Nouvelle campagne d’information de l’INRS
Conversations,
sonneries, notifications, bruits de pas, machine à café, imprimante... Tous ces
bruits généralement considérés comme anodins ne sont pas sans effets sur la
santé des travailleurs.
L’Institut national de
recherche et de sécurité (INRS) pour la prévention des accidents du travail et
des maladies professionnelles lance une campagne nationale d’information pour
aider les entreprises à agir contre cette nuisance sonore souvent sous-estimée.
Contrairement aux idées
reçues, les risques professionnels liés au bruit ne s'arrêtent pas aux portes
des usines ou des chantiers. Le secteur tertiaire est également concerné. Dans
les bureaux, centres d’appels, restaurants, espaces d’accueil…, ce n'est pas
l'intensité du son qui pose problème, mais sa répétition tout au long de la
journée, notamment lors des tâches nécessitant de la concentration ou une
attention particulière.
Une banalisation du
bruit dans les locaux du tertiaire
« Si la réglementation
prévoit des actions à mettre en œuvre par l’employeur à partir de 80 décibels,
elle ne prend pas en compte l’ensemble des bruits modérés. Et comme ces bruits
n’entraînent pas de surdité directe, ils sont considérés comme anodins et
restent banalisés, dans les locaux du tertiaire. » explique Patrick
Chevret, responsable du laboratoire Acoustique au travail à l’INRS.
Pourtant, une
exposition régulière à des bruits modérés au travail peut entraîner des effets
sur la santé, comme de la fatigue, du stress, de l’irritabilité, voire même
provoquer un accident. Si plus d’un travailleur sur deux est gêné par le bruit
sur son lieu de travail, nombre d’entre eux considèrent qu’on ne peut rien y
faire. Il existe pourtant des solutions pour prévenir ces risques.
Le bruit au travail
n’est pas une fatalité, des solutions existent
L’évaluation des
risques constitue le point de départ de toute démarche de prévention. Dans le
domaine acoustique, cette démarche peut commencer par une estimation du niveau
sonore avec des outils comme la grille d'évaluation de la qualité acoustique
des espaces ouverts et le questionnaire Gabo pour recueillir la perception des
bruits par les salariés. En complément, il est nécessaire d’effectuer des
mesurages acoustiques, à l’aide de sonomètres pour objectiver les niveaux
sonores ainsi que la qualité acoustique d’un local.
A partir de cette
démarche d’évaluation, des actions peuvent être mises en place, la priorité
étant de réduire le bruit à la source et d’agir sur l’environnement de travail.
« Il faut analyser les flux de communication et adapter l’organisation. Dans le secteur tertiaire, réduire le bruit des équipements et améliorer l’acoustique des locaux est essentiel. Des solutions simples existent, comme la création d’espaces dédiés aux échanges ou l’installation de matériaux absorbants. L’idéal reste d’intégrer ces enjeux dès la conception des espaces. » complète Patrick Chevret.



