La CAPEB
alerte sur une nouvelle vague de tensions économiques et appelle à un plan de
sauvegarde des TPE du bâtiment.
S’appuyant
sur les résultats de l’enquête qu’elle a menée auprès de ses adhérents sur
l’impact du conflit au Moyen-Orient sur l’activité de leur entreprise, la CAPEB
tire la sonnette d’alarme face au désarroi qu’expriment les artisans du
bâtiment, accablés par ce qu’ils qualifient comme « la crise de trop ». Elle
appelle le Gouvernement à mettre en place urgemment un plan de sauvegarde du
secteur et formule des propositions en ce sens.
Une
hausse des coûts massivement ressentie par les entreprises
Les
entreprises artisanales du bâtiment font état d’une hausse rapide et
significative des coûts liés à l’énergie, en particulier les carburants et le
GNR, indispensables à leur activité quotidienne. Selon la consultation menée
auprès de 2 600 artisans 92 % déclarent être impactés par la hausse des
carburants. Par ailleurs, plus de 60 % des entreprises indiquent avoir reçu des
annonces de hausses tarifaires de leurs fournisseurs, applicables dès le 1er
avril, pouvant aller jusqu’à +20 % a minima selon les produits. Les matériaux
les plus concernés restent le bois, le béton, le cuivre, le PVC, le zinc ainsi
que certains isolants. Les produits issus de la plasturgie et du PVC
enregistrent les hausses les plus fortes, pouvant atteindre 15 à 20 %, voire
davantage sur certains segments.
Des
tensions accrues sur les approvisionnements et la visibilité des prix
Les
retours du terrain confirment également une accélération des stratégies de
stockage chez certains fournisseurs, générant des tensions sur les chaînes
d’approvisionnement et alimentant des effets d’anticipation des hausses. Dans
plusieurs cas, les artisans rapportent des variations de prix extrêmement
rapides, avec des tarifs parfois garantis seulement 24 à 48 heures, rendant
particulièrement difficile l’établissement de devis fiables et durables. Ces
tensions créent un climat d’incertitude croissante et font peser un risque de
désorganisation des chantiers.
Des
conséquences immédiates sur les entreprises artisanales
Ces
évolutions fragilisent les devis déjà signés ainsi que les chantiers en cours
ou à venir, certaines hausses intervenant après contractualisation.
Les
entreprises font état :
• d’une pression accrue sur leurs marges,
• d’une visibilité économique réduite, et
• de la nécessité, dans certains cas, de
renégocier les devis afin de préserver l’équilibre financier des opérations.
Une
crise qui s’inscrit dans une dynamique inflationniste durable
Après une
première période de fortes tensions liées à la crise ukrainienne, au cours de
laquelle les prix avaient augmenté de plus de 30 % sans revenir à leurs niveaux
initiaux, les artisans redoutent aujourd’hui une nouvelle spirale
inflationniste durable.
Dans un
secteur déjà fragilisé par deux années de recul d’activité, la CAPEB alerte sur
les conséquences potentielles : ralentissement des rénovations, perte de
pouvoir d’achat pour les ménages et fragilisation de l’emploi artisanal.
La
CAPEB demande un plan de sauvegarde des TPE du bâtiment
Face à
cette situation particulièrement préoccupante, la CAPEB appelle le Gouvernement
à la mise en place dans les meilleurs délais d’un plan de sauvegarde de
l’artisanat du bâtiment afin de soutenir l’activité et garantir la continuité
des emplois.
Parce que
cette crise aura inévitablement un impact sur le pouvoir d’achat des ménages
qui vont à nouveau décaler voire renoncer à leurs projets, la CAPEB demande au
Gouvernement de faire évoluer le taux de TVA qui s’applique sur les travaux de
rénovation en le réduisant à 5,5%. Cette mesure est cruciale car elle aurait
l’avantage de générer 2 milliards de chiffre d’affaires pour le secteur de
l’artisanat du bâtiment et de permettre la sauvegarde de 10 000 emplois en
impulsant une dynamique de travaux de rénovation essentielle pour notre pays.
La CAPEB
formule également 15 autres mesures qu’elle juge essentielles pour permettre
aux artisans du bâtiment de traverser cette nouvelle crise sans aggraver les
difficultés que rencontrait déjà le secteur avant le déclenchement de la guerre
en Iran.
Des
premières réponses apportées par la CAPEB face à la détresse psychologique des
artisans du bâtiment
Face aux
nombreux témoignages d’artisans exprimant leur désarroi, leur lassitude et leur
épuisement qui affluent à mesure que la crise se poursuit, la CAPEB a organisé,
avec le concours de PRO BTP, un échange entre des artisans volontaires de son
réseau et le Docteur Laçon, professeur à l’APHM de Marseille, sur la santé
mentale des chefs d’entreprise.
« Les retours du terrain confirment une situation de préoccupation généralisée sur l’ensemble des territoires. Les artisans que nous représentons expriment avant tout une attente forte de stabilité, de visibilité et de conditions économiques lisibles, qui leur permettent de sécuriser leurs engagements contractuels et de maintenir leur activité dans la durée. C’est précisément pour cela que la CAPEB exhorte le Gouvernement à mettre en place les conditions indispensables à leur survie et à leur développement. », conclut Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB.


