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[Initiatives] Après l’été des records, les territoires appellent à une nouvelle politique alimentaire

Déclaration des Assises territoriales de l’agroécologie et de l’alimentation

L’alimentation, un sujet politique de souveraineté et de pouvoir d’achat

À quelques mois des grandes échéances politiques nationales, 1 500 participants réunis à Dijon venus de toute la France, représentants des collectivités, acteurs agricoles, chercheurs, entreprises, associations et institutions engagés dans la transition alimentaire, appellent à sortir l’alimentation de la seule gestion des crises agricoles. Car derrière notre assiette se jouent des questions de souveraineté, de santé publique, de gestion de l’eau, d’aménagement du territoire, de pouvoir d’achat, de rémunération des agriculteurs et de résilience face aux crises climatiques et géopolitiques. L’été 2026 nous a rappelé notre vulnérabilité. Dijon 2026 veut organiser notre capacité d’action.


À l’issue de deux jours de débats, une nouvelle Déclaration et 18 propositions dessinent une même ambition : donner aux territoires un cadre national et européen cohérent qui fasse de la résilience et de la souveraineté alimentaires une priorité politique.

 

Après le temps des expérimentations, celui du changement d’échelle

Avec 53 jours de vague de chaleur, une sécheresse des sols record et 67 départements placés en situation de crise pour l’eau, l’été 2026 rappelle une évidence : notre capacité à nous nourrir dépend directement de notre capacité à préserver l’eau, les sols, la biodiversité et les conditions économiques de la production agricole.

 

Depuis plus de dix ans, les territoires expérimentent des solutions : projets alimentaires territoriaux, filières locales, restauration collective, protection du foncier, coopérations entre producteurs et collectivités ou encore démocratie alimentaire. Les solutions existent ; l’enjeu est désormais de les changer d’échelle.

 

C’est l’un des constats majeurs des Assises territoriales de l’agroécologie et de l’alimentation : leur déploiement reste freiné par le manque de moyens pérennes, des cadres réglementaires inadaptés et une articulation insuffisante entre politiques agricoles, alimentaires, sanitaires et environnementales, ainsi qu’entre échelles.

 

Le budget sera un premier test

Changer d’échelle suppose de poser la question des moyens et, plus encore, de leur allocation. Alors que se préparent les prochains choix budgétaires nationaux et européens, les acteurs réunis à Dijon appellent à mieux orienter les financements publics vers la prévention et la transformation du système alimentaire.

 

Transition écologique et maîtrise de la dépense publique ne peuvent plus être pensées séparément. Le système alimentaire actuel génère déjà au moins 19 milliards d’euros de dépenses publiques chaque année du fait de ses impacts sur la santé, la cohésion sociale, le climat, la biodiversité, l’eau ou les sols. Dans le même temps, près de 50 milliards d’euros de financements publics soutiennent chaque année le système alimentaire. L’enjeu est donc aussi budgétaire : mieux orienter aujourd’hui les dépenses publiques pour éviter de financer demain les conséquences de nos choix.

 

Philippe Lemanceau, Président des Assises territoriales de l’agroécologie et de l’alimentation, rappelle : « Les territoires sont en première ligne pour agir, mais face aux crises climatiques, sociales et géopolitiques que nous traversons, ils ont besoin d’un cadre politique clair et d’un soutien à la hauteur des enjeux pour faire évoluer durablement nos modes de production et de consommation ».

 

Cette logique de prévention peut aussi s’appuyer sur un levier déjà entre les mains des collectivités : la commande publique.

 

La restauration collective représente à elle seule plus de 8 milliards d’euros de financements publics chaque année et peut contribuer directement à structurer des filières territoriales, soutenir les producteurs et accélérer la transition agroécologique.


18 propositions, 5 priorités

La déclaration de Dijon décline ce pouvoir d’agir en 18 propositions. A l’issue de deux jours de débats et de vote lors des Assises, 5 priorités structurantes ont été identifiées :

•   Une approche globale « Une seule santé » pour guider les politiques publiques

•   Des territoires dotés des moyens d’agir

•   Des filières locales pour renforcer la résilience

•   Une juste répartition de la valeur

•   Des échanges commerciaux au service d’une véritable souveraineté alimentaire

 

Une feuille de route pour agir dans la durée

Ces cinq priorités constituent désormais une feuille de route des Assises. Dans les prochains mois, leur Secrétariat poursuivra le travail engagé à Dijon pour préciser les leviers d’action aux différentes échelles, organiser leur changement d’échelle et porter ces propositions auprès des décideurs nationaux et européens.

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