Philippe Tabarot, ministre des transports, et Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, ont présidé, le 31 mars 2026, le 5ème Comité interministériel de la logistique (CILOG), qui s’est tenu en ouverture du Salon international du transport et de la logistique.
Ce 5ème CILOG a permis un nouvel échange avec les principales fédérations de la filière, sur l’impact de la hausse récente des prix des carburants mais aussi sur des enjeux de plus long terme, marquant ainsi une nouvelle étape dans la structuration d’un dialogue public-privé concernant une activité essentielle à la résilience et la souveraineté de notre économie.
A cette occasion, un document d’orientation pluriannuel pour la digitalisation de la logistique,
co construite avec France Logistique a été
présenté.
Le secteur de la
logistique, essentiel au bon fonctionnement de l’économie, connaît des
transformations de grande ampleur et en premier lieu la transition écologique.
Lors du Cilog, les
échanges ont porté sur les répercussions de la crise au Moyen-Orient, dont les
effets se font particulièrement ressentir sur le secteur du transport routier
de marchandises. Face à cette situation, le Gouvernement réaffirme son soutien
actif aux acteurs du secteur en difficulté en raison de la situation, tout en
adaptant sa réponse aux contraintes budgétaires actuelles. Les mesures
annoncées par le Gouvernement sont en cours de concrétisation afin d’atténuer
les perturbations et d’accompagner les professionnels les plus fragilisés. Dans
le même temps, le Gouvernement accélère le chantier « électrification » qui
renforcera la souveraineté énergétique et industrielle.
Le ministre des
Transports a rappelé les grands axes du projet de loi cadre relatif au
développement des transports, dont l’examen démarre le 8 avril prochain au
Sénat, avec la priorité donnée à l’entretien et à la modernisation des
infrastructures et à la décarbonation. Le développement d’une logistique
performante et responsable concerne tous les territoires, et passe par des
démarches locales de planification foncière et de dialogue public-privé qui
doivent être encouragées. La remise du rapport « logistique urbaine durable »
en février dernier, ouvre des perspectives dont le Gouvernement va se saisir
avec les exécutifs locaux récemment élus.
À l’issue du CILOG, le
Gouvernement a réaffirmé sa volonté de travailler étroitement avec l’ensemble
des acteurs pour mettre la filière logistique et transport de marchandises au
service d’une économie forte, résiliente, en pleine transition écologique et au
service de tous les territoires.
Annexe – Principales
actions et productions réalisées en 2025 et 2026
Ce 5ème CILOG a été
l’occasion de souligner les principales actions et productions suivantes
réalisées en 2025 et 2026 :
Axe 1 : développement
économique et innovation
• Relance du groupe contact
interministériel « implantations logistiques et entrepôts » : initié à la suite
de la signature en 2022 de la charte d’engagements réciproques entre l’État et
les acteurs de l’immobilier logistique, cette plateforme d’échange opérationnel
sur les sujets réglementaires a été relancée en 2025 et élargie à davantage
d’acteurs et de problématiques. La FAQ réglementaire associée à la charte a
notamment été enrichie de trois nouvelles questions.
• Publication d’un guide pour l’adoption
de l’IA pour la filière logistique et transport de marchandises : publié en mars 2026, ce guide est destiné
aux décideurs privés et publics de la filière. Il présente le potentiel de l’IA
pour innover et améliorer les performances des entreprises, tout en soulignant
les limites et les risques à prendre en compte. Pour passer à l’action, il
propose une méthode et des outils mobilisables.
• Lancement d’un nouveau programme de
soutien aux start-ups du secteur : en
avril 2025, la DGE, en partenariat avec France Logistique et certains de ses
adhérents, a lancé le programme LogTech, un dispositif de soutien à destination
de startups et PME françaises innovantes de la logistique. Les cinq premiers
lauréats ont été annoncés lors d’un événement dédié à l’innovation à Bercy en
juin 2025 et ont bénéficié d’un accompagnement sur-mesure pour soutenir leur
passage à l’échelle.
• Document d’orientation sur la
digitalisation de la logistique : ce document repose sur 3 grands piliers :
assurer la souveraineté et la confiance numérique, construire un socle commun
d’interopérabilité et favoriser l’inclusion de tous. Ils doivent garantir un
fonctionnement collectif équilibré préservant la souveraineté de chacun et la
maîtrise des données par leur propriétaire.
• Cahiers sur l’observation logistique
(synthèse et thématiques) : les cahiers publiés à l’occasion du 4ème séminaire
annuel de l’observation logistique le 28 janvier 2026, ont été enrichis de 2
nouveaux cahiers consacrés à l’analyse de la logistique de deux filières, la
chimie et les céréales et également un nouveau cahier sur l’emploi dans la
logistique, ainsi qu’une note méthodologique sur la mesure des emplois pour compte propre, fournissant
désormais une base fiable, qui facilitera le suivi de ses évolutions.
• Normalisation : l'activité de
normalisation en logistique poursuit son développement, dans un contexte
international de plus en plus actif sous l'impulsion de la Chine. Au niveau
européen, la France a pris la présidence du comité de normalisation européen en
charge de la logistique (CEN 320), a initié la fusion avec le comité en charge
des services postaux et l'identification des chantiers prioritaires.
Axe 2 : Transition
écologique
• Synthèse des travaux du groupe de
travail pour une prise en compte des enjeux de prévention des risques dans
l’électrification des entrepôts logistiques : publié en février 2026 et issu de
travaux animés par la DGE et la DGTrésor, ce rapport propose en particulier des
lignes directrices pour l’installation d’infrastructures de recharge au sein
des entrepôts, rédigées sur la base d’échanges entre professionnels des
secteurs de la logistique et des assurances, ainsi que d’experts.
• Publication d’un Théma de la DGE sur
l’électrification des poids lourds : publiée à l’occasion du CILOG, cette étude
revient sur les objectifs et le rythme de l’électrification de poids lourds,
l’impact sur l’équation économique macro du fret, ainsi que sur l’analyse des
principaux dispositifs de soutien actuels.
• Publication sur l’analyse des
technologies alternatives aux poids lourds diesel : publié en juillet 2025 à
l’issue d’un travail interministériel piloté par la DGE, ce rapport analyse les
performances respectives de cinq technologies alternatives au diesel dans le
transport routier de marchandises sur trois dimensions : performances
environnementales, maturité et attractivité de l’offre actuelle, enjeux de
souveraineté économique et énergétique.
Axe 3 : Proximité &
territoires
• Remise du rapport logistique urbaine
durable : le rapport remis par Anne-Marie Idrac et Anne-Marie Jean met en
évidence les avancées récentes, mais aussi les freins persistants en matière de
gouvernance, de foncier et de déploiement opérationnel. Il formule 15
recommandations structurantes qui constituent une feuille de route pour
inscrire durablement la logistique urbaine au cœur des politiques publiques.
• Synthèse de travaux d'analyses
cartographiques sur le gisement foncier logistique : en partenariat avec l’IGN,
la DGE a mené une expérimentation flash fin 2025 visant à identifier et
quantifier le gisement foncier répondant à des critères environnementaux sur
deux départements tests (Yonne et Somme). Les premiers résultats seront publiés
à l’occasion du CILOG.
• Recensement de pratiques territoriales
inspirantes : publié à l’occasion du CILOG, ce document a pour objectif
d’identifier, sans prétendre à l’exhaustivité, des initiatives intéressantes
portées par des acteurs publics locaux pour accompagner la logistique à
l’échelle d’un territoire et répondant à des enjeux de gouvernance, de
transition écologique, d’aménagement ou d’innovation.
• Mise à jour de l’Atlas des entrepôts : une nouvelle version de l’atlas des entrepôts a été publiée en novembre 2025. Il fait apparaître une croissance de 2 millions de m² conduisant à un parc global de 93 millions de m² en 2024. Il est prévu une actualisation annuelle et à terme un élargissement aux entrepôts de plus de 5 000 m².


