La France a remis à la Commission européenne son projet de Plan national pour la restauration de la nature
Élaboré par le ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, en concertation avec les autres administrations concernées, les différentes parties prenantes, les acteurs économiques, les scientifiques, les associations et les citoyens, ce plan constitue la feuille de route nationale pour restaurer les écosystèmes dégradés. Il répond aux objectifs fixés par le règlement européen sur la restauration de la nature, qui vise à rétablir la bonne santé des écosystèmes et à renforcer durablement la résilience des territoires face au changement climatique. Il contribue également à la mise en œuvre des engagements internationaux de la France en faveur de la biodiversité, notamment ceux pris dans le cadre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, adopté en 2022.
Restaurer la nature
pour renforcer la résilience de nos territoires
La nature rend des
services essentiels à nos sociétés : elle fournit l'air que nous respirons,
l'eau que nous buvons, notre alimentation, nos matériaux ou nos médicaments et
contribue à nous protéger des effets du changement climatique. Des écosystèmes
en bon état permettent notamment de limiter les risques d'inondation,
d'atténuer les épisodes de chaleur, de préserver les ressources en eau ou
encore de protéger les littoraux. Restaurer la nature, c'est donc investir dans
la résilience de nos territoires et dans notre qualité de vie.
La France dispose d'un
patrimoine naturel exceptionnel, mais celui-ci est fortement fragilisé par
l'artificialisation des sols, les différentes sources de pollution, la
fragmentation des habitats, le changement climatique ou encore les espèces
exotiques envahissantes.
La restauration des
écosystèmes apporte des solutions concrètes face à la dégradation de la nature.
Il s’agit d’un processus volontaire pour rétablir un écosystème qui a été
dégradé, endommagé ou détruit.
La restauration peut prendre différentes formes
• Réduire ou supprimer les pressions qui
dégradent le milieu
(par exemple les pollutions, le drainage d’une zone humide, la fragmentation de
l’habitat) pour lui permettre de se regénérer naturellement ;
• Intervenir directement pour accélérer sa
récupération,
par exemple en replantant des haies, en remettant en eau une tourbière, en
restaurant le lit d’un cours d’eau ou en désartificialisant un site.
La restauration
écologique ne consiste donc pas à revenir à un état de nature antérieur, mais à
atteindre un état qui permet le bon fonctionnement de l’écosystème et sa
résilience.
Entré en vigueur en août 2024, le règlement européen pour la restauration de la nature engage les États membres à restaurer progressivement les écosystèmes dégradés d'ici 2050, avec des étapes intermédiaires en 2030 et 2040.
Il laisse à chaque État la responsabilité
de définir sa trajectoire nationale en fonction de ses spécificités
écologiques, à travers l’élaboration de plans nationaux pour la restauration de
la nature. Le plan français « Agir pour restaurer la nature » traduit les
objectifs européens et présente les actions à mener pour les atteindre à moyen
et long terme, en tenant compte des spécificités de notre territoire.
Ainsi, le plan « Agir
pour restaurer la nature » prévoit des mesures de restauration pour l'ensemble
des grands écosystèmes :
• les écosystèmes agricoles ;
• les écosystèmes forestiers ;
• les cours d'eau, les zones humides et les
tourbières ;
• les milieux marins et littoraux ;
• les espaces urbains ;
• les habitats naturels d'intérêt communautaire
;
• ainsi que les pollinisateurs, dont le déclin
constitue un enjeu majeur pour la biodiversité et l'agriculture.
Il fixe des objectifs concrets d'ici à 2030, parmi lesquels
• Restaurer 30 % des habitats dégradés
d’intérêt au niveau communautaire, avec une priorité pour les sites du réseau
Natura 2000 ;
• Accompagner la transition agroécologique sur
4 millions d'hectares d'écosystèmes agricoles (soit environ 13% de la surface
nationale consacrée à la production agricole) ;
• Préserver les espaces verts et le couvert
arboré existants
dans plus de 4 200 communes ;
Accélérer la
restauration des cours d'eau, des zones humides, des tourbières, des forêts et
des milieux marins.
Le plan sera finalisé
fin août 2027
Le projet de plan national « Agir pour restaurer la nature » a été remis à la Commission européenne.
Il sera évalué par la Commission européenne et, en parallèle, soumis à l’avis de l’autorité environnementale. Le grand public pourra donner son avis sous la forme d’une participation par
voie électronique en début 2027. Fort de ces retours, le plan sera modifié pour être finalisé d’ici le
31 août
2027.
Sa mise en œuvre est
déjà engagée, et les actions feront l'objet d'un suivi régulier dans le cadre
des échéances prévues par le règlement européen.
« Restaurer la nature,
c'est investir dans notre avenir. En protégeant nos écosystèmes, nous
renforçons la résilience des territoires et des activités économiques face au
changement climatique et améliorons la qualité de vie des Français. Ce plan
traduit l'ambition de la France de faire de la biodiversité un pilier de la
planification écologique. » a déclaré Monique Barbut, ministre de la Transition
écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le
climat et la nature
L’engagement de chacun est essentiel pour relever ce défi majeur de restauration de la santé des écosystèmes. Quelle que soit la question posée, que ce soit pour la nature près de chez soi, ou pour la nature en général, les Français sont invités à donner leur avis en participant à la participation du public par voie électronique à l’automne 2026 : rendez-vous sur le site biodiversité.gouv.fr pour en savoir plus !


