Chaque
année, à la même période, Charlotte Couffon, fondatrice de Cornaline
Communication, entend la même phrase : « On va attendre septembre pour
communiquer. En juillet et en août, il ne se passe plus rien. »
C'est probablement l'une des idées reçues les plus tenaces des relations
presse.
Et pourtant, c'est tout l'inverse.
En effet, l'été ne signe pas l'arrêt des médias. Il change simplement
leur rythme. Et c'est précisément ce changement qui crée de nombreuses
opportunités pour les entreprises, les dirigeants et les experts qui savent les
saisir.
Pendant que certains disparaissent des radars pendant deux mois,
d'autres profitent d'un contexte beaucoup plus favorable pour installer leur
expertise.
Car les journalistes, eux, continuent de publier.
Les journaux paraissent chaque jour. Les émissions de télévision et de
radio continuent. Les podcasts enregistrent de nouveaux épisodes. Les médias en
ligne publient en permanence. Les rubriques économiques, santé, innovation,
immobilier, finance ou encore entrepreneuriat ne prennent pas de vacances.
En revanche, leur manière de travailler évolue.
Les rédactions sont souvent moins soumises au rythme effréné de
l'actualité politique ou économique. Les journalistes disposent davantage de
temps pour préparer des sujets de fond, réaliser des interviews, rencontrer de
nouveaux experts et construire des dossiers plus approfondis.
C'est une période où les échanges deviennent plus fluides.
Les appels durent plus longtemps.
Les rendez-vous se prennent plus facilement.
Les discussions dépassent souvent le simple communiqué de presse pour
laisser place à de véritables conversations.
C'est aussi le moment où les journalistes cherchent de nouveaux regards.
Des analyses.
Des décryptages.
Des prises de position.
Des témoignages d'entrepreneurs capables d'apporter une lecture
différente de leur secteur.
Autrement dit, exactement ce que recherchent les relations presse
lorsqu'elles sont pensées comme un travail d'expertise plutôt que comme une
simple recherche de visibilité.
J'observe ce phénomène chaque été.
Les dirigeants qui décident de poursuivre leur stratégie de
communication pendant juillet et août obtiennent régulièrement des retombées
que beaucoup n'imaginaient pas possibles.
Des interviews.
Des tribunes.
Des portraits.
Des passages en radio.
Des invitations sur des plateaux de télévision.
Des participations à des podcasts.
Des reprises dans la presse nationale comme dans les médias spécialisés.
Pourquoi ?
Parce que lorsque le bruit médiatique diminue légèrement, les prises de
parole de qualité deviennent plus visibles.
La concurrence est moins forte.
Les agendas sont plus souples.
Les journalistes disposent de davantage de disponibilité pour découvrir
de nouvelles voix.
L'été offre également un avantage rarement évoqué : il permet de
préparer la rentrée.
Une relation créée avec un journaliste en juillet se transforme très
souvent en nouvelle sollicitation quelques semaines plus tard.
Une première interview débouche parfois sur une seconde.
Une tribune ouvre la porte à un portrait.
Une rencontre estivale devient un contact durable.
Les relations presse ne fonctionnent pas uniquement à l'instant T.
Elles reposent sur la confiance.
Et la confiance se construit souvent lorsque chacun dispose du temps
nécessaire pour échanger.
C'est précisément ce que permet la période estivale.
Attendre septembre en espérant que "tout redémarre" revient
parfois à arriver après les autres.
Les journalistes auront déjà préparé une partie de leurs sujets de
rentrée.
Ils auront identifié leurs nouveaux interlocuteurs.
Ils auront commencé à construire leurs prochains dossiers.
Ceux qui auront continué à prendre la parole pendant l'été auront
naturellement une longueur d'avance.
Les relations presse ne suivent pas le calendrier scolaire.
Elles suivent celui des opportunités.
Et s'il y a une saison où celles-ci sont souvent sous-estimées, c'est
bien l'été.
Dans un environnement où chacun cherche à gagner en visibilité, la
meilleure stratégie consiste parfois à communiquer précisément au moment où
tout le monde pense qu'il faut se taire.
Les meilleures fenêtres médiatiques ne sont pas toujours celles que l'on
croit.
L'été en est sans doute la meilleure démonstration.


