Alors que l’inflation, l’incertitude économique et géopolitique, ainsi que les enjeux liés à la préparation à la retraite poussent les particuliers à rechercher des solutions pour valoriser leur épargne, le paysage de l’investissement vit une mutation profonde. L’essor des contenus financiers sur les réseaux sociaux, désormais renforcés par les outils d’intelligence artificielle (ChatGPT, Gemini…), vient bousculer les codes traditionnels. Pourtant, si le digital abaisse les barrières à l'entrée et séduit massivement les jeunes générations, il révèle aussi des fractures persistantes.
C’est dans ce contexte que Nalo, plateforme digitale d’investissement et
de conseil financier, publie les résultats de la 2e vague de son sondage «
Les Français et la démocratisation de la culture financière », réalisé en
collaboration avec OpinionWay.
• Si l’épargne suscite l’intérêt
de 81% des Français, seuls 47% montrent un attrait pour l’investissement.
• 36% estiment avoir une bonne ou
une excellente culture financière, tandis que 35% la jugent faible, dont 19% la
considèrent très faible, voire inexistante.
• Ils sont 80% à évaluer avoir
une aussi bonne, voire une meilleure culture financière que leurs conjoint(e),
77% que leurs amis ou collègues et 76% que les autres Français.
• Les moins de 35 ans (34%) et
les personnes aux revenus les plus modestes, inférieurs à 2 000 € par mois
(23%) ont la plus forte appétence pour les placements risqués avec un gain
potentiel élevé.
• 78% des Français détiennent des
livrets réglementés et/ou bancaires, 46% une assurance-vie et/ou un PER, 17%
des titres boursiers (actions, ETF…) et 7% des cryptomonnaies.
• 60% des Français, dont 91% des
jeunes de 18-24 ans, consultent au moins un réseau social pour s’informer sur
les sujets liés à l’argent, en tout premier lieu YouTube (46%), Facebook (42%),
des sites ou blogs spécialisés (42%) et WhatsApp (36%).
• 27%, dont 52% des moins de 35 ans, ont déjà utilisé l’IA pour décrypter les notions financières,
23% pour
comparer ou obtenir des recommandations sur des produits financiers.
• Pour recevoir des conseils financiers, 69% des Français font confiance aux professionnels du patrimoine, 62% à leur entourage et seulement 14% aux influenceurs spécialisés en finance ; ils sont
44% à faire confiance à l’IA pour comprendre des notions financières,
41% pour comparer ou obtenir des recommandations sur des produits.
« Notre baromètre confirme une tendance de fond : l’argent n’est plus un
tabou, mais sa gestion reste un défi. Si les réseaux sociaux dopent la
curiosité des épargnants, ils peinent à instaurer une réelle confiance. À
l’inverse, l’intelligence artificielle s'impose déjà comme un guide crédible
pour beaucoup. Cette adhésion précoce à l’IA impose toutefois une grande
vigilance : l'outil technologique ne doit en aucun cas se substituer à l’esprit
critique humain ni à la vérification des informations. souligne Clément Nouvet, CEO de Nalo.
Cette démocratisation numérique constitue une opportunité pour l'autonomie
financière, notamment chez les jeunes, mais elle ne doit laisser personne sur
le bord du chemin. Le véritable enjeu aujourd'hui est de transformer cette
curiosité digitale en une culture financière solide, capable de lever les
freins qui entravent encore trop souvent les jeunes, les femmes et les
catégories populaires dans la constitution de leur patrimoine ».
Un intérêt toujours mitigé des Français pour l’investissement financier
Les Français continuent d’afficher un intérêt très marqué pour l’épargne
: 81% d’entre eux se disent intéressés, dont 27% qui sont très intéressés. Cet
attrait pour l’épargne contraste avec leur intérêt plus réservé pour les
investissements financiers, qui ne séduisent que moins de la moitié d'entre eux
(47%), confirmant l’écart persistant entre la logique de précaution et la
démarche d’investissement.
Alors que l’épargne intéresse presque autant les femmes que les hommes
(79% contre 83%), les investissements financiers suscitent sensiblement plus
d’intérêt chez les hommes (53%) que chez les femmes (42%). Les jeunes
confirment également leur fort attrait pour les investissements financiers :
les deux tiers des moins de 35 ans (66%) s’y intéressent, contre 47% des 35-49
ans et 38% des 50 ans et plus.
Ce décalage entre épargne et investissement s’explique notamment par une
confiance encore limitée dans leurs connaissances financières. Seul un peu plus
d’un tiers des Français (36%, -1 point par rapport à 2025) estiment disposer
d'une bonne ou excellente culture financière, une proportion quasi identique à
ceux qui la jugent faible (35%, +1 point), dont 19% la considèrent très faible,
voire inexistante. Ceux dont le revenu mensuel du foyer est inférieur à 1000€
(44%), les 18-24 ans (50% contre 28% des 65 ans et plus) et les femmes (43%
contre 26% des hommes) sont les plus nombreux à juger leur culture financière
comme faible ou inexistante.
Par rapport à 2025, les Français sont de moins en moins nombreux à
déclarer avoir une culture financière meilleure que celle des autres, au profit
d’une position plus prudente. Ils sont ainsi 59% à évaluer leur culture
financière ni meilleure ni moins bonne que leurs amis ou collègues, 54% que
leur conjoint(e), 52% que leurs enfants et 51% que les autres Français. Les
hommes ont tendance à juger leur culture financière meilleure que les autres,
notamment que leur conjoint(e) (34% contre 18% des femmes) et des Français en
général (34% contre 17% des femmes).
Une nette préférence pour les placements sécurisés
Le profil de l’investisseur français reste dominé par une prudence absolue : 80% des sondés privilégient des solutions combinant un risque faible et des gains limités à modérés. Dans le détail, 41% optent pour des placements offrant un faible gain et sans risque, et 39% pour des placements associant un gain modéré à un risque limité. À l’inverse, l’appétence pour des placements plus risqués reste minoritaire : 18% se tournent vers des solutions à haut risque et à fort potentiel de gain, dont 12% pour un gain potentiellement élevé associé à un risque de perte important, et 6% pour un gain très élevé avec un risque de perte très important. Ce faible attrait pour le risque peut expliquer le désintérêt des Français pour l'investissement financier au profit de l'épargne classique. Paradoxalement, ce sont les moins de
35 ans (34% contre 12% pour leurs aînés) et les personnes aux revenus les plus modestes, inférieurs à
2 000
€ par mois (23%, contre 15% de ceux ayant un revenu supérieur à 3 500 €), qui
affichent l'appétence la plus forte pour les placements risqués avec un gain
potentiel élevé, et ce, malgré un déficit déclaré de connaissances financières.
Cette logique de prudence des Français se retrouve dans les produits qu’ils détiennent effectivement. Si 87% d’entre eux possèdent au moins un produit financier, l'arbitrage en faveur de l’épargne sécurisée est flagrant : 78% détiennent des livrets réglementés ou bancaires, tandis que l'assurance-vie et le PER (46%) traduisent une volonté de se projeter dans la durée. En revanche, les produits associés à l’investissement financier sont moins plébiscités : seuls 17% des Français possèdent des titres boursiers (actions, ETF…) et 7% des cryptomonnaies. Davantage attirés par les placements risqués mais potentiellement rémunérateurs, les moins de 35 ans sont les plus nombreux à détenir des produits boursiers (22%, contre 16% des 35 ans et plus) et des cryptomonnaies (15%, contre 4%). Si les hommes et les femmes détiennent dans des proportions proches des produits d’épargne sécurisés (respectivement 79% et 77%), les écarts sont nettement plus marqués pour les placements risqués :
24%
des hommes possèdent des produits boursiers, contre 11% des femmes, et 10% des
cryptomonnaies, contre 4%.
Entre réseaux sociaux et IA : les Français s’informent largement en
ligne, mais restent prudents
Si la curiosité des Français pour les sujets financiers ne se dément
pas, elle s'appuie désormais sur une diversité de canaux. La presse
traditionnelle reste la source de référence pour plus d'un Français sur deux
(55%), mais elle est talonnée par les supports numériques : YouTube (46%),
Facebook (42%) et les sites spécialisés (42%) sont devenus des piliers de
l'information financière. WhatsApp (36%), Instagram (34%) et les podcasts (31%)
jouent également un rôle notable. Au total, 60% des Français utilisent les
réseaux sociaux pour s'informer sur l'épargne ou l'investissement, et 40% le
font au moins une fois par semaine, un chiffre néanmoins plus faible qu’en 2025
(45%, -5 points).
En revanche, il existe une réelle fracture générationnelle concernant
les modes de consommation de l’information financière. Alors que les plus de 35
ans privilégient largement la presse (55%, devant les sites spécialisés à 40%),
les réseaux sociaux sont devenus incontournables pour 91% des 18-24 ans, dont
72% les consultant au moins une fois par semaine. Ces derniers délaissent les
médias traditionnels : la presse n’arrive qu’en 6e place (56%), derrière un
trio de tête numérique particulièrement dominant composé de YouTube (82%),
Instagram (76%) et TikTok (68%).
S’informer en ligne ne se traduit pas encore par le suivi des conseils qui y sont dispensés. La prudence reste la norme pour une large majorité de Français (67%, stable) qui refuse catégoriquement de s’appuyer sur des recommandations trouvées sur Internet pour gérer leur capital. S’ils sont un tiers
(33%, +1 point) à envisager de suivre des conseils en ligne, seuls 16%
(+1 point) sont déjà passés à l'acte. Et lorsque c’est le cas, l’expérience
s'avère mitigée, voire décevante, ils sont désormais même plus nombreux à juger
avoir reçu de mauvais conseils (9%, +2 points) que de bons conseils (7%, -1
point).
Encore une fois, l’étude met en évidence un net fossé générationnel :
38% des moins de 35 ans ont déjà suivi des conseils financiers trouvés en
ligne, contre seulement 9% chez leurs aînés. Fait notable, les Français
disposant d’une bonne, voire d’une excellente culture financière ne sont pas
plus nombreux à suivre ces conseils : ils sont 17%, contre 18% parmi ceux ayant
une culture financière faible, voire inexistante. En revanche, parmi ces
Français disposant d’une bonne culture financière et ayant suivi des
recommandations en ligne, 12% estiment avoir reçu de bons conseils, contre 5%
de mauvais conseils.
Dans la continuité de ces usages numériques, l’intelligence artificielle s’installe rapidement comme un outil d’aide à la décision financière : un quart des Français l'utilisent déjà pour décrypter les notions financières (27%) ou pour comparer et obtenir des recommandations sur des produits financiers (23%).
Un écart générationnel marqué apparaît aussi sur ce sujet : plus de la moitié des moins de 35 ans
(52%) utilisent l’IA pour comprendre des notions
financières et 38% pour comparer et obtenir des recommandations sur des
produits financiers, contre respectivement 19% chez leurs aînés. Si ces usages
restent encore largement pédagogiques, une part significative des épargnants
franchit néanmoins le cap de l'action : 21% des Français ont recours à l’IA
pour les aider à prendre des décisions personnalisées d’épargne ou
d’investissement et 19% pour suivre ou optimiser leurs investissements.
Malgré une notoriété certaine auprès des jeunes, les finfluenceurs
peinent à inspirer confiance
Lorsqu’il s’agit de recevoir des conseils, les Français se montrent d’abord confiants envers les professionnels du patrimoine (69%), suivis de près par leur entourage (62%). Les médias occupent une position intermédiaire : 47% se déclarent confiants envers un média spécialisé, et 42% envers un média généraliste. À l’inverse, les influenceurs apparaissent comme les acteurs les moins crédibles : seuls 14% feraient confiance à un influenceur spécialisé en finance, et 11% à un influenceur généraliste ou lifestyle.
Chez les moins de 35
ans, en revanche, les finfluenceurs s’imposent comme des relais d'opinion
crédibles : 35% leur font confiance, contre seulement 7% chez les plus de 35
ans. Ces chiffres révèlent un défi pour les acteurs traditionnels qui doivent s’adapter
pour capter les jeunes qui adoptent de nouveaux codes en matière d’accès aux
conseils financiers.
Bien que près de la moitié des Français (46%, -1 point) connaissent
l'existence des influenceurs finance, l'audience réellement engagée reste
marginale : seuls 8% (-2 points) indiquent suivre activement ces créateurs sur
les réseaux sociaux. A l’inverse, une majorité de la population demeure
hermétique à cet univers : 54% (+2 points) n'en ont jamais entendu parler et
26% (+2 points) en ont entendu parler sans pour autant les identifier ou les
suivre.
Si seulement 7% des 35 ans et plus accordent leur confiance aux
finfluenceurs, c’est parce que la plupart d’entre eux ne connaissent simplement
pas d’influenceurs spécialisés en finance. Un fossé générationnel net se
dessine ainsi, avec 13% des plus de 35 ans qui en connaissent au moins un,
contre 42% des moins de 35 ans.
La confiance dans les outils d’IA apparaît, quant à elle, déjà bien installée : 44% des Français leur font confiance pour comprendre des notions financières, 41% pour comparer ou obtenir des recommandations sur des produits, 36% pour optimiser leurs investissements ou les aider à prendre des décisions personnalisées. Cette confiance est encore plus importante chez les jeunes : 55% des moins de 35 ans font confiance à l’IA pour comprendre les notions financières et 54% pour comparer ou obtenir des
recommandations sur des
produits, contre respectivement 40% et 37% chez leurs aînés.
Dans cet environnement où la confiance est accordée aux acteurs
traditionnels, deux leviers apparaissent comme déterminants pour inciter les
Français à suivre les conseils d’un influenceur : la preuve d’une expertise
réelle en finances personnelles (45%) et une transparence totale sur leurs
collaborations commerciales et partenariats (43%). A l’inverse, les gains
financiers promis (25%) et leurs talents de pédagogue (15%) ne constituent pas
des facteurs décisifs. A noter que pour les moins de 35 ans, la promesse de
gains financiers (36%) et la pédagogie (25%) sont pour eux des critères bien
plus incitatifs que pour leurs aînés (respectivement 22% et 12%). Par ailleurs,
pour 12% des personnes interrogées, aucun de ces éléments ne semble suffisant
pour les inciter à suivre les conseils d’un finfluenceur.
« Nous pensons que la démocratisation de l'investissement passe impérativement par la pédagogie. Si les jeunes sont prêts à prendre des risques et à adopter de nouveaux canaux, le manque de culture financière globale reste un frein majeur. L'enjeu, pour Nalo comme pour l’ensemble des acteurs du secteur, est de transformer cette curiosité en une réelle acculturation aux sujets d’épargne et d’investissement. L’éducation financière est au cœur de notre mission. Nous avons d’ailleurs lancé la Nalo Académie qui propose gratuitement des formations pour apprendre les fondamentaux de la finance personnelle, avec des conseils pratiques pour mieux gérer son argent » conclut Clément Nouvet.


