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[Etudes] 4 salaries sur 10 ont déjà connu un burn-out et plus de 6 salariés sur 10 se disent insatisfaits de leur salaire

L’enquête Great Insights 2026 de Great Place To Work France met en lumière un monde du travail traversé par de fortes lignes de fracture.

 

Derrière des tendances globales, les résultats révèlent une réalité plus contrastée : des salariés engagés mais fatigués, désireux de progresser mais réticents à endosser des rôles managériaux exigeants, ouverts à l’innovation mais inégalement accompagnés face à l’essor de l’intelligence artificielle.

 

Cette polarisation des vécus constitue désormais un marqueur central du monde professionnel.

 

Rémunération : premier facteur de départ, révélateur d’inégalités persistantes

 

La rémunération s’impose comme le principal point de tension. Plus de six salariés sur 10 (61%) se disent insatisfaits de leur rémunération, et pourtant plus des deux tiers (67%) n’ont pas demandé d’augmentation au cours des 12 derniers mois. Les principales raisons sont un contexte économique jugé défavorable (34%) ou encore la crainte d’une mauvaise perception par le management (22%).

 

Et pourtant, la rémunération constitue le premier élément susceptible d’amener un salarié à quitter son entreprise (31%), devant le manque de sens au travail (28%) et le déséquilibre entre vie professionnelle et vie personnelle (2%).

 

Les perceptions d’égalité professionnelle restent elles aussi contrastées : si 72% des salariés estiment que femmes et hommes sont rémunérés de manière équivalente à poste égal, cette opinion est moins partagée par les femmes (- 7 points). De même, 82% des salariés pensent que les femmes ont les mêmes chances d’accéder à des postes de direction, contre 77% des femmes. Ces écarts traduisent un décalage persistant entre les perceptions et les réalités vécues.

 

Santé mentale, santé physique : une réalité encore trop peu prise en compte

 

La santé des salariés français reste un sujet de forte préoccupation. Un quart d’entre eux (26 %) estiment que leur travail les affecte négativement. Plus alarmant encore, 41 % déclarent avoir déjà connu un burn-out ou un état d’épuisement professionnel, un chiffre qui atteint 54 % chez les moins de 35 ans. La santé physique est également en jeu : plus de quatre salariés sur dix (43 %) déclarent ressentir régulièrement ou parfois des douleurs ou gênes liées à leur activité professionnelle.

 

Les dispositifs de prévention restent par ailleurs largement jugés insuffisants : un tiers des salariés estiment que leur entreprise n’agit pas concrètement sur la santé mentale, et seulement la moitié d’entre eux déclare que des actions pour préserver leur santé physique sont mises en place.

 

Conséquence directe de cette usure globale : près de la moitié (49 %) des salariés observe des difficultés d’organisation liées à l’absentéisme (secteur public : 58% - secteur privé : 44%), illustrant l’impact concret de ces fragilités sur le fonctionnement des organisations.

 

Salariés aidants : une polarisation des vécus particulièrement marquée

 

La situation des salariés aidants constitue, à cet égard, un révélateur supplémentaire. Deux salariés sur dix sont aujourd’hui aidants. Si certaines entreprises ont commencé à déployer des dispositifs de soutien — aménagements du temps de travail (41%), congé de proche aidant (26%) ou encore accès à un suivi psychologique (20%) — ces mesures ne suffisent pas à compenser la réalité vécue par les aidants.

 

Ces derniers apparaissent en effet davantage en souffrance que la moyenne des actifs français : plus de six aidants sur dix (64%) déclarent avoir déjà connu une situation de burn-out (contre 35% chez les non-aidants). Pour autant, ils sont tout aussi nombreux (62%) à reconnaître que leur activité professionnelle a un impact positif sur leur santé mentale, faisant du travail une véritable bulle d’oxygène.

 

Un paradoxe saisissant, qui illustre une polarisation forte des expériences, appelée à s’accentuer avec le vieillissement de la population active.

 

Responsabilités, management : l’envie d’agir mais pas de manager

 

Contrairement aux idées reçues, les salariés français restent engagés : plus de la moitié (53%) souhaite prendre davantage de responsabilités, motivés par le développement professionnel (74%), l’amélioration de la rémunération (72%) et une plus grande participation aux décisions (54%).

 

Pour autant, l’accès aux fonctions managériales demeure peu attractif. Si le rôle de dirigeant est perçu comme central, il apparaît aussi particulièrement exigeant. Les salariés attendent en effet de leurs dirigeants qu’ils fassent preuve d’écoute (55%), qu’ils soient garants de la qualité de vie au travail (46%) et qu’ils soient d’excellents communicants capables de motiver (40%).

 

Cette exigence se heurte pourtant à la réalité du terrain managérial : près de quatre managers sur dix déclarent manquer de formation et un sur deux manque de temps pour exercer pleinement son rôle.

 

Un constat qui met en lumière un modèle managérial indispensable au bon fonctionnement des organisations, mais fragilisé par un écart croissant entre le niveau d’exigence et les moyens réels dont disposent les managers pour y répondre.

 

L’IA, nouvel accélérateur de polarisation au travail

 

L’édition 2026 des Great Insights met également en évidence le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans les transformations du travail. 59% des salariés français utilisent des outils d’IA générative, dont 63% de manière fréquente. Cette adoption est toutefois très inégale : 74% des moins de 35 ans y ont recours, contre 52% des 35 ans et plus, et 71% des managers, contre 46% des non-managers.

 

Si l’IA est perçue comme une opportunité d’efficacité et d’évolution des compétences, l’enquête souligne un enjeu majeur. En effet, moins d’un salarié sur deux (47%) se voit proposer un accompagnement par leur entreprise. Cette prise en charge inégale accentue les écarts de capacité à se projeter, de confiance et de maîtrise face à ces transformations technologiques.

 

Conclusion de Jullien Brezun, directeur général de Great Place To Work France « Les Great Insights 2026 montrent un monde du travail polarisé, mais des salariés qui restent engagés et désireux de progresser. Trois quarts d’entre eux déclarent que leur travail est source d’épanouissement, mais cet engagement s’accompagne d’attentes fortes : reconnaissance, protection de la santé et pratiques managériales soutenables. L’IA cristallise ces enjeux très concrets : charge de travail, évolution des compétences, clarté des usages et équité de traitement. Elle devient ainsi un test de la capacité des entreprises à accompagner réellement les transformations et à maintenir la confiance. »

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