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[Expertises] Fiscalité - Gel des allègements de charges : une double peine pour les entreprises de services à la personne (SAP)

Entre rabot sur les exonérations de charges et mesures positives en faveur de la mobilité, le Gouvernement reprend d’un côté ce qu’il donne de l’autre.

 

La Fédésap dénonce ainsi le gel des allègements de cotisations patronales sur les bas salaires, annoncé le 21 mai 2026 par le ministre des Comptes publics. Présentée comme un ajustement technique, cette mesure se traduit, pour les entreprises de notre secteur, par un double surcoût immédiat et sans contrepartie.

 

En effet, le SMIC augmente de 2,41 % au 1er juin 2026, ce qui est légitime pour les salariés. Ainsi, au moment précis où les salaires augmentent, l'allègement qui devait suivre recule au contraire. Les entreprises paient donc deux fois, une fois la hausse du SMIC, une seconde fois la hausse des charges.

 

Entre augmentation des salaires louable et renchérissement incompréhensible du coût du travail : une « double peine » pour les entreprises.

 

Résultat : pour une entreprise de SAP assurant 40 000 heures d'intervention par an (environ 1,2M€ de CA et 55K€ de résultats), soit une structure de taille moyenne employant environ 25 salariés à temps plein, le surcoût annuel s'élève à 18 400 € : 11 600 € de salaire supplémentaire à verser au titre de la hausse du SMIC, et 6 800 € d'allègement en moins du fait du gel.

 

Ce chiffre constitue toutefois un plancher, applicable aux seules structures dont l'intégralité de la masse salariale est positionnée au niveau du SMIC. Or, dans la réalité des opérateurs du secteur, un nombre significatif de salariés bénéficient d'un taux horaire supérieur au minimum légal, du fait de l'ancienneté, de la qualification ou des stipulations conventionnelles de la branche. Dès lors, l'impact réel se situe dans une fourchette comprise entre 6 800 € et 30 000 € annuels, ce second seuil correspondant à une structure dont le taux horaire moyen s'établit à 13 €, au sein de laquelle le gel du point de valeur des allègements généraux produit ses effets sur l'ensemble de la masse salariale concernée.

 

L’addition est sévère et risque d’impacter fortement l’emploi dans le 1er secteur pourvoyeur de recrutements en 2026. Les conséquences sont prévisibles : gel des recrutements, fermetures de services, et au bout du compte, des familles privées de solutions de proximité à leur domicile.

 

Notons que cette mesure n’impacte pas (pour une fois) les activités auprès des personnes âgées et en situation de handicap qui ont déjà été mis à contribution en avril dernier dans le cadre du rabot des exonérations de charge en faveur des interventions auprès des personnes de plus de 70 ans.

 

La Fédésap demande au gouvernement de revoir cette mesure ou tout au moins d’y intégrer une clause de revoyure.

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