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[Expertises] Logement étudiant : la tension locative double presque entre juin et août dans les grandes villes universitaires

Le point avec leboncoin immo.

 

À l’approche de la rentrée universitaire, la recherche d’un studio, d’un T1 ou d’un T2 se complique fortement. Dans les 21 villes étudiées par leboncoin, le nombre de contacts par annonce augmente de 67% pendant l’été par rapport au reste de l’année.

 

Entre juin et août 2026, une annonce reçoit en moyenne 16,7 contacts, contre 10 entre octobre 2025 et mai 2026, soit une augmentation de 67%.

La pression est encore plus visible dans les premières heures suivant la publication : le nombre moyen de contacts reçus sous 48 heures passe de 5 à 9, en hausse de 79%.


L’offre augmente pourtant à l’approche de la rentrée. En moyenne, environ 43 800 nouvelles annonces sont publiées chaque mois pendant l’été, soit 43% de plus que durant la période allant d’octobre à mai. Mais cette progression ne suffit pas à absorber l’accélération de la demande étudiante.

 

Une forte accélération à l’approche de septembre

 

La tension s’intensifie progressivement tout au long de l’été. En juin, une annonce reçoit en moyenne 12 contacts (dont 6,2 contacts sous 48h). Ce chiffre monte à 17,7 (9,6 sous 48h) en juillet, puis à 23,4 en août (13,1 sous 48h). Entre juin et août, le nombre moyen de contacts par annonce augmente ainsi de 95%, tandis que les contacts reçus sous 48 heures progressent de 113%.

 

Dans le même temps, le flux de nouvelles offres se contracte fortement : 54 361 annonces sont publiées en juin, contre 45 741 en juillet et 31 271 en août, soit une baisse de 43% entre le début et la fin de l’été. À mesure que la rentrée approche, les étudiants se retrouvent donc plus nombreux à se positionner sur un nombre décroissant de nouvelles annonces.

 

Montpellier, ville la plus tendue du panel

 

Montpellier arrive nettement en tête des villes étudiées. Sur l’ensemble de l’été, chaque annonce y reçoit en moyenne 32,6 contacts, dont 19,5 dans les 48 heures suivant sa publication. La pression s’accentue encore en août, avec 41,5 contacts par annonce.

 

Toulouse se classe en deuxième position, avec 26,9 contacts par annonce et 15,9 sous 48 heures.

Elle conjugue un volume d’offres important, avec plus de 12 600 annonces publiées pendant l’été, et une forte pression de la demande. En août, le niveau atteint également plus de 41 contacts par annonce. Lyon complète ce trio de tête avec 25,3 contacts par annonce, dont 15,2 dans les 48 premières heures. Strasbourg suit avec 23,2 contacts par annonce et 13,1 sous 48 heures.

 

Ces quatre grandes métropoles universitaires se distinguent à la fois par l’intensité de la demande et par sa rapidité : une part importante des candidats se manifeste immédiatement après la publication de l’annonce.

 

Caen rejoint les niveaux des grandes métropoles

 

Parmi les villes de taille intermédiaire, Caen constitue l’un des résultats les plus marquants. Chaque annonce y reçoit en moyenne 20,5 contacts pendant l’été, dont près de 12 dans les 48 heures.

La ville atteint ainsi un niveau comparable à celui observé dans plusieurs grandes métropoles, alors que son marché est beaucoup plus restreint, avec environ 3 050 annonces publiées sur les trois mois. Cette combinaison d’une forte demande et d’un volume d’offres limité peut rendre la recherche particulièrement difficile pour les étudiants.

 

Rennes, Aix-en-Provence et Lille restent également très sollicitées, avec environ 18 contacts par annonce. Bordeaux se situe légèrement en retrait, mais conserve un niveau significatif de 15,5 contacts par annonce.

 

Poitiers, symbole d’une tension très saisonnière


Toutes les villes ne connaissent pas la même forme de tension. Certaines sont sous pression toute l’année, tandis que d’autres enregistrent un véritable choc à l’approche de la rentrée. Poitiers illustre particulièrement ce second profil. Pendant l’été, le nombre de contacts par annonce y est 152% plus élevé que durant la période allant d’octobre à mai. Les contacts reçus sous 48 heures sont, quant à eux, multipliés par plus de trois.

 

Le niveau absolu de tension reste plus modéré que dans les grandes métropoles - 12,6 contacts par annonce - mais sa variation saisonnière montre à quel point le marché local est influencé par le calendrier universitaire. La saisonnalité est également très marquée à Lille, où les contacts par annonce augmentent de 107 % pendant l’été, ainsi qu’à Montpellier (+101%), Aix-en-Provence (+99%), Caen (+92%), Toulouse (+88%) et Rennes (+81%).

 

En petite couronne parisienne, une tension plus structurelle

 

Nanterre, Créteil et Saint-Denis présentent un profil différent. La tension y est forte pendant l’été, mais l’écart avec le reste de l’année est moins prononcé. Nanterre enregistre 21,2 contacts par annonce, soit 50% de plus que pendant la période d’octobre à mai. Saint-Denis atteint 20,7 contacts, mais avec une hausse saisonnière limitée à 22%. À Créteil, le niveau s’établit à 19,2 contacts par annonce, soit seulement 8% de plus que durant le reste de l’année.

 

Ces résultats suggèrent une tension davantage structurelle : les candidats sont confrontés à une forte concurrence tout au long de l’année, et pas uniquement au moment de la rentrée étudiante. Cette pression se double de loyers particulièrement élevés. Parmi les villes étudiées, Nanterre affiche le loyer hors charges au mètre carré le plus important, à 31,32 euros, devant Créteil à 28,06 euros. Saint-Denis atteint 24,30 euros par mètre carré.

 

Des loyers élevés qui ne recoupent pas toujours la tension

 

Le niveau des loyers et celui de la tension ne se superposent pas parfaitement. Aix-en-Provence figure parmi les marchés les plus chers, avec un loyer moyen hors charges de 708 euros et 26,64 euros par mètre carré. Lyon atteint 722 euros et 23,60 euros par mètre carré, tandis que Bordeaux s’établit à 687 euros et 23,41 euros par mètre carré.

 

À l’inverse, Montpellier affiche la tension la plus forte du panel avec un loyer moyen au mètre carré de 21,15 euros, inférieur à celui de plusieurs villes moins sollicitées. La difficulté d’accès au logement étudiant ne dépend donc pas uniquement du prix, mais aussi de l’équilibre entre le nombre de candidats et la disponibilité réelle des petites surfaces.

 

Des marchés relativement mieux alimentés

 

Clermont-Ferrand et Nancy enregistrent les niveaux de sollicitation les plus faibles du panel, avec respectivement 6,1 et 7,6 contacts par annonce pendant l’été. Nantes, Amiens et Reims se situent autour de 9 contacts. Nantes se distingue notamment par un volume d’offres important : près de

11 700 annonces y ont été publiées entre juin et août. Ce niveau d’offre contribue à répartir la demande sur un plus grand nombre de logements et à limiter la concurrence entre candidats. Ces villes ne sont pas exemptes de tension saisonnière, mais la pression y apparaît moins intense que dans les principales métropoles universitaires.

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