L’Union TLF formule 22 propositions concrètes à destination
des pouvoirs publics.
Alors que la flambée
des carburants révèle la dépendance structurelle du transport routier aux
énergies fossiles, et que le gouvernement et le parlement lancent des travaux
sur l’électrification des Transports, l'Union TLF publie un document de
propositions opérationnelles pour accompagner une transition électrique
réaliste et soutenable pour les entreprises du secteur du transport de
marchandises (TRM).
Un Momentum politique
inédit — et une réponse à la hauteur
Depuis le déclenchement
du conflit au Moyen-Orient, les prix du gazole s'emballent. Le gouvernement a
annoncé une aide d'urgence de 50 millions d'euros pour le TRM, limitée au mois
d'avril. Il a également avancé la présentation de son plan d'électrification de
l'économie.
En parallèle, trois
fronts parlementaires et réglementaires se sont ouverts simultanément : un groupe de travail
lancé par Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, et Philippe
Tabarot, ministre des Transports, présidé par Luc Marbach ; une mission
décarbonation des flottes conduite par le député Jean-Luc Fugit et Pierre
Médevielle ; et une mission flash de la commission du développement durable de
l'Assemblée nationale menée par Gérard Leseul et Jean-Marie Fiévet.
C'est dans ce contexte que l'Union TLF publie sa première liste de mesures pour accompagner l’électrification du TRM avec 22 propositions, 6 leviers.
Le document couvre six
dimensions indissociables d'une transition réelle : technologie, détention,
achat, social, recharge et fiscalité.
Parmi les mesures
prioritaires :
• Adapter les charges réglementaires autorisées
pour les véhicules afin de compenser le surpoids des batteries ;
• Clarifier le cadre réglementaire sur les
obligations du conducteur et de l’exploitant pendant la recharge (temps de
travail, coupure réglementaire, gestion des incidents de charge), afin de
sécuriser les organisations opérationnelles ;
• Permettre l’accès à un tarif d’électricité
compétitif pour la recharge en itinérance des poids lourds et assurer la
stabilité fiscale ;
• Définir un cadre réglementaire
unifié pour la construction des infrastructures de recharge (normes de sécurité
incendie, distances, protections), afin d’harmoniser les exigences des
assureurs et mettre fin à l’hétérogénéité actuelle ;
• Allouer les recettes issues de
l’ETS 2 à la décarbonation de transports routiers de marchandises.
• Créer un outil national de
cartographie en temps réel des bornes de recharge accessibles aux poids lourds
(disponibilité, puissance, localisation), équivalent au « ChargeMaps » pour les
véhicules légers.
Une transition déjà
engagée
Au 1er janvier 2025, le
parc de tracteurs routiers électriques en France comptait 225 unités. La part
des poids lourds électriques dans les nouvelles immatriculations de porteurs
atteignait 0,3%. La SNBC 3 fixe pourtant un objectif de 50% de véhicules électriques
parmi les immatriculations neuves de poids lourds en 2030. Le chemin est
considérable — et il ne se parcourra pas sans cadre stable.
Selon Jean-Thomas Schmitt, président de l’Union TLF : « Parmi les différents leviers de décarbonation, l’électrification est une solution prometteuse pour le TRM, elle suppose des investissements considérables pour nos entreprises qui ont impérativement besoin d’un cadre règlementaire fiscal adapté et un cap clair pour les prochaines années ».


