Alors que les chutes ont entraîné près de 175 000 hospitalisations chez les 65 ans et plus en 2024, 2,3 millions de logements devraient être adaptés au vieillissement d’ici 2033, selon une étude
EY pour
France Silver Eco.
Pour Camie Tsilefa,
ingénieur en bâtiment cofondateur de Vivalea, la solution sur mesure du
maintien à domicile et de la sérénité des familles, chaque chantier de
rénovation devrait désormais intégrer la question du vieillissement.
En France, 2,3 millions de logements devraient être adaptés au vieillissement d’ici 2033, selon une étude EY pour France Silver Eco. Dans le même temps, les chutes chez les personnes âgées continuent de progresser : en 2024, 174 824 hospitalisations liées à une chute ont été recensées chez les 65 ans et plus, un taux en hausse de 20,5 % par rapport à 2019.
20 148 décès liés à une chute ont également été
enregistrés cette année-là, un taux de mortalité en hausse de 18 % en cinq ans,
selon Santé publique France.
Et plus l’âge avance,
plus le risque s’accroît : chez les 85 ans et plus, le taux d’hospitalisation après
une chute est 8,6 fois supérieur à celui des 65-74 ans. Le taux de mortalité
est quant à lui 29 fois plus élevé.
Adapter avant la chute,
plutôt qu'après
Malgré ces chiffres,
l’adaptation du logement reste encore trop souvent pensée comme une réponse à
la perte d’autonomie, plutôt que comme une anticipation. « On sait isoler un
logement, on sait changer une chaudière, mais on pense rarement à la personne
qui va y vieillir. L’adaptation devrait faire partie de la rénovation dès le
départ, pas arriver après la chute. » affirme Camie Tsilefa, cofondateur
de Vivalea.
Aujourd’hui, les
travaux sont encore fréquemment engagés dans l’urgence, notamment après une
hospitalisation. Pourtant, certains aménagements peuvent être anticipés dès 60
ou 65 ans : adaptation de la salle de bains, suppression des seuils,
amélioration de l’éclairage ou encore facilitation des circulations dans le
logement.
Un marché à intégrer
aux chantiers de rénovation
Sur la seule partie financée par MaPrimeAdapt', près de 37 000 logements ont été aidés en 2025, pour une aide moyenne d’environ 6 000 euros. L’Anah vise 41 000 logements en 2026. Le montant moyen des travaux s'élève à 9 574 euros HT, pour un reste à charge d'environ 3 500 euros hors cofinancements.
À titre de comparaison, 187
425 aides MaPrimeRénov' par geste ont été accordées en 2025.
Pour les professionnels
du bâtiment, l'enjeu est désormais de ne pas traiter l'adaptation comme un
marché à part, mais de l'intégrer aux travaux déjà réalisés.
Une rénovation
énergétique peut ainsi être l'occasion d'anticiper simultanément les besoins
liés au vieillissement : refaire une salle d'eau en prévoyant une douche
accessible, supprimer un seuil lors du remplacement d'un sol, améliorer
l'éclairage ou faciliter les circulations.
L'intérêt est aussi
économique : anticiper ces travaux permet d'éviter, lorsque cela est possible,
de revenir quelques années plus tard pour réaliser un second chantier dans
l'urgence.
Passer d'une logique
d'urgence à une logique d'anticipation
Alors que le vieillissement de la population va mécaniquement accroître les besoins d'adaptation des logements, le secteur du bâtiment dispose déjà d'une grande partie des compétences nécessaires pour y répondre. « 2,3 millions de logements à adapter en dix ans, c’est un carnet de commandes que le bâtiment n’a pas encore ouvert. » conclut Camie Tsilefa.


