Le Groupe APICIL publie les résultats de la 6e édition de son
baromètre « Les Français et l’inclusion
» réalisée avec OpinionWay
Parler de santé au travail n’a jamais été aussi nécessaire… ni aussi sensible. Santé mentale, fatigue, troubles musculosquelettiques, maladies chroniques, mais aussi grossesse, endométriose, post-partum, ménopause ou andropause… peuvent peser sur les carrières, la soutenabilité du travail et, parfois, conduire à des inégalités ou à des formes d’injustice. Une question centrale se pose alors : comment les enjeux de santé s’inscrivent-ils aujourd’hui dans les dynamiques d’inclusion et d’égalité en entreprise ?
C’est dans ce contexte que le Groupe APICIL, l’un des leaders de la protection sociale et patrimoniale en France, publie les résultats de la 6ᵉ édition de son baromètre « Les Français et l’inclusion », réalisé en collaboration avec OpinionWay, avec un focus sur les discriminations liées à la santé en entreprise.
• Pour 64% des Français, la société française est inclusive. Un chiffre
en hausse de 6 points par rapport à 2025 (58%).
• L’origine ou l’appartenance à une prétendue race (88%, +3 points),
l’orientation sexuelle ou l’identité de genre (85%, +5 points), la religion
(84%, +6 points) et l’âge (80%, +2 points) sont les discriminations que les
Français relèvent le plus.
• Tous les acteurs de la société
ont un rôle à jouer en matière d’inclusion que ce soit les citoyens (92%), les
pouvoirs publics (92%), les écoles (91%), la famille (90%) et les entreprises
(89%).
• Près de 7 salariés sur 10 (69%,
+6 points) estiment que leur entreprise est engagée dans une politique
d’inclusion pour lutter contre les discriminations, et 75% considèrent qu’elle
favorise l’inclusion.
• Pour 74% des salariés de moins
de 35 ans, l’existence d’une politique d’inclusion dans une entreprise est un
critère important lorsqu’ils postulent un emploi.
• Les addictions (81%),
l’andropause (76%), la santé mentale (75%), les règles douloureuses (74%), les
cancers masculins (74%) et le post-partum (70%) sont les sujets de santé les
plus difficiles à évoquer en entreprise.
• 4 salariés sur 10 (40%) ont été
témoins de discriminations liées à l’état de santé physique ou mentale au sein
de leur entreprise, 34% estiment en avoir été victimes.
• En cas de problèmes de santé
mentale, seuls 53% des salariés se sentent en mesure d’en parler avec leurs
collègues, 48% avec leur manager et 43% avec les ressources humaines.
• Plus de deux tiers des
travailleurs ont déjà éprouvé des troubles du sommeil (67%) ou des épisodes
d’irritabilité avec leurs proches (67%), 43% ont déjà pleuré à leur domicile et
39% sur leur lieu de travail pour des raisons en lien avec leur activité professionnelle.
• Une minorité de salariés
déclarent que leur entreprise a mis en place des actions spécifiques en faveur
du bien-être (36%), de la santé physique (34%) ou de la santé mentale (28%).
• Plus de la moitié des salariés
(52%) estiment que la santé mentale n’est pas réellement prise au sérieux par
leur employeur, et 1 salarié sur 2 (52%) considère également que l’état de
santé, physique ou mental, peut avoir un impact sur la progression professionnelle.
« La perception de l’inclusion progresse dans la société française, mais
les discriminations restent fortement présentes. Si les Français sont
convaincus que l’ensemble des acteurs de la société ont un rôle à jouer en la
matière, leurs attentes sont particulièrement fortes envers les écoles, la
famille, les pouvoirs publics et les citoyens. Les entreprises sont, quant à
elles, attendues et légitimes pour agir contre les discriminations et en faveur
d’un environnement plus inclusif, d’autant que ces enjeux constituent un
facteur d’attractivité et influencent les choix professionnels, en particulier
chez les plus jeunes » souligne Philippe
Barret, Directeur Général du Groupe APICIL. « Alors que les
discriminations liées à la santé au travail, qu'elles soient mentales ou
physiques, impactent le bien-être des salariés et leur évolution
professionnelle, le Groupe APICIL constate avec préoccupation qu’elles
demeurent largement sous-estimées dans le monde de l’entreprise. Il est donc
plus que primordial d’adopter des politiques plus inclusives et mieux adaptées
aux enjeux contemporains de santé. En tant que groupe de protection sociale,
nous avons un rôle clé à jouer pour accompagner les organisations dans le
déploiement d’actions concrètes ».
Face à des discriminations ancrées au sein de la société, l’inclusion
doit se penser collectivement
64% des Français estiment que la société française est inclusive, soit
une hausse de 6 points par rapport à 2025 (58%). Cette perception est
particulièrement marquée chez les jeunes de moins de 35 ans, 73% d’entre eux
affirmant que la société française est inclusive, contre seulement 57% chez les
65 ans et plus. Les hommes ont une perception plus positive de l’inclusion que
les femmes (67% contre 62%).
Parallèlement, l’engagement des Français vis-à-vis de l’inclusion se
renforce : 59% (+9 points) d’entre eux se disent désormais concernés par
l’inclusion et 66% agissent au quotidien pour lutter contre les
discriminations. Les femmes, et en particulier celles de moins de 35 ans, sont
les plus actives : 77% d’entre elles affirment s’engager dans cette lutte,
contre 70% pour l’ensemble des femmes et 62% des hommes. Les jeunes se disent
aussi plus concernés par le sujet (72% contre 44% des 65 ans et plus) et plus
nombreux à agir pour lutter contre les discriminations (74% contre 62% chez les
65 ans et plus).
Malgré une amélioration de l’intérêt pour l’inclusion au sein de la
société française, une perception croissante des discriminations demeure. En
effet, plus d’un quart des Français (28%) estiment qu’il existe des
discriminations dans tous les domaines testés. Ce sentiment est
particulièrement marqué chez les moins de 35 ans (34% contre 23% des 50 ans et
plus) et les femmes (35% contre 20% des hommes). L’origine ou l’appartenance à
une prétendue race (88%, +3 points), l’orientation sexuelle ou l’identité de genre
(85%, +5 points), la religion (84%, +6 points) et l’âge (80%, +2 points) sont
les formes de discrimination les plus relevées par les Français. Les femmes se
montrent plus sensibles à certaines discriminations, notamment celles liées à
l’état de santé (77% contre 67% chez les hommes), au sexe (82% contre 69%), à
l’état de grossesse (63% contre 49%) et à la situation de famille (69% contre
58%).
Face à la prégnance des discriminations, l’ensemble des acteurs de la
société est appelé à agir : les citoyens (92%, +1 point), les pouvoirs publics
(92%, +3 points), les écoles (91%, +3 points), la famille (90%, +4 points) et
les entreprises (89%, +2 points). Les Français attendent en priorité des écoles
(71%), des pouvoirs publics (70%), des citoyens (70%) et de la famille (66%)
qu’ils jouent un rôle majeur. Les attentes sont également prononcées envers les
entreprises (57%), les associations (54%) et les forces de l’ordre (52%). Si
l’engagement des associations (78%) et des écoles (65%) est perçu positivement,
l’action des pouvoirs publics (56%) et des entreprises (54%) reste jugée
insuffisante.
Les salariés reconnaissent le rôle clé des entreprises dans la lutte
contre les discriminations
Si les Français ont le sentiment que les entreprises n’agissent pas
encore suffisamment, les salariés, quant à eux, ont une perception plus
positive. En effet, près de 7 salariés sur 10 (69%, +6 points) estiment que
leur entreprise est engagée dans une politique d’inclusion pour lutter contre
les discriminations, et 75% considèrent qu’elle favorise l’inclusion.
Le déploiement d’une politique d’inclusion au sein des entreprises est
d’autant plus essentiel que près de 6 actifs sur 10 (58%, +7 points) affirment
qu’il s’agit d’un critère important lorsqu’ils postulent un emploi. Ce critère
de choix est encore plus marqué chez les salariés de moins de 35 ans (74%),
comparé à leurs aînés (50%).
Afin de renforcer l’inclusion dans les entreprises, les Français
attendent avant tout qu’elles agissent sur l’embauche et le maintien dans
l’emploi. Ainsi, 72% d’entre eux jugent essentiel que les entreprises mettent
en place des actions sur ces sujets, avec une attention particulière sur le
maintien en emploi des seniors (22%), l’anonymisation des CV (21%) et
l’accompagnement des travailleurs handicapés (20%). Les jeunes (25% contre 18%
chez leurs aînés), comme les femmes (24% contre 15% des hommes), se montrent
plus sensibles aux actions en faveur de la santé mentale et/ou physique des
salariés.
La santé : un sujet encore trop difficile à aborder, tant en société
qu’en entreprise
De manière générale, les sujets relatifs à la santé sont difficiles à
évoquer au sein de la société française. Seule la grossesse se révèle facile à
aborder pour 79% des Français. Tous les autres états de santé sont
majoritairement difficiles à aborder, en particulier les troubles de la santé
mentale (68%), les addictions (68%), l’andropause (66%), les règles
douloureuses (59%), les cancers masculins (59%) et le post-partum (58%).
Ces difficultés s’accentuent en milieu professionnel, où 81% des
salariés français peinent à y évoquer les addictions, 75% la santé mentale, 68%
les maladies chroniques et 64% les troubles musculosquelettiques. Les
addictions (85%) et les troubles de la santé mentale (81%) sont encore plus
complexes à aborder pour les 35 ans et plus.
Le milieu professionnel tarde à briser le silence sur la santé, féminine
et masculine. Une large majorité de Français juge complexe d’évoquer les cycles
de vie au travail : des règles douloureuses (74%) au post-partum (70%) en
passant par la ménopause (69%). Les hommes ne sont pas épargnés, puisque
l’andropause (76%) et les cancers masculins (74%) sont tout aussi difficiles à
aborder. Fait marquant : si la grossesse semble mieux acceptée, elle
cristallise pourtant des craintes chez les moins de 35 ans, dont plus de la
moitié (51%), en particulier les femmes (50%), redoutent d’aborder le sujet en
entreprise.
Aux yeux des Français, les femmes apparaissent plus vulnérables aux
risques de santé physique (68%) et mentale (62%), une situation qui a des
répercussions concrètes sur leur vie professionnelle. Pour preuve, au cours de
l’année, une femme sur quatre (25%) a été contrainte de s’absenter du travail
en raison de ses règles, de la ménopause ou de symptômes associés. Ce chiffre
grimpe de manière spectaculaire chez les jeunes actives (56% chez les femmes de
25 à 34 ans).
S’il est extrêmement difficile de parler de santé mentale dans le monde
de l’entreprise, c’est notamment parce qu’il existe encore de grandes
méconnaissances à l’égard du cadre législatif en vigueur. Seuls 33% des
Français ont entendu parler de la Charte nationale pour la santé mentale au
travail, lancée fin août 2025 par le gouvernement. Cette initiative est
davantage connue des moins de 35 ans (50% contre 27% pour les 35 ans et plus).
Pour autant, près de 9 Français sur 10 (88%) reconnaissent que la santé mentale
est aussi importante que la santé physique.
Des entreprises peu mobilisées en faveur de la santé de leurs salariés
Pour plus de 7 actifs sur 10, leur activité est compatible avec leur
état de santé physique (78%) et leur état de santé mentale (74%). Néanmoins, au
cours de l’année, plus de deux tiers ont éprouvé des troubles du sommeil (67%,
dont 40% plusieurs fois) ou des épisodes d’irritabilité avec leurs proches
(67%, dont 37% plusieurs fois) pour des raisons en lien avec leur travail.
L’impact émotionnel du travail fragilise la santé mentale des salariés :
43% ont déjà pleuré à leur domicile et 39% sur leur lieu de travail à cause de
leur activité professionnelle, 36% ont dû quitter leur poste après avoir
atteint leurs limites et 31% n’ont pas su se rendre au travail en raison de
l’anxiété. Les femmes rapportent plus fréquemment avoir pleuré sur leur lieu de
travail pour des raisons liées à leur activité (47% contre 28% des hommes),
ainsi qu’à leur domicile (53% contre 29%).
En outre, une part importante affirme avoir été témoin de
discriminations liées à l’état de santé physique ou mentale au sein de leur
entreprise (40%), voire en avoir été personnellement victimes (34%). Les
travailleurs de moins de 35 ans sont plus de la moitié à avoir été témoins
(53%) ou victimes (55%) de ce type de situations.
Les entreprises sont toutefois trop peu mobilisées sur les enjeux de
santé : 82% des Français, dont 83% des salariés, jugent la prise en compte des
cycles de vie, masculins comme féminins, insuffisante, un constat encore plus
sévère chez les femmes, qui sont 86% à critiquer ce manque d'engagement (contre
77% des hommes).
Parallèlement, seule une minorité de salariés constatent que leur
organisation a mis en place des actions spécifiques en faveur du bien-être
(36%), de la santé physique (34%) ou de la santé mentale (28%). Cette situation
alimente le sentiment que le bien-être mental n’est pas réellement pris au
sérieux par leur employeur (52%) et que les contraintes liées à la santé ne
sont pas suffisamment prises en compte dans l’organisation du travail (47%).
D’autant qu’un salarié sur deux (52%) considère que l’état de santé, physique
ou mental, peut avoir un impact sur les progressions professionnelles.
Il apparaît d’autant plus important d’améliorer la communication sur ces
sujets que les salariés eux-mêmes se sentent insuffisamment soutenus. Seule la
moitié d’entre eux sait à qui s’adresser au sein de son entreprise en cas de
difficultés de santé (50%) et se sentent soutenus par leur management (51%).
Interrogés sur les personnes vers qui ils peuvent se tourner, les
salariés ont davantage de facilité à discuter de problèmes de santé physique
que mentale. 67% déclarent pouvoir parler de leurs difficultés physiques avec
leurs collègues et 58% avec leur manager. En revanche, seuls 53% se sentent en
mesure d’aborder des problèmes de santé mentale avec leurs collègues et 48%
avec leur manager. Les services des ressources humaines restent encore peu
accessibles : seuls 50% des travailleurs déclarent pouvoir échanger avec eux au
sujet de problèmes de santé physique, et 43% lorsqu’il s’agit de santé mentale.
Face à ces constats, les Français reconnaissent l’importance d’intégrer
la santé dans les décisions stratégiques des entreprises (89%), en raison de
son impact direct sur la performance (91%). Pour y parvenir, plusieurs leviers
sont identifiés : un assouplissement de l’organisation du travail (28%), une
meilleure communication sur les dispositifs existants (21%), le développement
d’une culture managériale attentive à la santé (20%) ou encore la mise en place
d’actions de prévention ciblées (18%).
« Les enjeux de santé demeurent difficiles à aborder, dans la société en général et plus encore dans le monde de l’entreprise. Les sujets liés aux cycles de vie et à la santé mentale sont particulièrement sensibles. Alors qu’une part importante de salariés fait état de difficultés d’ordre mental et émotionnel liées à leur travail, les organisations doivent plus que jamais renforcer leurs dispositifs de soutien, leur communication et leurs actions de prévention, tout en formant leurs équipes RH et leurs managers, l’accompagnement de ces derniers étant jugé insuffisant » précise Raphaël Confavreux, Responsable de domaine RH – Carrières, Inclusion & QVCT du Groupe APICIL.« Au sein du Groupe APICIL, nous déployons tout au long de l’année de nombreuses initiatives afin de faire du bien-être physique et mental au travail une priorité, tant pour nos collaborateurs que dans l’accompagnement proposé à nos entreprises clientes. À titre d’exemple, une Semaine de la santé des femmes sera organisée en octobre afin de sensibiliser l’ensemble des collaborateurs aux pathologies féminines et aux moyens de mieux accompagner les personnes concernées ».


