Alors
que de nouveaux jeunes diplômés s’apprêtent à entrer sur le marché du travail,
la situation se tend.
La France est le pays
de l’Union européenne où la part des 15-24 ans en recherche d’emploi a le plus
fortement progressé l’an dernier. Au premier trimestre 2026, le taux de chômage
des jeunes atteignait 21,1 %, selon l’Insee. Dans ce contexte et entre la
pénurie structurelle de candidats, et l’inadéquation entre l’offre et la
demande de compétences, une question se pose : les pratiques de recrutement
traditionnelles, fondées sur les diplômes et les parcours linéaires, ne
montrent-elles pas plus que jamais leurs limites ?
Selon notre dernière
étude « Talent Trends 2026 », un peu moins de la moitié des entreprises
interrogées (44%) déclarent avoir déjà recours au recrutement par les
compétences et 7% déclarent être en cours de transition pour le mettre en place
dans l’année à venir.
Des chiffres
encourageants mais encore insuffisants surtout quand plus de 6 entreprises sur
10 font part de difficultés de recrutement dans les 12 derniers mois,
principalement parce qu’elles ont du mal à trouver les bonnes compétences
(46%).
Pourtant, les résultats
sont sans appel : 98% des entreprises ayant adopté le recrutement par les
compétences sont satisfaites.
Le potentiel ne se
mesure pas au diplôme
Pendant longtemps, les
diplômes ont été les garants de « la valeur professionnelle » d’un candidat et
un critère majeur dans le choix et la sélection des profils. Il n’est plus
envisageable aujourd’hui de sélectionner des candidats en ne tenant compte que
de leurs seuls diplômes, indépendamment de leur potentiel, de leurs savoirs et
de leurs appétences.
Caroline Bernadat,
Directrice Senior Michael Page, rappelle : « J’ai l’habitude de dire à mes clients que
100% des entreprises recherchent en général 15% des candidats disponibles sur
le marché car toutes veulent le profil rassurant, celui qui aura fait la bonne
école, qui aura déjà eu une expérience similaire dans une entreprise du même
secteur et de la même taille. Ce n’est pourtant ni synonyme de succès ni de
performance car l’émulation, l’innovation et la créativité naissent de la
diversité et non d’un copier/coller. Il faut sortir des sentiers battus et
faire confiance à la diversité des parcours et aux potentiels évolutifs des
candidats. »
Le recrutement par les
compétences progresse mais pas assez vite
Face à la pénurie de
compétences, il faut élargir le champ des possibles. De nombreux secteurs en
France (industrie, numérique, santé) font face à une pénurie structurelle de
main-d’œuvre. Continuer à rechercher des profils strictement conformes à des critères
de diplômes ou d’expériences précises revient à se priver de candidats
disponibles. Il devient urgent de déplacer le regard et revoir les pratiques.
« Il faut arrêter de se
focaliser sur le « parcours idéal » mais se recentrer sur les compétences
techniques et comportementales réellement nécessaires à la réussite dans le
poste. Recruter des potentiels évolutifs, des personnalités plutôt que des
profils, devient un vrai levier de performance sur le marché du travail actuel.
», conclut
Frédéric Benay, Directeur Général Michael Page France.
Les compétences et le potentiel priment sur les diplômes. Le recrutement doit s’adapter à une nouvelle réalité du travail.


