Dans
cette onzième édition de son baromètre, Allianz Trade a interrogé près de 300
dirigeants et décideurs financiers (du 24 novembre 2025 au 31 décembre 2025),
principalement issus de TPE et PME (à plus de 90 %) sur leur perception du
risque client pour l’année à venir.
Perspectives de croissance : entre optimisme et prudence
Une amélioration des perspectives de croissance pour 2026 avec des
dirigeants qui affichent une plus grande confiance qu’en 2025.
Seul un quart des répondants anticipe ainsi un recul de leur chiffre d’affaires en 2026, dont 8 % une baisse supérieure à 10 %. Pour 2025, les décideurs étaient plus pessimistes : 38 % d’entre eux tablaient sur un recul de leur chiffre d’affaires, dont 15 % sur une baisse supérieure à 10 %. Pour 2026, environ
75 % des entreprises anticipent donc une croissance, même modérée. Dans
le détail, 22 % prévoient une quasi-stagnation (avec un CA en hausse de moins
de 1 %) et 33 % une hausse évoluant entre 1 et 5 %.
20% des entreprises interrogées prévoient une croissance solide de plus
de 5 % en 2026. Ils n’étaient que 12 % en 2025 à anticiper une forte
croissance, ce qui confirme la croissance pour une partie des répondants.
En 2026, Allianz Trade anticipe une croissance à double vitesse de
l’économie française. Les secteurs industriels, de la défense, des matériaux de
transport, du textile, mais aussi certains services marchands ont démontré, en
2025, leur capacité à produire, à investir et à exporter. D’autres secteurs ont
plus de mal à reprendre le chemin de la croissance. Le commerce de détail et la
construction résidentielle sont pénalisés par le moral des ménages, en berne
malgré la résistance du marché de l’emploi et le taux élevé d’épargne.
Une confiance également dans leurs résultats.
Deux tiers des répondants anticipent une hausse de leurs volumes de
vente plutôt que de leurs prix en 2026 tandis que 75 % d’entre eux font preuve
d’un optimisme prudent et prévoient une hausse ou une stabilisation de leur
marge brute grâce notamment à la faible inflation, la hausse des commandes et
les efforts de compétitivité.
Des réflexions sur l’export.
Pour plus de 7 répondants sur 10, l’export représente moins de 10 % de
leur chiffre d’affaires (dont 41% qui ne réalisent pas de chiffres d’affaires
à l’export). Cette proportion est stable sur les dernières années, même si de
plus en plus de petites entreprises expriment leur volonté de s’ouvrir à
l’international.
Des entreprises qui observent la montée du risque client en 2026
Des délais de paiement qui continuent de s’allonger.
Les délais de paiement dans les entreprises interrogées respectent, à
plus de 80 %, les limites fixées par l’article L441-10 du code de commerce.
Cependant, par rapport à 2024, les répondants notent une baisse du nombre de
paiements réalisés sous 30 jours (7 % en 2025, contre 13 % en 2024) et un
allongement des délais de règlement.
Selon les entreprises interrogées, les paiements sous 45 jours ne sont
plus majoritaires (près de 45% vs 51 % en 2025), tandis que les paiements
supérieurs à 45 jours progressent et représentent 55% des délais de règlement
(contre 49,2 % en 2025 et 46,8 % en 2023). Malgré cette tendance, 31,9% des
répondants anticipent une hausse des délais de paiement en 2026, un chiffre
stable par rapport à 2025.
Des impayés qui progressent toujours plus.
2025 a confirmé la tendance à la forte augmentation des impayés
constatée depuis 2023. 67 % des
répondants ont dû faire face à au moins une facture impayée en 2025,
contre 62,5 % en 2024 et 50,9 % en 2023. Plus encore que l’allongement des
délais de paiement, l’augmentation de la fréquence des impayés fragilise
fortement les entreprises. En effet, par rapport aux années précédentes, les
entreprises notent une augmentation marquée des problèmes de paiement. En 2025,
plus de 90 % des répondants ont dû faire face à l’un de ces événements, contre
84 % en 2024. Ils sont d’ailleurs près de 20 % à avoir enregistré plus de 25
problèmes de paiement sur l’année.
Outre l’augmentation du nombre d’impayés et de retards de paiement, les
entreprises interrogées font face à celle du montant moyen de ces accidents de
paiement. En 2025, celui-ci dépassait 10 000 € pour 39 % des répondants, contre
33 % l’année précédente.
Les dirigeants et décideurs financiers ont bien pris la mesure de
l’ampleur des difficultés rencontrées
par leurs clients. Lors de la précédente édition de ce baromètre, 67,5 % avaient prévu une augmentation des impayés pour 2025. Pour 2026, 68 % anticipent une nouvelle hausse.
Les entreprises anticipent la hausse des défaillances clients.
La tendance observée ces dernières années s’est poursuivie en 2025 avec
une nouvelle progression des défaillances. Parmi les répondants, 59 % avaient
dû gérer la défaillance d’un client en 2024. Cette année, ils sont 65 % (+6 %
et contre 49,6 % en 2023 et 32,4 % en 2022).
Les dirigeants interrogés font preuve de réalisme et 85% d’entre eux
anticipent une nouvelle hausse en 2026 (contre 80,5% l’année dernière et 70%
pour 2024).
« Nous avons sondé les dirigeants d’entreprises sur les trois principaux risques qu’ils observent pour les années à venir. Sans surprise et comme l’année précédente, la réduction du volume d’activité et la baisse de rentabilité restent leurs préoccupations principales. En revanche, l’instabilité géopolitique mondiale a très fortement progressé et devient le troisième risque cité par nos répondants. Dans ce contexte, la gestion du poste client et l’anticipation des risques sont clés pour éviter les répercussions des incertitudes politiques et économiques sur la santé financière des entreprises. Enfin, l’intelligence artificielle est aujourd’hui le challenge cité par le plus grand nombre de répondants (35 % contre 24 % lors de la précédente édition) alors que la mise en place obligatoire de la facturation électronique ressort également pour 21 % des répondants avec une loi qui entrera en vigueur en 2026 pour les ETI et en 2027 pour les TPE et PME » conclut Laurent Treilhes, Président du Comité Exécutif d’Allianz Trade en France.


