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[Tribune] Autisme : Pourquoi les recommandations de la HAS ne suffisent plus ?

Depuis plus de vingt ans, les familles et les associations se mobilisent pour que l’autisme soit reconnu et pris en charge conformément aux connaissances scientifiques actuelles. Si les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) ont constitué une avancée majeure, un constat s’impose aujourd’hui : elles ne suffisent plus à protéger les personnes autistes ni à garantir leurs droits fondamentaux.

 

Des recommandations fondées sur la science… mais neutralisées par le consensus

 

Les recommandations de la HAS reposent sur trois niveaux :

•   les données actuelles de la science (études internationales),

•   les études de cas et pratiques cliniques,

•   le consensus d’experts lorsque les preuves sont jugées insuffisantes.

 

C’est précisément ce troisième niveau qui pose problème.

 

Lorsqu’il s’agit de trancher sur certaines pratiques, la réponse institutionnelle reste souvent la même :

« il n’existe pas de méthode unique ».

Cette position, présentée comme prudente, empêche en réalité toute décision ferme.

 

Psychanalyse et autisme : une controverse jamais réellement close

Les recommandations actuelles sont le fruit d’un combat historique visant à sortir l’autisme de l’emprise de la psychanalyse. Cette remise en question a suscité, à l’époque, une offensive médiatique et institutionnelle de grande ampleur.

La HAS a reconnu l’absence de preuves scientifiques établissant l’efficacité de la psychanalyse dans l’autisme. Pourtant, faute d’un cadre juridique contraignant, aucune interdiction formelle n’a été prononcée. Il n’est resté que des recommandations, non opposables et dépourvues de sanctions.

 

Recommandations ou obligations : une ligne de fracture sanitaire

Les travaux de la HAS devraient logiquement conduire à une interdiction définitive de la psychanalyse dans l’autisme. Ils aboutiront, une fois encore, à de simples recommandations.

Or, il ne s’agit pas d’un débat idéologique mais d’un enjeu de santé publique.

Les médecins ne devraient pas pouvoir choisir la psychanalyse pour accompagner l’autisme.

Toute méthode alternative devrait être soumise à une exigence de preuves scientifiques.

Les recommandations devraient être transformées en obligations légales.

Car, aujourd’hui encore, la psychanalyse demeure largement pratiquée dans les structures médicales, les institutions médico-sociales, ainsi que dans les universités et la formation des professionnels.

 

Un vide juridique qui entretient l’inaction

 

M. M'Hammed Sajidi - Président de VAINCRE L'AUTISME met en lumière un point central : « L’absence d'état droit, conséquence directe d’une méconnaissance persistante de l’autisme et de ses besoins spécifiques. Même lorsque des recommandations existent, elles restent trop souvent lettre morte. Faute de mécanismes contraignants, elles s’accumulent dans les tiroirs des administrations sans produire d’effets concrets sur le terrain. »

 

L’Éducation nationale : le grand angle mort des politiques de l’autisme

Autre angle mort majeur : l’Éducation nationale est absente des recommandations de la HAS, laquelle ne dispose d’aucune autorité en matière de scolarisation.

Cette lacune a des conséquences dramatiques. Des milliers d’enfants autistes sont privés d’éducation et d’instruction, enfermés dans un modèle sanitaire qui décide de leur avenir sans garantir leur droit fondamental à l'éducation et à l'école.

 

Une histoire de classifications qui a brouillé la compréhension de l’autisme

L’autisme a successivement été assimilé aux maladies mentales, intégré au champ du handicap, puis dilué dans les troubles du neurodéveloppement (TND).

Dans une politique que nous qualifions de "macronienne", des dispositifs pensés pour les TND ont été appliqués indistinctement à l’autisme, sans reconnaissance de sa spécificité. Cette dilution a affaibli la prise en compte réelle des besoins des personnes autistes.

 

Ce que nous exigeons désormais

•   Nous demandons la reconnaissance claire de l’autisme et de ses besoins spécifiques, et la structuration d'un champ professionnel dédié fondé sur les données actuelles de la science.

•   Nous appelons à la transformation des recommandations en obligations légales.

•   Nous exigeons des mesures coercitives contre l’usage de la psychanalyse dans l’autisme.

•   Nous demandons que toute pratique soit fondée sur des preuves scientifiques.

•   Nous appelons à l’implication effective de l’Éducation nationale.

•   Nous exigeons la fin d’un modèle sanitaire qui prive les enfants autistes de leur droit fondamental à l’éducation.

 

Garantir des droits, pas produire de nouveaux textes

Il ne s’agit plus de produire de nouvelles recommandations mais de garantir des droits effectifs. Tant que les recommandations ne seront pas contraignantes, la psychanalyse restera tolérée dans l’autisme, les personnes autistes et leurs familles resteront victimes d’un système qui refuse d’appliquer les connaissances scientifiques actuelles.

 

Le temps n’est plus à la prudence institutionnelle.

Il est à la responsabilité politique.

 

M'Hammed Sajidi,
Le président.

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