Alors que la France connaît un nouvel épisode caniculaire d’une intensité exceptionnelle, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a annoncé le mercredi 24 juin au Sénat vouloir réserver 50 % du Fonds vert aux collectivités de petite taille.
Après avoir exprimé
leur inquiétude face à la diminution des crédits du Fonds vert ces dernières
années, cette déclaration interpelle les élus des grandes villes,
agglomérations et métropoles sur la cohérence de la stratégie collective
d’adaptation au changement climatique.
Depuis plusieurs jours,
ils sont en première ligne pour protéger les habitants face à une situation
d’urgence climatique et sanitaire qui les impacte tout particulièrement.
Si l’ensemble des
territoires est confronté à des défis croissants liés au dérèglement climatique
et ont besoin d’un renforcement de leurs capacités d’actions pour y faire face,
les territoires urbains figurent parmi les plus fortement exposés aux effets
des vagues de chaleur. Les travaux de Météo-France, du Cerema et de nombreux
acteurs publics montrent que les phénomènes d’îlots de chaleur urbains exposent
les espaces densément peuplés à des températures significativement plus
élevées.
C’est dans ces
territoires que vivent, travaillent et étudient plusieurs dizaines de millions
de Français, que se concentrent les publics les plus vulnérables et que les
besoins d’investissement pour l’adaptation sont donc les plus massifs :
végétalisation des espaces publics, désimperméabilisation des sols, rénovation
des équipements publics, adaptation des écoles, développement des réseaux de
froid urbain ou sécurisation de la ressource en eau.
Malgré les efforts
engagés depuis de nombreuses années en ce sens, et en dépit de la mobilisation
des élus des grandes villes et agglomérations ces derniers jours au service de
leurs habitants, la combinaison des îlots de chaleur urbains, d’un parc bâti encore
largement à rénover, de fortes vulnérabilités sociales et de réseaux
d’infrastructures soumis à de fortes contraintes rend indispensable la
poursuite et l’amplification des investissements d’adaptation.
L’atteinte des
objectifs nationaux de transition écologique ne pourra se faire sans une
mobilisation forte de ces territoires qui concentrent deux tiers des émissions
de gaz à effet de serre mais disposent également de leviers majeurs pour les
réduire : mobilités, habitat, rénovation énergétique, aménagements fonciers,
économie circulaire, réseaux de chaleur et décarbonation des activités
économiques.
L’allocation des
financements de l’Etat aux actions de transition écologique doit répondre à une
logique d’efficacité et d’impact au bénéfice des populations. Instaurer une
forme de hiérarchie entre les territoires n’est pas cohérent avec les enjeux
propres au changement climatique.
Face à l’urgence climatique, France urbaine appelle ainsi le Gouvernement à préserver une approche équilibrée de la répartition du Fonds vert, permettant d’accompagner l’ensemble des collectivités tout en tenant compte des enjeux spécifiques auxquels sont confrontés les territoires les plus exposés.


