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[Etudes] Salaire : 66% des Français sont satisfaits, mais 71% frôlent le déclassemen

Si les deux tiers des français sont satisfaits de leur rémunération, le déclassement de leur niveau de vie guette 71% d’entre eux sans augmentation. Une réalité qui souligne une nécessaire démocratisation du sujet en entreprise.


Cette étude menée par Remonte, leader mondial des RH, a recueilli les avis de 6 200 professionnels du secteur tertiaire dans le monde entier et parmi eux, 753 répondants français. Il en ressort que, si 66% se disent satisfaits de leur rémunération actuelle, beaucoup seraient contraints de réduire considérablement leurs dépenses en l'absence d'une augmentation de salaire. 

 

Le rapport met également en lumière de nettes différences générationnelles et culturelles à l'échelle mondiale: les jeunes professionnels sont plus ouverts concernant leur rémunération, tandis que les employés plus âgés sont moins susceptibles d'exprimer leurs préoccupations.

 

De plus, les femmes restent moins enclines à s'exprimer sur leur salaire que les hommes, un constat qui reflète un écart d'opportunité plus large, façonné par les inégalités historiques dans le milieu professionnel. 


Chiffres clés de l'étude


  • Deux tiers (66%) des employés sont satisfaits de leur rémunération actuelle, au niveau mondial les 16-24 ans représentent la tranche d’âge la plus affirmative à ce sujet. 
  • Toutefois, seulement 29% d'entre eux pourraient maintenir leur niveau de vie actuel sans ajustement s'ils n'obtiennent pas d'augmentation. Pire encore, 16 % déclarent qu'ils ne seraient pas en mesure de couvrir leurs dépenses essentielles dans un tel scénario.
  • Moins de la moitié (47%) des employés français se sent à l’aise de discuter d’une augmentation avec son employeur.
  • 47% des employés français sont prêts à démissionner si aucune mesure concrète n'est prise suite aux discussions sur leur rémunération avec les responsables concernés.

Commentant l’étude et soulignant l'importance de la transparence salariale, Barbara Matthews, Chief People Officer chez Remote, déclare : « Nous devons briser le tabou des conversations sur la rémunération et nous concentrer sur un dialogue ouvert et continu, ancré dans la transparence et l'équité mondiale. Lorsqu'elle est bien appliquée, la transparence salariale devient un puissant moteur d'une culture de haute performance, motivant les employés et les équipes à poursuivre des objectifs ambitieux et à fournir des résultats exceptionnels. »


La satisfaction salariale est élevée mais la stabilité financière est fragile

L'étude met en lumière un niveau élevé de satisfaction salariale chez les employés français, 66% d'entre eux se déclarant soit "plutôt satisfaits", soit "tout à fait satisfaits" de leur rémunération actuelle.

 

Êtes-vous satisfaits de votre salaire actuel ?

  Plutôt oui

  41.30% 

  Tout à fait 

  24.57% 

  Non, pas vraiment

  25.90%   

  Non, pas du tout 

  7.70% 

 

Au niveau mondial, les jeunes employés affichent la plus grande satisfaction vis-à-vis de leur rémunération (86% des 16-24 ans se disent satisfaits). On observe également que les hommes sont plus satisfaits que les femmes, d’autre part près d'un tiers (31%) des employées déclarent une insatisfaction salariale

Cependant, si les résultats témoignent d'un sentiment globalement positif au sein des employés vis-à-vis de leur rémunération, cette satisfaction est rarement pérenne. « Se sentir justement rémunéré aujourd'hui ne garantit pas que cela tiendra demain », affirme Barbara Matthews. Maintenir un dialogue ouvert sur la rémunération est essentiel, car cela démontre aux employés que leurs besoins et leurs préoccupations sont réellement entendus. »

 

L'étude révèle que les employés sont au fait des défis financiers tels que l'inflation et la hausse du coût de la vie. La majorité d'entre eux indiquent qu'ils devraient modifier leur mode de vie si leur salaire restait inchangé.

 

Près d'un quart des employés français (23%) devraient faire d'importantes coupes financières, tandis que 16% auraient du mal à payer des produits de première nécessité comme le loyer ou les dépenses alimentaires. Seulement 12% pourraient maintenir confortablement leur style de vie tout en étant encore capables d'épargner ou d'investir.

 

Au vu de la conjoncture économique, quelle affirmation décrirait le mieux l’impact d’un salaire inchangé sur votre mode de vie ? 


Je couvrirais mes besoins, mais devrais réduire drastiquement mes   dépenses, shopping et voyages par exemple

22.97% 

J'aurais du mal avec l'essentiel (loyer, factures, épicerie)

16.07%

Je pourrais conserver mon train de vie et rester flexible pour l'épargne et les investissements.

12.75%

Je pourrais conserver confortablement mon train de vie actuel, sans pouvoir augmenter mes économies ou mes placements.

11.82%

Je pourrais conserver mon train de vie actuel grâce à un budget serré, mais en épargnant et en diminuant les finances d’urgences.

14,87% 

Je pourrais couvrir l'essentiel, mais les dépenses non essentielles devraient cesser complètement.

17,40% 

Je devrais compter davantage sur les avantages fournis par l'employeur (par exemple, soins de santé, aide au transport) pour couvrir les coûts.

1.86% 


Beaucoup d’employés sont effrayés à l’idée de demander une augmentation 

Bien qu’il soit encourageant que 47% des employés français se sentent suffisamment à l’aise pour discuter de leur rémunération avec leur employeur, il est difficile d’ignorer que ce n’est pas le cas pour l’autre moitié d’entre eux (46%). Un chiffre d’autant plus alarmant qu’1 employé sur 5 (20%) déclare ne pas être à l’aise du tout pour aborder le sujet.  

 

À quel point seriez-vous à l'aise de demander une augmentation de salaire à votre employeur actuel ?

Plutôt à l’aise

35.99%

Plutôt mal à l’aise

26.56%

Très à l’aise

11,69%

Pas du tout à l’aise

20.19%

 

Fait intéressant au niveau mondial, les jeunes professionnels sont les plus confiants lorsqu'il s'agit de discuter de leur rémunération : 79% des 16-24 ans sont prêts à demander une augmentation, contre seulement la moitié (50%) des 45-54 ans. Bien qu'elles soient moins satisfaites de leur salaire, les femmes sont également moins à l'aise pour soulever des préoccupations salariales : 48% des employées se sentiraient mal à l'aise de demander un salaire plus élevé, contre 31% des hommes.


Ces résultats mettent en évidence le coût personnel de l'anxiété liée à la rémunération. Même si presque la moitié des employés se sentirait à l'aise de demander une augmentation, trop nombreux sont ceux qui se sentent toujours incapables de soulever des préoccupations salariales. Cela peut générer du stress et de l'incertitude, éroder la confiance et limiter la capacité des employés à défendre leur propre bien-être financier.

 

« Si autant d’employés ne se sentent pas à l'aise de demander une augmentation de salaire, nous avons un problème de culture d'entreprise », affirme Barbara Matthews. Lorsque les gens peuvent parler honnêtement de la rémunération, la confiance grandit et les inégalités diminuent. »

 

1 employé français sur 2 partirait si ses inquiétudes salariales ne sont pas adressées 

 

En supposant qu'ils se sentent suffisamment en confiance pour discuter des préoccupations salariales avec leur employeur, presque la moitié (47%) des employés français envisagerait de quitter leur poste s'ils étaient insatisfaits de la réponse, ou si aucune mesure n'était prise du tout.  

 

Un tiers (31%) des répondants de l’Hexagone déclarent qu'ils seraient susceptibles d'envisager la démission, tandis que 16% seraient très susceptibles de chercher un rôle alternatif. 13% seraient très peu susceptibles de penser à quitter leur emploi.

 

Après avoir soulevé vos préoccupations salariales auprès de votre employeur, quelle est votre probabilité d'envisager de quitter votre rôle actuel en cas d'absence ou d'insatisfaction des mesures prises ?

Probable

31.34% 

Ni probable, ni improbable

26.96% 

Très probablement 

16.07% 

Peu probable 

12.35% 

Très improbable 

13.28% 

 

Une fois de plus, les employés plus jeunes au niveau mondial sont les plus susceptibles de démissionner face à des préoccupations salariales non résolues (72% déclarent qu'ils envisageraient de quitter leur emploi), tandis que les femmes sont plus susceptibles que les hommes de rester, avec 51% des travailleuses se disant susceptibles de partir, contre 61% de leurs homologues masculins.

 

Lorsque les employés sont confrontés à un manque de transparence et de responsabilité salariale de la part de leur employeur, ils peuvent devenir frustrés et se désengager. Comme le montrent clairement les résultats, beaucoup ne sont pas disposés à rester dans des emplois où ils se sentent sous-évalués ou sous-estimés.

 

« Aborder la question du salaire au travail est souvent perçu comme quelque chose de gênant, voire de malvenu , conclut Barbara Matthews. Pourtant, le silence ne fait qu'alimenter les inégalités et le désintérêt. Quand les entreprises encouragent des échanges ouverts et sincères sur la rémunération, elles posent les bases d'une véritable culture de transparence salariale. »

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