1er Prix des dirigeantes de l’ESS 2026.
Trois femmes
récompensées pour leur impact local
Réemploi des matériaux du bâtiment, valorisation des biodéchets, aide à domicile : trois femmes entrepreneures engagées ont été distinguées à l’occasion de la première édition du Prix des dirigeantes de l’Économie Sociale et Solidaire, co-créé par France Active et Mirova Foundation.
Joanne Boachon, fondatrice de Minéka, Aline
Vieille, gérante de Trivial Compost, et Eva Muringer, cofondatrice de Flavi,
sont les lauréates respectives des catégories « Économie circulaire et réemploi
», « Transition écologique » et « Solidarité ».
Elles reçoivent chacune
une dotation de 5 000 euros pour soutenir le développement de leur projet.
Ces trois lauréates ont été distinguées ce 15 octobre à Paris, à l’occasion du Forum National
des Associations et Fondations (FNAF), parmi neuf finalistes sélectionnées à partir de plus de
50 candidatures remontées par les territoires.
Un nouveau Prix pour
mettre en lumière les femmes qui font bouger l’ESS
Avec cette première
édition du Prix des dirigeantes de l’Économie Sociale et Solidaire, France
Active et Mirova Foundation souhaitent mettre en lumière des femmes qui
développent partout en France des solutions concrètes et utiles face aux grands
défis sociaux et environnementaux.
Les 9 finalistes sélectionnées cette année concouraient dans 3 catégories :
« Économie circulaire et réemploi »,
« Solidarité » et
« Transition écologique ».
Au-delà de l’impact de
leur projet, le Prix entend également valoriser leur capacité à développer de
nouveaux modèles économiques, à agir au plus près des territoires et à faire
vivre les principes de coopération et de gouvernance partagée propres à l’ESS.
Les 3 lauréates ont
reçu chacune 5 000 euros, une somme destinée à accompagner le développement de
leur activité.
Pour France Active, ce
Prix prolonge un engagement de longue date en faveur d’un entrepreneuriat plus
inclusif et d’un meilleur accès des femmes à la création et au développement
d’entreprise.
En phase de création,
près d’1 entrepreneur financé sur 2 par France Active est une femme et 93 % des
femmes entrepreneures soutenues sont toujours en activité 3 ans après leur
création, contre 75% en moyenne nationale (Insee, 2023).
Mirova Foundation,
fonds de dotation de Mirova, soutient quant à elle des initiatives d’intérêt
général favorisant l’émancipation et l’autonomie, autour de trois leviers
prioritaires : l’éducation, l’emploi et l’accès aux ressources essentielles.
Pierre-René Lemas,
président de France Active rappelle : « À travers ce Prix,
nous voulons mettre en lumière des dirigeantes qui apportent des réponses très
concrètes aux besoins de leur territoire et aux grandes transitions que nous
devons mener. Notre rôle est aussi dans un contexte économique plus tendu, de
leur donner les moyens de consolider leur modèle, de changer d’échelle et de
rendre leur action visible auprès du grand public et des médias. Soutenir les
femmes entrepreneures, c’est contribuer à construire une économie à la fois
plus inclusive, plus durable et plus représentative de la société. »
Anne-Claire Roux,
Mirova Foundation, poursuit : « En co-construisant, avec France Active, le
Prix des dirigeantes de l’Économie Sociale et Solidaire, Mirova Foundation a
souhaité créer un dispositif capable de mettre en lumière et d’accompagner des
femmes qui, partout en France, développent des réponses concrètes aux grands
enjeux sociaux et environnementaux, tout en faisant émerger de nouveaux modèles
économiques dans les territoires. Les trois lauréates illustrent pleinement
cette ambition, par la diversité de leurs projets dans les domaines du réemploi,
de la transition écologique et de la solidarité, mais aussi par leur capacité à
entreprendre, à innover et à créer de l’impact au plus près des besoins. En
leur donnant à la fois des moyens, de la visibilité et une reconnaissance, ce
Prix entend contribuer à la consolidation et au changement d’échelle de leur
activité, tout en affirmant la nécessité de soutenir davantage
l’entrepreneuriat des femmes et la construction d’une économie plus inclusive,
plus durable et plus émancipatrice. »
Trois lauréates, trois réponses
concrètes aux transitions sociales et environnementales
1/ Economie circulaire et réemploi : Joanne Boachon - Minéka - Villeurbanne (69)
Donner une seconde vie
aux matériaux du bâtiment
Architecte de
formation, Joanne Boachon souhaitait agir sur son métier et réduire les déchets
du BTP, 1er producteur de déchet en France et intégrer de matériaux de réemploi
dans les projets de construction. Mais elle se heurtait à un obstacle très
concret : l’absence de lieux où se fournir. Elle décide alors de créer
elle-même le maillon manquant.
En 2016, elle fonde à
Villeurbanne, Minéka, une association qui collecte des matériaux destinés à
être jetés sur des chantiers, pour leur offrir une seconde vie et les mettre à
disposition de tous les publics notamment à travers une politique de prix solidaires.
Depuis, Minéka a élargi
son activité au conseil et à la formation des professionnels du secteur. Joanne
Boachon a également participé à la structuration de la filière en contribuant à
la création d’un réseau de matériauthèques à l’échelle régionale (Mataura) puis
nationale.
Implantée dans un
quartier prioritaire de la politique de la ville à Villeurbanne, la structure
emploie aujourd’hui 7 équivalents temps plein. Elle conjugue ainsi économie
circulaire, accessibilité du réemploi, ancrage territorial et dimension
sociale.
2/ Transition Ecologique : Aline Vieille - Trivial
Composte - Besançon (25)
Faire des biodéchets
une ressource au coeur de la ville
Avec Trivial Compost,
Aline Vieille agit pour changer le regard porté sur les déchets organiques et
faire du compostage une pratique accessible au plus grand nombre.
Créée initialement sous
forme associative en 2010, la structure devient fin 2022 une Société
coopérative ouvrière de production (Scop) agréée Entreprise solidaire d’utilité
sociale (ESUS). Historiquement partenaire du syndicat intercommunal local pour
développer le compostage en pied d’immeuble, elle est progressivement devenue
un acteur de la prévention et du traitement local des biodéchets.
En tant que gérante,
Aline Vieille pilote le développement économique, les partenariats et les
marchés publics, tout en continuant à participer régulièrement aux collectes
aux côtés de son équipe.
Trivial Compost a
aujourd’hui diversifié son activité : collecte de biodéchets, compostage,
location de toilettes sèches, formation, conseil et lutte contre le gaspillage
alimentaire. La structure compte huit salariés, soit 6,7 équivalents temps
plein.
3/ Solidarité / Eva Muringer - Flavi - Montpellier (34)
Sécuriser les familles
et redonner de la valeur aux métiers de l’aide à domicile
L’histoire de Flavi
naît d’une expérience personnelle. Enseignante universitaire, Eva Muringer est
confrontée aux difficultés rencontrées par sa propre mère, devenue aidante de
sa grand-mère après une perte soudaine d’autonomie.
Face aux fragilités du
secteur de l’aide à domicile, elle cherche une réponse permettant à la fois de
sécuriser les familles et de mieux reconnaître les auxiliaires de vie. Sa
rencontre avec Flavie, auxiliaire de vie sociale expérimentée travaillant en emploi
direct depuis quinze ans, sera déterminante.
En 2021, elles créent
Flavi, entreprise de l’Économie Sociale et Solidaire, qui associe un organisme
de formation destiné aux aidants employeurs et aux auxiliaires de vie sociale à
une plateforme de mise en relation de confiance.
L’objectif : permettre aux
professionnels d’exercer leur métier dans de meilleures conditions tout en
accompagnant les familles à chaque étape du maintien à domicile.
À travers la formation, l’accompagnement et la valorisation de métiers encore trop souvent marqués par la précarité, Flavi entend contribuer à construire un modèle d’aide à domicile plus sécurisé, plus juste et plus durable.


