Une étude du
BSI suggère que les entreprises françaises estiment que les bénéfices
l'emporteront sur les coûts.
Les entreprises
redéfinissent la manière dont elles parlent du zéro émission nette, mais
restent engagées dans la décarbonation et conscientes du coût de l'inaction,
selon le « bilan climatique » 2026 du G7 du BSI. Face à l'instabilité
géopolitique accrue et à la crise pétrolière qui accentuent l'importance de la
sécurité énergétique et de la transition vers les énergies renouvelables,
l'étude montre que trois dirigeants d'entreprise sur quatre (74 %) estiment que
les risques économiques de ne pas opérer de transition sont plus importants que
ceux liés à la transition. Cela s'inscrit dans une tendance plus large de «
codification climatique » des entreprises, où celles-ci recadrent le zéro
émission nette en termes de résilience, de gestion des risques et de continuité
des activités, plutôt que de se concentrer uniquement sur l'impact
environnemental.
La recherche, menée en
février 2026, a montré que les dirigeants d'entreprise sont conscients de la
nécessité de mesures d'adaptation et de résilience climatique. En France, 83 %
des dirigeants ont exprimé leur inquiétude quant aux coûts futurs et à la résilience
de leur entreprise si elle ne se prépare pas au changement climatique, tandis
que 71 % ont déclaré que le coût de la transition était compensé par les
bénéfices à long terme. Plus des trois quarts (79 %) en France ont convenu que
le changement climatique pourrait perturber leur chaîne d'approvisionnement,
tandis que 72 % ont affirmé que leurs efforts pour atteindre le zéro émission
nette étaient importants pour la résilience future. Malgré cela, seule la
moitié (54 %) avait entrepris une planification d'adaptation aux risques
climatiques et 53 % avaient investi dans l'approvisionnement en énergies
renouvelables.
La recherche met en
évidence le coût de l'incertitude politique et des turbulences géopolitiques.
Quatre cinquièmes des dirigeants français (le pourcentage le plus élevé au
niveau mondial) ont déclaré que l'incertitude politique concernant le zéro
émission nette rend difficile d'investir en toute confiance. De manière
générale, le débat polarisé est perçu comme une distraction inutile ; 85 %
souhaitent que le gouvernement encourage et soutienne les entreprises dans
leurs efforts pour atteindre le zéro émission nette. Pourtant, les dirigeants
d'entreprise français adoptent une vision pragmatique à long terme, 80 %
d'entre eux anticipant que le zéro émission nette redeviendra une priorité
politique au cours de la prochaine décennie, même si ce n'est pas le cas
aujourd'hui pour tous les partis.
Conformément à cela,
les dirigeants d'entreprise du G7 recadrent la conversation sur le zéro
émission nette plutôt que de revenir sur les actions. 65 % en France ont admis
avoir modifié la manière dont leur entreprise promeut ou communique les actions
liées au zéro émission nette en réponse au scepticisme climatique dans les
médias ou la politique au cours des 12 derniers mois. Ce chiffre est bien plus
élevé que les 21 % qui déclarent avoir ajusté leurs plans en réponse à des
changements de soutien politique. De même, les décisions sont façonnées par de
multiples facteurs et pas simplement par le contexte politique. 77 % indiquent
qu'ils continueront à poursuivre le zéro émission nette indépendamment de
l'incertitude politique car c'est bon pour les affaires, tandis que 77 %
affirment également que, indépendamment de la politique, ils sont motivés par
les attentes des clients.
Globalement, 85 % des
dirigeants français déclarent s'engager à atteindre le zéro émission nette
d'ici leur objectif national, et les trois quarts (76 %) estiment qu'il est
important de maintenir l'élan. En outre, deux tiers (65 %) en France sont
convaincus que la France atteindra l'objectif intermédiaire de l'UE d'une
réduction d'au moins 55 % des émissions de GES d'ici 2030 (« Fit for 55 »).
Quatre cinquièmes (80 %) affirment que même si les objectifs sont
inatteignables, la décarbonation devrait toujours être une priorité. Néanmoins,
les données indiquent un certain changement d'orientation ; un tiers (30 %) des
entreprises françaises avaient réévalué leurs objectifs. Ce changement reflète
la manière dont les entreprises répondent aux réalités du marché en ajustant la
façon dont elles poursuivent leurs engagements de zéro émission nette, plutôt
que de s'en détourner.
Harold Pradal,
Président, Services d'Assurance, BSI a déclaré : « Les récents
événements géopolitiques ont mis en évidence la nécessité de la sécurité
énergétique et le rôle crucial joué par les énergies renouvelables et à faible
émission de carbone. Ils ont également montré l'importance d'adopter un état
d'esprit de résilience face au changement climatique, en se concentrant sur
l'atténuation des risques, la gestion de la chaîne d'approvisionnement et la
préparation concrète. Il est clair que de nombreux dirigeants d'entreprise
français pensent déjà de cette manière et ont reconnu que le coût de ne pas
investir dans le zéro émission nette pourrait menacer leurs opérations à long
terme. La prochaine étape consiste à passer de l'ambition à l'action par des
mesures d'adaptation aux risques climatiques.
L'incertitude et la perturbation sont de plus en plus les caractéristiques déterminantes de l'économie mondiale. Notre rôle en tant que BSI est d'apporter clarté, cohérence et confiance, alors que les entreprises du monde entier sont aux prises avec la transition vers un avenir net zéro. »


