« Couche-tard » ou «
lève-tôt » : les employés juniors sont deux fois plus susceptibles de préférer
les horaires nocturnes que les dirigeants.
Une analyse montre que les rythmes d’énergie changent avec l’évolution
de carrière, soulevant des questions sur l'influence du chronotype sur la
promotion et le leadership.
Depuis des décennies, la vie en entreprise a été pensée pour les «
lève-tôt », des réunions matinales aux horaires 9h-17h en passant par les
dirigeants se vantant d'être les premiers arrivés au bureau. Toutefois, une
nouvelle étude menée par Herrmann International en partenariat avec
monCVparfait montre que toute la main-d'œuvre ne se retrouve pas dans ce
schéma. Selon l’étude « Couche-tard vs lève-tôt », les rythmes d’énergie
varient fortement selon l'âge, le métier et la culture, et ces différences pourraient
influencer l'accès aux postes de direction.
L'étude a analysé plus de 1,5 million de travailleurs aux États-Unis et
au Canada, ainsi que des échantillons internationaux d'au moins 1 000
répondants par pays, révélant que les travailleurs français sont 31 % plus
susceptibles de se définir comme des « oiseaux de nuit » que la moyenne
mondiale. Dans l'ensemble, ces résultats suggèrent que des horaires rigides
pourraient favoriser les employés préférant le matin, tout en marginalisant les
talents créatifs, plus jeunes ou répartis à l’international.
Selon Karim Morgan Nehdi, PDG de Herrmann : « Nous avons conçu les lieux de travail sur la base de l'hypothèse que
tout le monde est du matin ou de la journée - c'est comme si l'on ignorait que
certaines personnes sont gauchères. Bien sûr, on peut forcer les gens à
s'adapter, mais prendre en compte différents styles de travail ne demande que
très peu de changements, et les gains en productivité et en bien-être rendent
largement l'effort rentable. »
Enseignements clés
En grimpant les échelons, les « oiseaux de nuit » deviennent plus
matinaux.
• Les débutants sont presque deux
fois plus susceptibles (1,9 fois) de préférer les horaires nocturnes que les
dirigeants.
• Les profils juniors sont 29 %
plus susceptibles que la moyenne de s'identifier comme « couche-tard ».
• Les cadres dirigeants sont 32 %
moins susceptibles d'être opérationnels le soir.
Les créatifs et le secteur des services sont les moteurs de l'énergie
nocturne
• Les profils nocturnes sont
surreprésentés dans les métiers de la création et les services : art (+52 %),
éducation (+51 %), rédaction (+33 %), divertissement (+25 %), conseil (+30 %),
et services (+22 %).
• La préférence nocturne
s'affirme chez les créatifs en raison d'un travail ininterrompu en soirée mais
aussi dans les services fonctionnant 24h/24.
Les chronotypes sont façonnés par la culture, pas la géographie
• L'Italie affiche la tendance
matinale la plus marquée de l'étude (+52 % de « lève-tôt »)..
• L'Europe du Nord a également
une forte préférence pour le matin : Danemark (+48 %), Suède (+43 %).
• Singapour se distingue comme le
pays comptant le plus de profils nocturnes (+45 % « couche-tard »), soit
près de trois fois le niveau de la Suède.
• La France affiche la plus forte
préférence nocturne en Europe (+31 %), se démarquant nettement de ses voisins
européens.
• Les Philippines (+39 %), le
Mexique (+35 %) et le Brésil (+25 %) présentent également une forte orientation
nocturne, reflet de cultures urbaines actives 24h/24.
Les « lève-tôt » sont toujours majoritaires
• Dans tous les groupes de
population, les profils matinaux sont environ deux fois plus nombreux que les
profils nocturnes.
• La proportion de profils
nocturnes dépasse rarement 20 % dans une population, mais elle se concentre
dans des viviers de talents stratégiques, comme les métiers créatifs et les
profils juniors.
Pour Jasmine Escalera, experte en carrière chez monCVparfait : « La culture numérique et le télétravail permettent à davantage de
profils nocturnes de s'exprimer. La véritable question est de savoir si
davantage de personnes deviennent des “oiseaux de nuit”, ou si nous les voyons
simplement plus clairement maintenant que le travail est devenu moins rigide. »
Les leçons à tirer pour les employeurs
• La diversité des chronotypes
est liée à l'âge, à la culture et au métier.
• Les modèles traditionnels de
travail en horaires de bureau favorisent les profils matinaux, tout en créant
des contraintes pour les talents plus jeunes et créatifs.
• De simples ajustements, comme des réunions plus tardives, des délais flexibles ou des horaires décalés, peuvent aider les entreprises à tirer parti de cette diversité de rythmes d’énergie sans perturber leur organisation..


