Par Charlotte Couffon, Fondatrice de Cornaline
Communication.
Pendant longtemps, les
stratégies de communication ont été bâties en silos. D’un côté, les relations
presse, considérées comme le socle de la crédibilité d’une entreprise. De
l’autre, les réseaux sociaux, souvent perçus comme un canal plus léger, plus instantané,
parfois même secondaire.
Aujourd’hui, cette
vision fragmentée ne fonctionne plus.
Nous évoluons dans un
paysage où l’attention se gagne difficilement et se perd très vite. La
communication n’est plus une succession d’actions indépendantes : tout est lié,
et chaque prise de parole influence la suivante. Dans cet environnement, dissocier RP et
réseaux sociaux revient à se priver d’un potentiel considérable.
La presse fait émerger,
les réseaux sociaux prolongent
Une présence médiatique
forte reste un atout majeur : elle légitime, rassure, et offre un cadre
rigoureux pour porter un message. Mais un article, une interview ou une
chronique n’ont plus aujourd’hui le même impact s’ils ne circulent pas au-delà
du média d’origine.
Les réseaux sociaux ne
viennent pas “doubler” l’information, ils viennent l’incarner.
Sur LinkedIn, la prise
de parole prend une dimension professionnelle : on contextualise, on explique,
on partage les coulisses de la réflexion. C’est un espace où les marques comme
les individus construisent un discours cohérent, argumenté, ancré dans leur
expertise.
Sur Instagram, le
message se transforme : il devient visuel, émotionnel, accessible. On y touche
un public souvent différent, qui ne lit pas nécessairement la presse économique
ou sectorielle, mais qui s’intéresse à ce que l’entreprise raconte, montre, inspire.
Deux réseaux, deux
publics, deux rôles
L’erreur serait de
croire que LinkedIn et Instagram remplissent la même fonction.
LinkedIn structure le
discours ; Instagram élargit la portée.
LinkedIn rassure ;
Instagram engage.
LinkedIn construit
l’expertise ; Instagram construit la relation.
Les entreprises qui
parviennent à articuler ces deux plateformes autour de leurs retombées presse
créent un effet de caisse de résonance : le message ne vit plus seulement le
temps d’une publication, il se diffuse, se transforme, circule dans différents cercles
d’influence.
Capitaliser sur la
visibilité médiatique n’est plus une option
Dans un monde où chacun
peut prendre la parole, où les informations s’enchaînent et se concurrencent,
ne pas relayer ses retombées presse sur les réseaux sociaux revient à laisser
une partie de l’impact sur la table.
À l’inverse, publier
sur les réseaux sans assise médiatique, c’est prendre la parole sans contexte
ni profondeur.
Le véritable enjeu
aujourd’hui n’est donc pas de choisir entre RP et réseaux sociaux, mais de
comprendre la manière dont ces deux leviers se nourrissent mutuellement. Une
stratégie de communication cohérente doit circuler entre les médias, LinkedIn,
Instagram ou d’autres plateformes, selon la nature du message et le public
visé.
La communication ne se
segmente plus : elle s’orchestre
Les organisations qui
réussissent ne multiplient pas les prises de parole, elles les coordonnent.
Elles ne cherchent pas à être visibles partout : elles cherchent à être
comprises durablement.
Dans cet écosystème en
mouvement, combiner relations presse et présence réfléchie sur les réseaux
sociaux n’est plus un avantage concurrentiel. C’est devenu une nécessité pour
exister, émerger et durer.


