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[Etudes] Le marché des SCPI en baisse au T3 2026, pénalisé par les bureaux

Le troisième trimestre 2026 marque un recul du marché des SCPI après cinq trimestres consécutifs de performance positive.

 

L’indice Ramify SCPI Index (RSCPI) recule de 0,82 % sur le trimestre, sous l’effet de baisses de prix de parts concentrées sur les SCPI historiques de bureaux.
Les revenus distribués restent stables, mais ne compensent plus ces dévalorisations. Les autres segments conservent toutefois une performance positive, confirmant un marché à deux vitesses.

 

Ramify SCPI Index T3 2026 : les chiffres à retenir

·         Performance globale RSCPI : - 0,82 %

·         Revalorisation des parts en baisse : - 1,86 %

·         Taux de distribution net moyen : +1,05 %

·         SCPI Logistique en tête : performance sectorielle de +1,60 %

 

Au troisième trimestre 2026, la performance globale mesurée par l’indice RSCPI recule, après +1,06 % au trimestre précédent. Il s’agit du premier trimestre négatif depuis le T1 2025 (-2,65 %), mettant fin à cinq trimestres consécutifs de performance positive.

 

La contribution des loyers distribués reste stable à +1,05 %, tandis que l’effet lié aux prix de parts devient nettement négatif, à -1,86 %. Les revenus distribués ne suffisent donc pas à compenser les baisses de prix de parts, ce qui explique la performance négative de l’indice.

 

Ce mouvement résulte des baisses de prix de souscription de six SCPI, comprises entre -10,4 % et -16,8 %, annoncées entre fin juillet et début septembre à la suite des expertises au 30 juin. Cinq sont majoritairement investies en bureaux : Génépierre, Edissimmo, Rivoli Avenir Patrimoine, Elysées Pierre et Efimmo 1. La sixième, Praemia Hôtels Europe, pèse sur le segment diversifié, avec une baisse de prix qui vise avant tout à relancer la collecte. À l’inverse, les revalorisations d’ActivImmo (+0,57 %), de Reason (+1,98 %), d’Iroko Zen (+0,49 %) et d’Osmo Énergie (+2,00 %) restent insuffisantes pour compenser ces baisses.

 

Le trimestre souligne ainsi la poursuite de l’ajustement des valorisations des SCPI de bureaux, alors que les revenus distribués demeurent stables.

 

Période

Revalorisation moyenne

Loyers distribués

Performance globale

T3 2023

-2,87 %

+1,01 %

-1,86 %

T4 2023

-0,60 %

+1,20 %

+0,60 %

T1 2024

-1,96 %

+1,07 %

-0,89 %

T2 2024

-0,24 %

+1,11 %

+0,87 %

T3 2024

-1,53 %

+1,10 %

-0,43 %

T4 2024

-0,80 %

+1,17 %

+0,37 %

T1 2025

-3,67 %

+1,02 %

-2,65 %

T2 2025

+0,01 %

+1,10 %

+1,11 %

T3 2025

+0,04 %

+1,11 %

+1,15 %

T4 2025

-0,01%

+1,03 %

+1,02 %

T1 2026

+0.002%

+1,0%

+1,0%

T2 2026

+0.006%

+1,05%

+1,06%

T3 2026

-1.86%

+1,05%

-0.82%

Sources : Pierrepapier.fr; Ramify SCPI Index T2 2026

La logistique prend la tête, tandis que les bureaux enregistrent un recul

La Logistique s’impose comme le meilleur segment du trimestre, avec une performance de +1,60 %.

Elle bénéficie à la fois d’un niveau de loyers distribués élevé (+1,22 %) et d’une contribution positive des prix de parts (+0,38 %), portée notamment par la revalorisation d’ActivImmo au 1er juillet.

Le segment dépasse ainsi le Diversifié, en tête au trimestre précédent.

 

Derrière, les SCPI diversifiées restent le segment le mieux distribué du trimestre (+1,24 %). Leur performance ressort toutefois à +1,09 %, pénalisée par une revalorisation moyenne légèrement négative (-0,15 %) : la baisse de Praemia Hôtels Europe (-11,76 %) a plus que compensé les hausses d’Iroko Zen, Reason et Osmo Énergie.

 

Le Résidentiel (+1,22 %), les Hôtels (+1,09 %) et les Commerces (+1,07 %) affichent des performances proches, intégralement portées par les loyers distribués, les prix de parts étant restés stables sur le trimestre.

 

La Santé affiche une performance de +0,82 %, intégralement portée par les loyers distribués, dont le niveau reste le plus faible de l’univers sur le trimestre.

 

Les Bureaux sont le seul segment en recul, avec une performance de -2,31 %. La revalorisation moyenne de -3,30 % efface largement des loyers distribués de +0,99 %. Le segment concentre l’essentiel des baisses de prix du trimestre, avec les dévalorisations de Génépierre, Edissimmo, Rivoli Avenir Patrimoine, Elysées Pierre et Efimmo 1.

 

Dans l’ensemble, la hiérarchie sectorielle du T3 2026 ne dépend plus seulement des écarts de distribution, comme c’était le cas au trimestre précédent. L’effet prix redevient déterminant : il soutient la Logistique et pénalise fortement les Bureaux et, dans une moindre mesure, le Diversifié, tandis que les autres segments restent portés par leur seul rendement courant.


Performances par segment 

Secteur

Revalorisation moyenne

Loyers distribués

Performance globale

Globale

-1,862 %

1,045 %

-0,817 %

Résidentiel

0,000 %

1,215 %

1,215 %

Commerces

0,000 %

1,072 %

1,072 %

Santé

0,000 %

0,822 %

0,822 %

Diversifié

-0,153 %

1,241 %

1,088 %

Bureaux

-3,295 %

0,989 %

-2,306 %

Hôtels

0,000 %

1,086 %

1,086 %

Logistique

0,380 %

1,223 %

1,603 %

Sources : Pierrepapier.fr; Ramify SCPI Index T2 2026

Une liquidité toujours contrastée selon les véhicules

 

Depuis le début de l’année 2026, onze SCPI historiques ont suspendu la variabilité de leur capital, rejoignant Novapierre Résidentiel, qui avait engagé cette démarche en 2025. Ces douze véhicules représentent près de 16 milliards d’euros de capitalisation.

 

Sur leurs marchés secondaires, les SCPI ayant enregistré des échanges affichent des décotes supérieures à 50 % par rapport à leur dernier prix de souscription. Ces décotes concernent toutefois une fraction très réduite du capital : hors Novapierre Résidentiel, les volumes échangés depuis la suspension représentent moins de 0,25 % des parts de chaque SCPI.

 

L’ouverture de ces marchés permet ainsi d’établir des prix de transaction, sans pour autant rétablir une liquidité suffisante. Les situations restent hétérogènes, avec des signes d’amélioration pour certains véhicules et des échanges toujours très limités, voire inexistants, pour d’autres.

 

Des conditions de financement qui pèsent sur les valorisations

 

Le troisième trimestre a été marqué par une remontée des taux et une accélération de l’inflation en zone euro, à 3,8 % en septembre. Dans ce contexte, la Banque centrale européenne a relevé ses trois taux directeurs de 0,25 point le 10 septembre, portant le taux de dépôt à 2,50 %.

 

Pour les SCPI, cet environnement maintient une pression sur les valorisations et renchérit le financement. Il peut toutefois créer des opportunités d’acquisition à prix réajustés pour les véhicules qui disposent de collecte et investissent avec peu ou pas de dette.

 

Les SCPI récentes peuvent notamment bénéficier d’une plus grande flexibilité pour investir, tandis que les véhicules historiques exposés aux bureaux restent confrontés à un ajustement de leurs valorisations.

 

Une reprise immobilière inégale, dans l’attente des expertises de fin d’année

 

En France, l’investissement en immobilier d’entreprise atteint 3,4 milliards d’euros au troisième trimestre 2026, en hausse de 21 % sur un an, et 10,3 milliards depuis janvier (+16 %). Cette progression reste toutefois concentrée : moins de dix transactions supérieures à 100 millions d’euros représentent la moitié des volumes investis sur le trimestre.

 

Les bureaux franciliens demeurent sous pression, avec une baisse de 26 % sur un an des surfaces louées ou achetées par les utilisateurs et une progression de 8 % des surfaces vacantes disponibles.

La logistique connaît également un ralentissement de l’activité, malgré la poursuite de la hausse des loyers des actifs les mieux situés et de meilleure qualité.

 

Les expertises de fin d’année constitueront une prochaine échéance déterminante. Un nouveau recul des valeurs des bureaux pourrait entraîner d’autres baisses de prix de parts début 2027, dans un marché où la qualité des actifs, la diversification et la maîtrise de l’endettement restent essentielles.

 

Concusion de Samy Ouardini, cofondateur de Ramify : « Les SCPI restent un placement de rendement, et ce trimestre le confirme : les loyers ont été versés à un niveau stable. Mais l'évolution du prix des parts varie d'une SCPI à l'autre : l'ajustement reste essentiellement concentré sur les SCPI historiques de bureaux, tandis que les autres segments conservent une performance positive. Ces écarts soulignent l'importance d'examiner la qualité du patrimoine et les conditions de liquidité. Pour les SCPI qui disposent de collecte et de marges de manœuvre financières, ce marché peut aussi offrir des opportunités d'acquisition à des prix réajustés. »

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