Selon la
première édition de l'Agicap Data Pulse, les entreprises françaises font face à
des délais de paiement clients qui s'allongent progressivement, avec une
volatilité croissante.
Pour cette étude, Agicap - leader européen des solutions de gestion de
trésorerie et d'optimisation du BFR - a analysé de manière agrégée et
anonymisée les données transactionnelles issues de sa plateforme, utilisée par
plus de 8 000 entreprises, afin d’étudier les comportements de paiement en
France. Les entreprises concernées sont
des PME (5 à 50 M€ de CA) et des ETI (50 à 500 M€ de CA), un segment de marché
encore peu documenté. L'analyse porte sur l'ensemble des factures clients
émises en 2025 et évalue l'efficacité des relances effectuées via l'outil.
Cette étude inaugure l'Agicap Data Pulse, une publication trimestrielle
qui transforme les milliards de transactions agrégées sur la plateforme en
indicateurs actionnables sur les tendances de trésorerie des PME et ETI
européennes.
L’étude révèle trois enseignements clés que les DAF français doivent
prendre en compte pour faire face aux enjeux de 2026
1/ Les directions financières françaises subissent une augmentation du
délai moyen de paiement (DSO) qui atteint 65 jours en moyenne pour 2025
• L’étude révèle une augmentation
du DSO par rapport aux valeurs de 2024 et 2023, constat partagé par d’autres
acteurs de place. Agicap avait également décelé cette tendance lors d’une
enquête précédente (63% des DAF interrogés au premier semestre 2025 ont déclaré
faire face à une hausse de leur DSO)
• Cette hausse du DSO augmente
mécaniquement le besoin en fonds de roulement (BFR) des entreprises et les rend
plus vulnérables aux tensions de trésorerie et à leurs conséquences
(financements d’urgence onéreux, rupture de covenants, perte de confiance de leurs
fournisseurs, dégradation de la cotation Banque de France).
2/ Le DSO subit des variations importantes durant l’année 2025, avec une
forte saisonnalité
• Le DSO atteint un pic supérieur à 70 jours en août 2025 (+8% par rapport à la moyenne) montrant la difficulté des entreprises à effectuer leur recouvrement en période estivale.
• L’analyse montre qu’un quart
des PME et ETI françaises étudiées ont des variations
3/ Quatre comportements distincts ressortent de l’analyse du poste
clients des entreprises étudiées
• Le DSO sous contrôle (26% des
entreprises étudiées) : le service financier
maintient le DSO inférieur à 60 jours (médiane) et les actions de relance sont
efficaces. En moyenne, une seule relance par facture suffit à obtenir son
règlement, témoignant d’un processus de recouvrement maîtrisé.
• Relances insuffisantes (24% des
entreprises) : le DSO est supérieur à 60 jours
mais le département financier ou l’ADV (Administration des Ventes) envoie moins
d’une relance par facture. Plusieurs leviers d’amélioration sont facilement
exploitables, à commencer par la mise en place de plans de relance
systématiques dont l’exécution peut être automatisée.
• DSO à risque (25% des
entreprises) : le service financier parvient à
garder le DSO inférieur à 60 jours mais au prix de multiples actions de
relance. Plus d’une relance en moyenne est envoyée pour chaque facture client
émise.
• DSO fortement dégradé (25% des
entreprises) : le DSO dépasse 60 jours malgré un
processus de relance systématique (au moins une relance envoyée pour chaque
facture). Ce décrochage n'est pas corrélé à une surcharge d'activité, car le
volume de factures n’a qu’une faible incidence, mais révèle un manque de suivi
du risque client.
La gestion du poste client s'impose comme un enjeu stratégique majeur
pour 2026 : la capacité des directions financières à convertir leurs créances
en liquidités conditionne directement l'autofinancement de la croissance.
L'allongement des délais de paiement pénalise en particulier les entreprises
sans processus de relance structuré et systématique.
Mais la maîtrise du risque client va au-delà du volume de relances
envoyées : elle exige d'anticiper les dérives et d'adapter les actions (appels,
mises en demeure) au profil de chaque débiteur.
Les avancées en IA et la réforme de la facturation électronique accélèrent cette transformation.
L'automatisation du recouvrement permet des relances personnalisées et graduelles, un suivi exhaustif des factures et une multiplication des actions de recouvrement, sans ressources supplémentaires ni dégradation de la relation client. Grâce aux Plateformes Agréées, dont Agicap fait partie, le suivi du cycle de vie des factures en temps réel offre désormais aux services financiers un niveau d'information inédit pour fiabiliser leurs prévisions d'encaissement.


