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[Etudes] 75 % des entreprises constatent une hausse des retards de paiement, et 59 % anticipent une augmentation des défaillances en 2026

L’AFDCC publie les résultats de son enquête sur les comportements de paiement des entreprises.


Cette étude met en lumière un basculement durable des comportements de paiement, où la gestion du cash s’impose comme une priorité stratégique. Le panel 2025, stable et majoritairement composé d’entreprises de taille intermédiaire et de grands groupes, garantit la robustesse et la comparabilité des tendances observées.

 

Le retard de paiement s’installe comme un outil de gestion du cash

 

Le principal enseignement est clair : le retard de paiement n’est plus un dysfonctionnement ponctuel, mais un comportement installé.

 

En 2025, 75% des entreprises constatent une augmentation des retards de paiement, contre 61% un an plus tôt. Cette progression s’accompagne d’une dégradation qualitative, avec 35% des entreprises confrontées à des retards supérieurs à 15 jours.

 

Dans le même temps, le DSO reste sous tension : 45% des entreprises constatent son augmentation, contre 20 % une diminution. Dans un environnement marqué par la pression sur les marges et un accès au financement plus sélectif, les entreprises arbitrent en faveur de leur trésorerie. Le paiement devient ainsi une variable d’ajustement du cash, au même titre que les coûts ou les investissements.

 

Une chaîne de valeur fragilisée, sous tension croissante

 

Cette évolution alimente une tension sur l’ensemble de la chaîne économique. Les signaux d’alerte se multiplient : 57 % des entreprises constatent une hausse des demandes d’échéanciers, tandis que 31 % observent une augmentation des procédures amiables.

 

Dans ce contexte, 59 % des credit managers anticipent une hausse des défaillances en 2026. Les professionnels expriment une perception prudente de la conjoncture, marquée par une hausse du risque client et une complexification des arbitrages. Ce glissement traduit le passage d’une logique de développement à une logique de sécurisation.

 

Un cadre réglementaire qui peine à produire ses effets

 

Malgré un encadrement renforcé, les pénalités de retard restent largement inappliquées. Ce choix reflète un arbitrage économique : les entreprises privilégient la relation commerciale et la sécurisation du chiffre d’affaires.

 

En pratique, même lorsqu’elles sont demandées, ces pénalités sont quasi jamais encaissées, limitant leur portée dissuasive et interrogeant l’efficacité du cadre actuel.

 

Le secteur public s’améliore, mais reste contrasté : la situation des hôpitaux publics reste quant à elle très préoccupante

 

Après une dégradation en 2024, les délais de paiement du secteur public montrent des signes d’amélioration. 31 % des entreprises constatent encore une augmentation des délais, contre 48 % un an plus tôt, tandis que 66 % observent une stabilité. Si des efforts sont engagés, des disparités persistent, notamment au niveau des collectivités locales et du secteur hospitalier.

 

Le credit management, nouveau centre de gravité des décisions financières

 

Dans ce contexte, la fonction de credit manager s’impose comme un acteur stratégique du pilotage financier.

 

Elle se positionne au cœur des enjeux de cash et de risque, avec une évolution vers le cash management (67 %) et l’Order-to-Cash (55 %). Les priorités pour 2026 confirment cette transformation : recouvrement et prévention du risque deviennent centraux.

 

Dématérialisation et IA : une transformation accélérée mais encore incomplète

 

La transition vers la facturation électronique s’accélère : 67 % des entreprises ont choisi leur plateforme, et 73 % ont mis en place un groupe de travail dédié.

 

L’intelligence artificielle progresse (scoring, recouvrement, analyse), mais reste encore peu intégrée :

50 % des entreprises ne l’utilisent pas encore.

 

Vers un changement de paradigme européen

Les réflexions européennes pourraient marquer un tournant, avec une harmonisation des pratiques et un renforcement des contrôles. Si ces évolutions sont jugées nécessaires, elles soulèvent des interrogations quant à leur adaptation aux réalités opérationnelles.

 

“Les résultats de cette enquête confirment un basculement profond : le paiement devient un levier stratégique de gestion du cash. Il ne s’agit plus d’un simple processus administratif, mais d’une décision économique à part entière. Dans un contexte incertain, les entreprises arbitrent en permanence entre performance financière, gestion du risque et relation client. La fonction de credit manager s’impose désormais comme un acteur clé de ces équilibres, au cœur des décisions financières”, conclut Sébastien Cordier, président de l’AFDCC.

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