Selon la nouvelle analyse d’Oxfam, les pays riches ont
une nouvelle fois gonflé la « valeur réelle » des financements climatiques
qu’ils fournissent aux pays à revenu faible et intermédiaire, en la surestimant
d’environ 100 milliards de dollars en 2024. La surestimation est encore plus
importante que celle de 2022 qui s'élevait à 88 milliards de dollars.
Les pays riches
affirment avoir mobilisé près de $137 milliards de financements climatiques en
2024 afin d’aider les pays du Sud à réduire leurs émissions de gaz à effet de
serre, à s’adapter aux effets dévastateurs de la crise climatique et à limiter
les impacts. Sur ce montant, seulement $106 milliards correspondent à des
financements publics, dont 69 milliards (65 %) sous forme de prêts. Et un grand
nombre de ces prêts sont accordés aux conditions du marché qui ne nécessitent
presqu’aucun effort financier de la part des pays riches tout en alourdissant
la dette des pays du Sud global.
Oxfam estime que la «
valeur réelle » des financements climatiques fournis par les pays riches en
2024 se situe entre 33 et 45 milliards de dollars, soit tout au plus un tiers
du montant déclaré.
La France a de son côté
surestimé sa contribution d’environ $5 milliards. Oxfam estime que la
contribution réelle de la France en 2024 est entre 1,54 et 2,26 milliards de
dollars, soit seulement 22 à 32 % des 7,05 milliards de dollars que la France
déclare au titre de la finance climat.
Pour chaque euro prêté
sous couvert "d'aide climatique", Oxfam estime que la France ne
supporte en réalité qu'environ 33 cents de coût pour les prêts concessionnels,
et 20 cents pour les prêts non-concessionnels.
Selon Selma Huart, chargée de plaidoyer “Transition juste” à Oxfam France : « La France continue de traiter la crise climatique comme une opportunité de profit plutôt que comme une responsabilité, et aggrave ainsi l’endettement des pays les plus vulnérables. En privilégiant les prêts et en évitant de taxer les profits des industries fossiles, la France se prive des ressources nécessaires pour financer une action climatique réellement solidaire. La France refuse encore de faire les choix politiques qui s’imposent. Et ce sont les pays les plus vulnérables qui paient le prix de ces renoncements politiques. Nous attendons par ailleurs toujours que la France renouvelle son engagement annuel de financement climatique, arrivé à échéance en 2025 ».
Par ailleurs, seuls 15
à 18 milliards de dollars ont été consacrés à l’adaptation. Cette analyse
intervient quelques semaines seulement après les négociations climatiques de
Bonn, au cours desquelles les gouvernements des pays riches ont refusé de
renforcer l’engagement pris lors de la COP30 au Brésil de tripler les
financements consacrés à l’adaptation d’ici 2035. Oxfam estime que même un
triplement de ces financements permettrait de couvrir qu’un tiers des besoins
d’adaptation des pays les plus pauvres.


