à diverses pollutions alimentent les besoins de
réponses concrètes à l’échelle municipale
1 - Les effets du
changement climatique sont déjà largement observés : 58% des Français déclarent
les avoir constatés ces dernières années, une proportion qui grimpe à 66% chez
les habitants des QPV.
2 - Dans le détail, les
manifestations citées sont très concrètes : 72% indiquent avoir constaté la
baisse de l’enneigement, 72% la multiplication des épisodes extrêmes, 72%
l’augmentation des vagues de chaleur et 71% la hausse des températures sur
l’ensemble de l’année.
3 - Cette prise de
conscience s’accompagne d’un diagnostic sévère sur le manque de préparation
locale : 52% des Français estiment que leur commune est mal préparée aux
impacts du changement climatique, avec un écart significatif dans les quartiers
populaires (57 % contre 52 % en moyenne).
Un net rejet du
détricotage des politiques engagées à l’échelon municipal : revenir sur
les politiques de transition écologiques déjà engagées expose à un risque de
sanction électorale
4 - Revenir sur les
politiques de transition écologique déjà engagées expose à un risque de
sanction : 63% des électeurs se disent gênés de voter pour un candidat
remettant en cause les mesures de transition écologique déjà engagées dans leur
commune.
5 - L’idée d’une
transition “de privilégiés” est démentie : cette gêne à l’idée de voter pour un
candidat qui reviendrait en arrière est partagée par les deux tiers des
habitants des quartiers populaires (64%) et jusqu’à 72% dans les villes de 100
000 habitants et plus, c'est-à-dire où les politiques de transition menées ces
dernières années ont été plus visibles et plus structurantes.
6 - L’argument “resserrer
les dépenses” au détriment de la transition convainc peu : 53% des Français
estiment qu’il faut poursuivre la transition, quitte à augmenter les
investissements municipaux.
Le point de vue de Sara
Sannicolo (réseau Action Climat) : Ce sondage doit agir comme un signal
d’alarme pour les candidats : une majorité de Françaises et de Français, que
leur intention de vote se porte à gauche ou à droite, se dit prête à
sanctionner des candidats qui proposeraient des reculs sur la transition
écologique juste dans leur commune, y compris dans les quartiers populaires.
Ceux-ci ont donc tout intérêt à s’engager pour des politiques environnementales
ambitieuses et intégrant les enjeux sociaux face à la réalité du changement
climatique vécue au quotidien. Les politiques de transition écologique sont
perçues comme le gage d’une meilleure qualité de vie dans la commune, d’un
pouvoir d’achat renforcé, d’une santé préservée ou encore de création d’emplois
locaux. Le retour en arrière sur les politiques de transition déjà engagées
devient donc une ligne rouge !
La transition dans le
concret : les Français ont bien compris que les politiques de transition étaient
plutôt positives pour leur portefeuille, leur qualité de vie dans leur commune
et leur santé
7 - Le soutien aux leviers
d’action municipaux est très élevé : 89% approuvent la création d’espaces verts
et la protection des zones naturelles et agricoles, 86% la préparation des
bâtiments communaux aux effets du changement climatique, et 85 % pour développer
l’offre de transports en commun accessibles à tous, le covoiturage et
l’autopartage.
8 - Plusieurs mesures sont
aussi perçues comme bénéfiques pour les finances personnelles : 57% des
Français attribuent un impact positif à la végétalisation des espaces publics,
56% à la limitation de la bétonisation et 55% au développement des transports en
commun.
Des Français qui ont soif
de justice sociale. Intégrer des mesures sociales est nécessaire et des mesures
écologiques en faveur du social
9 - 68% des Français
soutiennent la priorité donnée aux plus démunis dans les politiques locales de
lutte contre les pollutions et le changement climatique. Ce soutien dépasse les
clivages politiques.
10 - Proposer à tarifs sociaux des repas plus sains et locaux dans les cantines scolaires fait presque l’unanimité, avec 87% des personnes favorables.
Le point de vue de
Daphné Chamard-Teirlinck (SCCF) : Les résultats de ce sondage sont sans
ambiguïté : les Français, et plus encore les habitants des quartiers
populaires, apportent un fort soutien aux leviers d’action municipaux pour la
transition écologique et attendent des candidats aux municipales qu’ils
s’engagent clairement en la matière. Ils savent que ces politiques répondent à
des besoins très concrets – se loger, se déplacer, se nourrir, protéger sa
santé – et qu’elles peuvent améliorer leur quotidien si elles sont justes et
accessibles. L’attachement à la solidarité perdure, en plébiscitant largement
la priorité à donner aux plus fragiles.
___________________________________________________________________
*« Étude Ifop pour
Réseau Action Climat et le Secours Catholique – Caritas France réalisée par
questionnaire auto-administré en ligne du 3 au 15 décembre 2025 auprès :
… D’un échantillon de 1
004 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
… D’un échantillon de 1 050 personnes, représentatif de la population des quartiers populaires (QPV) âgée de 18 ans et plus ».


