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[Expertises] Suspension de la taxe petit colis : l’Union TLF appelle à une harmonisation de la fiscalité

Le gouvernement suspend, au 1er juillet 2026, la taxe française de 2 € sur les petits colis importés, quatre mois après son entrée en vigueur. Contournée à 90 %, elle n’aura rapporté que 2,3 millions d’euros par mois, loin des 400 millions attendus sur l’année.

L’Union des Entreprises de Transport et de Logistique de France (Union TLF), qui alertait depuis l’origine contre une mesure nationale isolée, en tire une leçon : seule une réponse européenne harmonisée peut rééquilibrer la concurrence.

 

Les faits ont confirmé l’alerte de l’Union TLF. Les plateformes extra-européennes visées ont aussitôt contourné la taxe française : marchandises expédiées par avion vers d’autres pays de l’Union, puis acheminées par la route jusqu’en France. Résultat, un déport de 90 % des volumes vers les pays voisins. Ce déport n’est pas qu’une perte de recettes : ce sont des flux logistiques, et les emplois qui vont avec, qui quittent le territoire. Or un emploi créé dans la logistique en génère deux autres dans l’économie. Déplacer les flux, c’est détruire de l’emploi en France, et affaiblir les capacités d’exportation par voie aérienne en France.

 

Philippe de Crécy, président de TLF Overseas, rappelle : « L'effet ne touche pas que l'import : le départ des avions tout-cargo de Roissy vers la Belgique a pénalisé les grands exportateurs français vers la Chine, désormais privés de ces capacités de fret et qui en attendent avec impatience le retour sur le territoire. »

 

S'y ajoute un coût environnemental : débarquées dans des aéroports hors de France, ces marchandises sont ensuite camionnées sur des centaines de kilomètres jusqu'au consommateur français, soit des trajets routiers supplémentaires, à rebours de nos objectifs de décarbonation.

 

Une mesure que nous dénoncions depuis l’origine

 

L’Union TLF partage l’objectif de rétablir une concurrence équitable, mais une mesure nationale isolée ne peut pas fonctionner dans un marché européen intégré.

 

Selon Jean-Thomas Schmitt, président de l'Union TLF : « Depuis le premier jour, nous avons dit qu’une taxe franco-française serait contournée. C’est exactement ce qui s’est passé : 90 % des volumes ont été déroutés par les pays voisins. On ne régule pas des flux mondiaux avec une frontière nationale à l’intérieur du marché unique. »

 

Que cet épisode serve de leçon : la réponse est européenne

 

L’Union TLF appelle à retenir la leçon pour la suite. Le seul niveau pertinent pour traiter la concurrence des plateformes extra-européennes est celui de l’Union. C’est tout l’enjeu du dispositif 100 % européen attendu pour novembre 2026, qui doit harmoniser les règles sur l’ensemble du marché unique.

 

Jean-Thomas Schmitt conclut : « La France doit être la pionnière de la compétitivité, pas de la taxe. Nous ne pouvons pas avoir année après année, une fiscalité plus lourde que celle de ses voisins : ce sont nos entreprises et nos emplois qui en paient le prix. Nous devons apprendre de cet épisode, la seule réponse efficace est européenne : mêmes règles, même perception, mêmes contrôles pour tous ceux qui livrent en Europe. C’est la condition d’une concurrence loyale et d’un level playing field réel. »

 

Une question reste ouverte : concrètement, comment ça marche ?

 

Ce revirement, annoncé la veille de son application, prend de court des opérateurs qui s'étaient organisés et avaient adapté leurs systèmes au scénario initial. Au-delà du fond, c'est aussi ce manque de visibilité que l'Union TLF dénonce : les entreprises ont besoin de règles stables, pas de cadres qui changent la veille de leur entrée en vigueur.

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