L’Union nationale
des professions libérales (UNAPL), première organisation nationale
représentative des professions libérales, exprime son soutien aux syndicats de
médecins libéraux engagés dans un mouvement de grève depuis le 5 janvier, au
premier rang desquels ses adhérents, la CSMF et le SML, afin de contester les
orientations retenues dans la Loi de financement de la Sécurité sociale pour
2026.
Ce mouvement s’inscrit
dans un contexte de fortes tensions sur l’offre de soins de ville, alors que
les besoins de la population augmentent sous l’effet du vieillissement
démographique, de la progression des maladies chroniques et des exigences
accrues en matière de prévention comme de suivi. Dans ce cadre, la LFSS 2026 ne
donne pas aux soignants les moyens nécessaires pour assurer pleinement leurs
missions au service des patients et des territoires.
L’UNAPL partage les
inquiétudes exprimées par les syndicats médicaux représentatifs face à des
mesures qui remettent en cause les équilibres historiques du dialogue
conventionnel avec l’Assurance maladie. Les dispositions relatives aux tarifs,
imposées en dehors d’une négociation conventionnelle loyale, le durcissement de
l’encadrement de l’activité libérale, ainsi que certaines mesures susceptibles
de nuire directement à l’accès aux soins, constituent des signaux
particulièrement préoccupants.
La contractualisation
entre les médecins libéraux et l’Assurance maladie repose sur un pacte social
structurant. En acceptant ce cadre conventionnel, les médecins consentent à une
limitation de leur liberté tarifaire en contrepartie de la solvabilisation de
leurs actes et d’une participation de la collectivité au financement de leurs
cotisations sociales. Ce choix n’a jamais eu pour vocation de transformer les
médecins libéraux en quasi-salariés soumis à des contraintes administratives et
organisationnelles incompatibles avec la liberté et la responsabilité
inhérentes à l’exercice libéral indépendant.
Au-delà de la seule
profession médicale, l’UNAPL alerte sur le fait que les orientations
actuellement à l’œuvre dans la LFSS 2026 font peser une menace sans précédent
sur l’ensemble des professions libérales. Elles interrogent le modèle même de
l’exercice indépendant, fondé sur l’autonomie professionnelle, la
responsabilité individuelle et la proximité avec les usagers.
L’UNAPL appelle
solennellement le Gouvernement à entendre les alertes des syndicats médicaux, à
renouer un dialogue social respectueux et à construire des solutions
équilibrées, compatibles avec les réalités de terrain, la soutenabilité de
notre système de protection sociale et le respect de l’indépendance des
professionnels libéraux. La défense de l’exercice libéral n’est pas un enjeu
corporatiste : elle conditionne durablement l’accès aux soins, la qualité des
services rendus et la vitalité économique et sociale de nos territoires.


