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[Expertises] Cloud et souveraineté : la dépendance des infrastructures européennes

Le think tank FOTI a récemment publié un rapport selon lequel plus des trois quarts des États européens dépendent d’acteurs technologiques américains pour certaines fonctions critiques liées à la sécurité nationale, dans un contexte où les entreprises américaines représentent près de 80 % du marché cloud en Europe.

 

Analyse de Thierry Bedos, Vice-Président EMEA Sud.

 

« Ce rapport illustre la dépendance persistante d’une partie des infrastructures européennes à des technologies non européennes. Bien que la France apparaisse moins dépendante que certains pays, elle reste néanmoins concernée par des dépendances indirectes, notamment lorsque des solutions européennes reposent en partie sur des technologies américaines.

 

Tant que la question reste théorique, elle est souvent abordée sous l’angle de la performance ou des coûts. Mais dès lors qu’on parle d’environnements sensibles, les enjeux de contrôle, de continuité d’activité et de maîtrise des données deviennent déterminants. À ce niveau, la dépendance n’est plus seulement un sujet technique, mais surtout une question de capacité d’action. Les évolutions récentes ont également contribué à rendre ces risques plus tangibles, en montrant que certains services technologiques critiques, notamment dans les communications ou l’observation satellitaire, peuvent dans certains contextes être restreints ou suspendus pour des raisons politiques ou stratégiques.

 

L’étude met également en évidence la complexité de la notion de souveraineté. Derrière certaines offres présentées comme européennes, il peut subsister des dépendances technologiques indirectes, liées à certaines briques logicielles ou à des fournisseurs sous-jacents. Ce constat ne remet pas en cause leur intérêt, mais invite à analyser l’ensemble de la chaîne technique pour apprécier le niveau réel de maîtrise.

Dans ce contexte, les organisations commencent à intégrer plus systématiquement la question des dépendances technologiques dans leurs choix d’infrastructure, en particulier pour les environnements les plus sensibles. Cela passe notamment par une attention particulière à la localisation des données, aux conditions d’accès aux services et à la capacité à opérer ces systèmes de manière autonome. Ces arbitrages peuvent déterminer la capacité des organisations à maîtriser leurs infrastructures critiques. »

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