L'Agence régionale de la Biodiversité IdF, département de l'Institut Paris Region, publie
Plantes–pollinisateurs : le déclin discret
d'une relation clé.
Il y a près de dix ans,
la Liste rouge régionale de la flore vasculaire d’Île-de-France alertait déjà
sur la disparition progressive de nombreuses espèces végétales. Ce constat
s’inscrit dans une crise plus large : celle de l’érosion silencieuse des relations
entre les plantes et leurs pollinisateurs, pourtant essentielles au
fonctionnement des écosystèmes et à la sécurité alimentaire.
Documenter, comprendre
et préserver ces interactions est désormais un enjeu scientifique, écologique
et sociétal majeur.
• Plus du quart des 1 600 espèces de plantes
vasculaires spontanées d’Île-de-France sont aujourd’hui menacées d’extinction,
et 6 % ont déjà disparu.
• 90% des plantes à fleurs sauvages et 75%
des cultures dépendent totalement ou en partie des insectes pour leur
reproduction.
• Dans les friches et les milieux agricoles, le
nombre moyen d’espèces de fleurs pollinisées par les insectes a chuté de près
d’un quart en 14 ans.
Des communautés qui se
simplifient
Aujourd’hui, de nombreuses études documentent un déclin massif des insectes, y compris des pollinisateurs. Des baisses spectaculaires de biomasse et de diversité ont été observées en Europe.
La destruction et la fragmentation des habitats,
l’intensification agricole et l’usage de pesticides figurent parmi les
principales causes identifiées.
Du côté des plantes, la
tendance est également à la perte de diversité, à l’échelle locale comme
nationale. Si certaines espèces tolérantes aux fortes températures progressent,
beaucoup d’autres régressent. Le risque est celui d’une simplification des communautés
végétales et animales, avec des espèces généralistes remplaçant progressivement
les espèces spécialistes, plus vulnérables.
Dans les friches et les
milieux agricoles, le déclin est déjà mesurable : en 14 ans, le nombre moyen
d’espèces de fleurs pollinisées par les insectes a diminué de près d’un quart.
Or ces espèces sont précisément celles qui soutiennent la majorité des interactions
de pollinisation.
Des interactions
fragilisées mais encore peu documentées
Si le déclin des
insectes et des plantes est désormais bien établi, ses conséquences directes
sur les interactions entre plantes et pollinisateurs restent encore peu
étudiées.
Des décalages ont déjà été observés entre les périodes de floraison et les périodes d’activité des pollinisateurs sous l’effet du changement climatique. Ces désynchronisations peuvent compromettre la reproduction des plantes comme l’alimentation des insectes.


