18 mois après la mise en place de la loi sur le partage de la
valeur, la nouvelle édition de l'étude sur le partage de la valeur menée
par Viavoice, pour Natixis Interépargne, met en évidence un décalage : les
salariés ont largement intégré les vertus de ces dispositifs, tandis que leur
déploiement reste encore hétérogène dans les entreprises.
Du côté des salariés,
des usages ancrés
Les dispositifs d’épargne salariale et retraite ne sont plus seulement perçus comme un complément ponctuel de rémunération. 89 % des salariés bénéficiaires déclarent placer « le plus souvent » ou
« parfois » leurs primes, soit +14% par rapport à
2024.
Signe d’une relation
plus long terme à cette épargne, 68 % des salariés déclarent conserver les
sommes une fois la période de blocage terminée.
Ces résultats révèlent
une évolution nette : le partage de la valeur s’inscrit dans une stratégie
d’épargne durable, perçue comme un outil de sécurité financière et de
projection dans l’avenir.
Du côté des
entreprises, un déploiement encore inégal
Si la dynamique
d’équipement progresse, elle manque encore d’homogénéité.
Pour les grandes
entreprises, déjà largement équipées en dispositifs d’épargne salariale et
retraite, l’enjeu porte aujourd’hui davantage sur la lisibilité globale des
politiques de rémunération. La situation est différente dans les entreprises de
11 à 49 salariés, où l’enjeu reste d’abord celui de la mise en œuvre de la loi
Partage de la Valeur. 66 % ont mis en place au moins un dispositif, contre 92 %
dans les ETI et grandes entreprises.
Une mise en place
conditionnée par le contexte économique, avec 73 % des entreprises non équipées
qui citent avant tout leur situation financière comme un frein à la mise en
place.
La dynamique est
néanmoins engagée avec une entreprise sur quatre qui s’est équipée il y a moins
de deux ans, notamment sous l’effet de la loi.
Au-delà de
l’équipement, l’enjeu est d’aligner l’offre sur les attentes des salariés
Aujourd’hui, la
diffusion repose encore largement sur les dispositifs les plus simples à mettre
en œuvre, comme en témoigne le taux de 50 % d’équipement en prime de partage de
la valeur (PPV) dans les entreprises de 11 à 49 salariés.
Or, les attentes des salariés vont au-delà. L’intéressement et la participation arrivent en tête, cités par
6 salariés sur 10. 4 salariés sur 10 mentionnent les plans d’épargne
salariale et retraite. À l’inverse, la PPV occupe une place secondaire dans la
hiérarchie des attentes.
Ces attentes salariales
s’inscrivent dans un contexte où 82 % des salariés portent un regard positif
sur les évolutions allant vers davantage de transparence des rémunérations.
Face à cette réalité, l’épargne salariale et retraite devient un pilier central
de la politique de rémunération.
Julien Nègre, directeur général de Natixis Interépargne souligne : « Cette étude, menée pour la deuxième année, montre que le partage de la valeur est désormais ancré dans les pratiques des salariés. L’épargne salariale ne doit pas rester uniquement une épargne d’opportunité, mais elle doit être également une épargne au service des projets de vie. Pour cela, l’enjeu pour les entreprises est double : poursuivre le déploiement des dispositifs et élargir la gamme de solutions proposées, pour mieux répondre aux attentes de leurs collaborateurs. »


