L’étude State & Prospects of Circular
Fashion in Europe de KPMG et de la Fédération de la Mode Circulaire révèle une
quantification réévaluée du marché de l’éco conception et met en lumière
l’impact des réglementations européennes émergentes.
KPMG et la Fédération de la Mode Circulaire (FMC) publient aujourd’hui
la 2e édition de leur étude State & Prospects of Circular Fashion in
Europe, qui propose une évaluation actualisée du potentiel économique des
modèles circulaires dans l’industrie de la mode en Europe.
Selon l’étude, les quatre piliers de la mode circulaire (Réinventer,
Réutiliser, Réparer et Recycler) pourraient représenter ensemble un marché de
plus de 100 milliards d’euros d’ici 2030 en Europe. Cette nouvelle estimation
tient compte à la fois de l’intégration de l’éco-conception dans le
dimensionnement du marché et de l’impact croissant des évolutions
réglementaires européennes.
En soutenant les services locaux de réparation, les infrastructures de
collecte et de tri des textiles, les capacités de recyclage fibre à fibre et le
développement de produits plus durables, les modèles circulaires peuvent
également renforcer les écosystèmes industriels européens et contribuer à la
résilience des chaînes de valeur textiles stratégiques.
L’éco-conception, principale opportunité de la mode circulaire en Europe
Le principal enseignement de l’édition 2026 est l’intégration et la
quantification du pilier « Réinventer », qui englobe l’éco-conception, la
durabilité, la réparabilité et la recyclabilité.
Pour la première fois, l’étude estime que les seuls produits éco-conçus
pourraient représenter un marché d’environ 71 milliards d’euros d’ici 2030, ce
qui en ferait de loin le plus grand segment de la mode circulaire en Europe.
Selon l’analyse, la part des produits éco-conçus pourrait passer d’environ 6 %
du marché européen aujourd’hui à près de 15 % d’ici 2030, selon les évolutions
réglementaires.
Alors que près de 80 % de l’impact environnemental d’un produit est reation
dès la phase de conception, l’éco-conception reatio de plus en plus le socle
permettant de reation à grande reatio les modèles de reatione, de reationeon et
de recyclage. Au-delà de la performance environnementale, elle s’impose comme
un levier stratégique de compétitivité, d’efficacité des ressources, de reatione
des chaînes d’approvisionnement et de reation de valeur à long terme.
La réglementation européenne, un accélérateur clé du marché
L’étude 2026 analyse également comment les nouvelles réglementations
européennes pourraient influencer la croissance des marchés de la mode
circulaire dans les prochaines années.
Parmi les évolutions réglementaires analysées, l’harmonisation des
dispositifs de responsabilité élargie du producteur (REP/EPR) à l’échelle
européenne devrait avoir l’un des impacts les plus significatifs sur la
croissance du marché.
En transférant le coût de fin de vie des produits vers les producteurs
et en finançant les infrastructures de collecte, de tri et de recyclage, la REP
permet de répondre à l’un des principaux blocages du secteur : l’Europe génère
environ 12,6 millions de tonnes de déchets textiles par an, mais seulement 20 %
sont actuellement collectés séparément pour être réutilisés ou recyclés.
L’étude montre qu’un cadre européen harmonisé de REP pourrait
considérablement renforcer le modèle économique de l’éco-conception et du
recyclage en créant des incitations économiques sur toute la chaîne de valeur,
tout en favorisant les investissements dans les infrastructures.
Parallèlement, le passeport numérique produit (DPP) et les discussions
autour d’une TVA circulaire devraient accélérer davantage le développement des
modèles circulaires, en améliorant la traçabilité, la transparence et la
compétitivité.
Une opportunité stratégique pour l’industrie européenne de la mode
Dans un contexte où les industriels européens du textile font face à une
baisse des capacités industrielles, une hausse des coûts de production et une
concurrence accrue de l’ultra fast fashion, la circularité apparaît comme une
opportunité à la fois environnementale et économique.
L’étude conclut que la mode circulaire ne doit plus être considérée
comme un sujet de durabilité marginal, mais comme un marché stratégique de
croissance, capable de soutenir l’innovation, de renforcer la résilience
industrielle et d’améliorer la compétitivité de l’Europe sur le long terme.
Selon Mina Bishop, Senior Manager Economie Circulaire au sein du Centre
d’Excellence ESG de KPMG France : «
Pendant des années, la mode circulaire a été traitée uniquement comme un enjeu
environnemental. Notre étude montre qu’il s’agit aussi d’un sujet stratégique
et industriel. L’éco conception est là où une grande partie de la valeur sera
créée, à condition que le secteur repense les produits dès leur conception :
design, approvisionnement, usage et recyclage. La réglementation donne une
direction. Mais pour les entreprises, l’enjeu ne se limite pas à la conformité
: il s’agit de savoir si elles peuvent tirer parti de cette transformation pour
renforcer leur position à long terme. »
Maxime Delavallée, Président de la Fédération de la Mode Circulaire, poursuit
:
« Notre étude montre que la réglementation peut être un puissant accélérateur de la mode circulaire. Des mesures comme une TVA circulaire pourraient rendre la réparation et la revente plus compétitives, renforcer les modèles économiques circulaires et libérer une partie des 104 milliards d’euros d’opportunité de marché que nous identifions pour l’Europe d’ici 2030. »


