Chaque année, le même
scénario se répète.
Selon Charlotte Couffon, Fondatrice de Cornaline Communication, à mesure que le mois de juillet avance, les entreprises ralentissent. Les prises de parole s’espacent.
Les projets de communication
sont repoussés. Les décisions attendront septembre.
Et au mois d’août, une étrange parenthèse semble s’installer.
« Tout le monde est en vacances. »
« Les journalistes ne sont pas là. »
« Cela ne sert à rien de communiquer maintenant. »
« On verra à la rentrée. »
C’est une conviction tellement répandue qu’elle est devenue une sorte de
vérité collective.
Pourtant, elle est fausse.
Je dirige une agence de relations presse et, depuis plusieurs années, je
constate exactement l’inverse : la période estivale est l’une des plus
intéressantes de l’année pour faire des relations presse.
Et ce mois d’août me le confirme encore.
Les journalistes ne disparaissent pas le 1er août
Évidemment, certains journalistes partent en vacances.
Comme dans toutes les professions.
Mais les rédactions, elles, continuent de fonctionner. Les sites
publient. Les radios émettent. Les chaînes diffusent. Les journaux sortent.
L’actualité économique, technologique, financière, sociétale ou encore
sanitaire ne s’interrompt pas parce que nous avons changé de mois sur le
calendrier.
Il faut donc continuer à nourrir les rédactions.
Et c’est précisément là que se trouve l’opportunité.
Car pendant qu’une grande partie des entreprises décide de se taire,
celles qui continuent à proposer des contenus pertinents disposent
mécaniquement de davantage d’espace.
Moins de bruit ne signifie pas moins d’intérêt.
Moins de bruit signifie parfois davantage d’écoute.
La semaine dernière, une journaliste m’a fait une remarque qui m’a
marquée
Nous échangions au sujet de la tribune de l’un de mes clients.
Elle souhaitait reprendre le sujet, mais plutôt que de simplement
publier le texte, elle m’a proposé de le transformer en interview.
Nous avons échangé sur l'angle, le fond, la manière dont le sujet
pouvait intéresser ses lecteurs.
Puis elle m’a dit qu’il était rare de trouver une agence de relations
presse encore pleinement active au mois d’août.
Et surtout, que c’était agréable de recevoir un contenu pertinent,
adapté à ses lecteurs.
Cette phrase résume parfaitement ce que j’observe chaque été.
La journaliste a finalement réalisé l’interview et l’article publié est
particulièrement qualitatif.
Aurions-nous eu exactement le même échange durant la première semaine de
septembre, lorsque les boîtes mail se remplissent, que les entreprises
annoncent simultanément leurs actualités et que les journalistes sont
sollicités de toutes parts ?
Peut-être.
Mais peut-être pas.
Tout le monde veut parler en septembre. C’est justement le problème.
La rentrée est évidemment un temps fort de communication.
Mais c’est aussi l’un des moments où la concurrence pour attirer
l’attention des journalistes est la plus importante.
Tout le monde revient avec son lancement, son étude, sa nomination, sa
levée de fonds, son nouveau produit, son événement ou sa tribune.
Les boîtes mail explosent.
Les agendas se remplissent.
Les demandes d’interviews se multiplient.
Et certaines entreprises qui sont restées silencieuses pendant plusieurs
semaines espèrent soudain obtenir l’attention immédiate des rédactions.
Pourquoi attendre cette bataille pour la visibilité quand il est
possible de construire la relation en amont ?
Les relations presse ne devraient pas fonctionner comme un interrupteur
que l’on éteint en juillet pour le rallumer en septembre.
Une relation avec un journaliste se construit dans la durée.
Par des sujets pertinents.
Par de la disponibilité.
Par des échanges.
Par une compréhension réelle de sa ligne éditoriale et des attentes de
ses lecteurs.
Et l’été est particulièrement propice à cela.
Août permet aussi de retrouver quelque chose de précieux : le temps
de l’échange
C’est probablement ce que j’apprécie le plus pendant cette période.
Les relations presse sont parfois réduites à une mécanique : envoyer un
communiqué, relancer, obtenir une publication.
C’est oublier l’essentiel.
Derrière chaque article, il y a une rencontre entre une expertise et un
regard journalistique.
En août, nous avons régulièrement de très beaux échanges de fond avec
les journalistes. Ils questionnent un angle, souhaitent approfondir une idée,
demandent à transformer une tribune en interview ou cherchent un expert capable
d’apporter un éclairage différent.
Et ces échanges produisent souvent des articles particulièrement
intéressants.
Parce que nous ne cherchons plus simplement à « placer » un sujet.
Nous construisons un contenu ensemble.
Les résultats sont là
Dans mon agence, l’été n’est pas une période creuse. C’est même
historiquement l’une de nos meilleures périodes.
Cet été encore, certains de nos clients dépassent les 20 retombées
presse qualitatives en début de mois, avec des interviews, des prises de parole
expertes et des publications dans des médias à forte audience.
Et cette activité médiatique produit un deuxième effet que les
entreprises sous-estiment souvent : la visibilité appelle la visibilité.
Une interview devient un post LinkedIn.
Un article est partagé sur Instagram.
Une prise de parole renforce la crédibilité d'un dirigeant.
Un prospect découvre son expertise.
Une conversation commence.
Nous le constatons directement : alors que nous sommes au cœur de l’été,
nous continuons également à recevoir de nombreuses demandes de prospects.
Pourquoi ?
Parce que nous n’avons pas disparu.
Nous continuons à publier, à partager nos résultats, à valoriser le
travail réalisé pour nos clients et à être présentes lorsque d’autres ont
choisi de mettre leur communication en pause.
Être visible quand les autres se taisent est une stratégie
Je ne défends évidemment pas l’idée qu’il faudrait renoncer aux
vacances.
Les équipes ont besoin de repos. Les dirigeants aussi. Et les
journalistes également.
Je défends autre chose : arrêter de considérer juillet et août
comme deux mois qu’il faudrait automatiquement sacrifier dans une stratégie de
communication.
Une entreprise peut parfaitement organiser les congés de ses équipes
tout en maintenant une présence.
Elle peut anticiper ses contenus.
Préparer ses prises de parole.
Identifier les bons sujets.
Rester disponible lorsqu’un journaliste souhaite approfondir un angle.
Et surtout, elle peut cesser de croire qu’il faut attendre que tout le
monde recommence à parler pour reprendre elle aussi la parole.
Car en communication, le réflexe collectif n’est pas toujours le
meilleur réflexe stratégique.
Quand tout le monde parle, il faut se battre pour être entendu.
Quand beaucoup se taisent, une parole pertinente peut porter beaucoup
plus loin.
Alors non, je ne mettrai pas août entre parenthèses.
Parce que les journalistes continuent de travailler.
Parce que les lecteurs continuent de lire.
Parce que les sujets continuent d’exister.
Parce que les opportunités continuent de circuler.
Et parce que les relations presse, elles, ne dorment jamais.
La rentrée ne commence pas en septembre. Pour ceux qui savent utiliser l’été, elle a déjà commencé.


