Un épisode de pollution est actuellement en cours en Île-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Portée par une hausse précoce des températures et un fort ensoleillement inhabituel pour cette fin de mois de mai, cette situation entraîne une augmentation marquée des concentrations d’ozone dans l’air. Elle illustre parfaitement que le changement climatique ne se limite pas à une hausse des températures : il contribue également à la dégradation de la qualité de l’air et renforce les risques sanitaires liés à la pollution atmosphérique.
Climat et qualité de
l’air : un lien de plus en plus visible
Les épisodes de
pollution à l’’ozone surviennent principalement durant les périodes chaudes et
ensoleillées. L’ozone est un polluant dit « secondaire » : il ne se retrouve
pas directement dans l’air mais se forme sous l’effet du rayonnement solaire à
partir de polluants précurseurs, notamment les oxydes d’azote et les composés
organiques volatils issus du trafic routier, des activités industrielles ou
encore de certaines activités agricoles.
La précocité de ces
épisodes**, favorisée par les fortes chaleurs observées dès cette fin
mai, illustre directement le lien entre changement climatique et qualité de
l’air.
Avec le réchauffement
climatique, les épisodes de chaleur deviennent plus précoces, plus fréquents et
plus intenses. Ces conditions météorologiques favorisent la formation d’ozone
et accentuent les épisodes de pollution atmosphérique.
Le changement
climatique accentue la pollution atmosphérique et complique l’amélioration
durable de la qualité de l’air. Les travaux récents du Conseil national de
l’air (CNA) soulignent notamment que la hausse des températures favorise les
épisodes d’ozone, rendant plus difficile l’atteinte des objectifs fixés en
matière de qualité de l’air.
**En Île-de-France, il
faut remonter au 15 avril 2007 pour retrouver un épisode de pollution à l’ozone
avant le mois de juin et en 2011 en Auvergne-Rhône-Alpes.
Climat et qualité de
l’air : un lien de plus en plus visible
L’ozone est un polluant
qui peut avoir des conséquences importantes à la fois sur la santé humaine et
sur l’agriculture.
Chez l’être humain, il
irrite les voies respiratoires et peut provoquer des difficultés respiratoires,
aggraver l’asthme ou certaines maladies chroniques, en particulier chez les
personnes les plus sensibles : enfants, personnes âgées, femmes enceintes ou
personnes souffrant de maladies respiratoires et cardiovasculaires. Les effets
sanitaires de l’ozone sont aujourd’hui bien connus. Lors de la canicule de
2003, plusieurs études scientifiques ont montré que les fortes concentrations
d’ozone avaient contribué à la surmortalité observée pendant cet épisode.
L’ozone affecte
également les végétaux. En perturbant la photosynthèse, il fragilise les
cultures et peut entraîner des pertes de rendement de 3 à 20 % selon les
productions agricoles. Des travaux menés par INRAE en Île-de-France ont
notamment montré qu’une augmentation des concentrations d’ozone pendant la
croissance du blé pouvait conduire à jusqu’à 20 % de pertes de rendement. À
l’échelle française et européenne, plusieurs études ont également mis en
évidence des conséquences économiques majeures pour le monde agricole. L’étude
APollO publiée par l’ADEME en 2020 estimait ainsi les pertes annuelles liées à
l’ozone à près d’un milliard d’euros pour le blé tendre et à plus d’un milliard
d’euros pour les prairies.
Ces impacts rappellent
que la pollution de l’air est aussi un enjeu de santé publique, d’économie
agricole et de sécurité alimentaire.
Suivre la qualité de
l’air et adopter les bons réflexes
Les Associations
agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) assurent une
surveillance continue de la qualité de l’air et publient quotidiennement leurs
prévisions et recommandations.
En cas d’épisode de
pollution, il est recommandé de :
o Limiter les activités physiques intenses en
extérieur ;
o Privilégier les déplacements les moins
émetteurs ;
o Eviter l’usage de solvants ou de produits
fortement émetteurs ;
o Suivre les recommandations sanitaires diffusées localement.


