Baromètre des risques d’Allianz 2026.
Les incidents cyber ont souvent fait la une de l’actualité en 2025 et restent les risques les plus préoccupants pour les entreprises dans le monde en 2026, selon le Baromètre des risques d’Allianz réalisé par Allianz Commercial. L’année dernière a également été marquée par l’adoption accélérée de l’intelligence artificielle (IA), se traduisant par une progression inégalée de ce risque, qui s’établit à la
2e
place.
Près de la moitié des
répondants estime que l’IA présente plus d’avantages que de risques pour leur
activité.
Un cinquième pense
cependant le contraire. Pour la première fois, l’interruption d’activité ne
fait pas partie des deux principaux risques et descend en troisième position.
Elle reste néanmoins une préoccupation importante, puisqu’elle peut être la
conséquence d’autres risques figurant parmi les dix premiers au classement
mondial.
Les catastrophes
naturelles chutent à la 5e place, grâce notamment à une saison des ouragans
2025 moins dévastatrice.
Par ailleurs, les
risques politiques et la violence grimpent de la 9e à la 7e place, en raison de
l’augmentation des préoccupations liées à l’instabilité géopolitique et aux
conflits dans le monde.
10 principaux risques
en France
En France, les
incidents cyber restent le risque numéro un (pour la 4e année consécutive)
suivis des catastrophes naturelles et des incendies/explosions. L'intelligence
artificielle (8e position) et les développements macroéconomiques (10e rang)
font quant à eux leur entrée dans le top 10 des risques. Les entreprises
françaises restent également préoccupées par les interruptions d'activités, les
risques politiques et le changement climatique (respectivement au 4e, 5e et 6e
rang avec plus de 20 % des réponses pour chaque risque).
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Classement |
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1 |
Incidents
cyber (ex : cyber crimes, interruptions de service et réseau IT,
logiciels malveillants/ransomware, violation de données, sanctions) |
40% |
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2 |
Catastrophes
naturelles (ex : tempête, inondation, tremblement de terre, feu de forêt) |
27% |
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3 |
Incendie,
explosion |
27% |
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4 |
Interruptions
d'activités (y compris les perturbations de la chaîne logistique) |
25% |
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5 |
Risques
politiques (ex : instabilité politique, guerre, terrorisme, coup d’état,
conflits sociaux, grèves, émeutes, pillages) |
23% |
|
6 |
Changement
climatique (ex : risques physiques, opérationnels et financiers résultant
de conditions météorologiques extrêmes) |
22% |
|
7 |
Évolutions
législatives et réglementaires (ex : nouvelles directives,
protectionnisme, exigences RSE et en matière de durabilité) |
18% |
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8 |
Intelligence
artificielle (ex : défis liés à la mise en œuvre, risques liés à la
responsabilité, désinformation/mésinformation) |
15% |
|
9 |
Évolutions
de marché (ex : concurrence accrue/nouveaux entrants,
fusions/acquisitions, stagnation ou fluctuation de marchés) |
14% |
|
10 |
Évolutions
macro-économiques (ex : inflation/déflation, politiques monétaires,
programmes d'austérité) |
11% |
Thomas Lillelund,
directeur général d’Allianz Commercial rappelle : « Face à la
volatilité et à l’incertitude qui ont régné en 2025, les entreprises restent
exposées, en 2026, à des risques interdépendants et extrêmement complexes, dans
un environnement en rapide mutation. L’IA a dominé une grande part des débats
socio-économiques. Il n’est donc pas surprenant qu’elle réalise la plus forte
hausse dans le Baromètre des risques d’Allianz. En plus d’offrir des
opportunités considérables, elle possède un potentiel de transformation,
associé à une adoption et à une évolution rapide, qui redessine le paysage des
risques. Elle apparaît ainsi comme une source de préoccupation majeure pour les
entreprises de toutes tailles à travers le monde, au côté d’autres menaces plus
anciennes. »
Les incidents cyber
sont de loin la principale préoccupation des entreprises
En 2026, les incidents cyber arrivent en tête du classement mondial pour la cinquième année consécutive, avec un chiffre record (42 % des réponses) et la marge la plus élevée jamais atteinte
(+ 10 %). Ils constituent le risque nº 1 pour les
entreprises dans toutes les régions (Amérique, Asie-Pacifique, Europe, Afrique
et Moyen-Orient). Leur maintien au premier rang du Baromètre des risques
d’Allianz reflète une dépendance croissante au numérique, à un moment où le
paysage des cybermenaces, mais aussi le contexte géopolitique et réglementaire,
évoluent rapidement. Les récentes cyberattaques très médiatisées soulignent la
menace permanente qui pèse sur les entreprises de toutes tailles. Les PME sont
de plus en plus ciblées et soumises à des pressions, en raison d’un manque de
moyens pour garantir leur cybersécurité.
« Les investissements
engagés par les grandes entreprises dans la cybersécurité et la résilience
portent leurs fruits, car ils permettent de détecter et de contrer rapidement
les attaques. Cependant, les risques cyber ne cessent d’évoluer. Les organisations
sont de plus en plus dépendantes de fournisseurs tiers en matière de données et
de services essentiels, alors que l’IA amplifie les menaces, augmente la
surface d’attaque et aggrave les vulnérabilités », explique Michael
Bruch, directeur mondial des services de conseil en risques chez Allianz
Commercial.
L’IA est une source de
risques et d’opportunités commerciales
L’IA est devenue l’une des principales préoccupations des entreprises du monde entier, passant de la
10e place en 2025 à la 2e en 2026 (32 %), ce qui représente la plus forte
progression de l’année. Elle est en hausse dans toutes les régions, prenant la 2e
place en Amérique, en Asie-Pacifique, en Afrique et au Moyen-Orient, et la 3e
en Europe. Représentant également une menace croissante pour les entreprises de
toutes tailles, elle entre dans le top 3 des risques pour les grandes, moyennes
et petites entreprises. Face à son adoption accélérée et à son intégration dans
les activités essentielles, les répondants s’attendent à une intensification
des risques, notamment en matière de responsabilité. Le développement rapide
des systèmes d’IA générative et agentique, associé à une utilisation croissante
dans le monde réel, met en évidence l’ampleur de l’exposition aux risques. En
France, l’intelligence artificielle fait son entrée dans le top 10 (directement
au 8ème rang avec 15% des réponses).
« Les entreprises
considèrent de plus en plus l’IA comme un puissant outil stratégique, mais
aussi comme une source complexe de risques opérationnels, juridiques et
réputationnels. Dans de nombreux cas, la gouvernance, la réglementation et la
préparation des personnels ne peuvent pas suivre le rythme auquel progresse
l’adoption de l’IA,
explique Ludovic Soubran directeur des investissements et chef économiste
chez Allianz. Alors qu’un plus grand nombre d’entreprises prévoient de
se développer en 2026, elles devront faire face à des problèmes croissants de
fiabilité des systèmes, de qualité des données, d’intégration informatique et
de pénurie des personnels qualifiés. Parallèlement, de nouveaux risques
apparaissent en matière de responsabilité, liés à la prise de décisions
automatisée, aux modèles biaisés ou discriminatoires, à l’abus de propriété
intellectuelle et à l’incertitude quant à la responsabilité en cas de dommages découlant
de résultats générés par l’IA. »
L’interruption
d’activité est étroitement liée aux risques géopolitiques
L’année 2025 a été
marquée par un virage vers des politiques commerciales protectionnistes et des
guerres douanières qui ont semé l’incertitude dans l’économie mondiale. Elle a
également été caractérisée par les conflits régionaux au Moyen-Orient, la guerre
Russie-Ukraine, les différends frontaliers entre l’Inde et le Pakistan, ainsi
que la Thaïlande et le Cambodge, et par les guerres civiles en Afrique. Cette
tendance se poursuit en 2026, avec l’intervention des États-Unis au Vénézuéla.
Les risques géopolitiques exercent de nouvelles pressions sur les chaînes
d’approvisionnement et, face à cette hausse, seuls 3 % des répondants au
Baromètre des risques d’Allianz considèrent leurs chaînes d’approvisionnement
comme « très résilientes ». Sur l’année 2025, les restrictions commerciales ont
triplé, touchant 2 700 milliards de dollars de marchandises, soit près de 20 %
des importations mondiales, selon Allianz Trade. Cette évolution incite les
entreprises à étudier de nouvelles stratégies, telles que le friendshoring
(délocalisation dans un pays ami) et la régionalisation. La perception du
risque est en effet élevée : 29 % des répondants classent l’interruption
d’activité parmi les principales menaces et la situent en troisième position,
ce qui représente toutefois un recul d’une place par rapport à l’année
précédente.
Sans surprise, les risques politiques et la violence gagnent deux places pour s’établir en septième position, la plus élevée qu’ils aient jamais atteinte. Le risque, étroitement lié, d’évolution de la législation et de la réglementation, qui inclut les droits de douane, reste inchangé, s’inscrivant à la 4e place. Il augmente cependant en nombre de répondants, en raison des préoccupations liées à la montée du protectionnisme. De fait, la paralysie des chaînes d’approvisionnement mondiales due à un conflit géopolitique apparaît comme le scénario du « cygne noir » le plus susceptible de se réaliser dans les cinq prochaines années, selon 51% des répondants.


