… mais la
France doit accélérer sa décarbonation pour atteindre ses objectifs climatiques.
Le Centre
interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (Citepa)
publie aujourd'hui l'édition 2026 de son inventaire national des émissions de
gaz à effet de serre présentées par grands secteurs d'activité (rapport
Secten). Référence officielle pour le suivi de la trajectoire climatique de la
France, cet inventaire confirme la poursuite de la baisse des émissions
nationales, avec une diminution de -3,0 % en 2024 par rapport à 2023 et une
première estimation de -2,2 % en 2025 par rapport à 2024.
Avec des émissions au
plus bas niveau depuis 1990, ces résultats prolongent la dynamique de réduction
des émissions de la France et témoignent de l'efficacité des politiques
engagées ces dernières années pour réduire notre dépendance aux énergies
fossiles et décarboner notre économie.
Une dynamique de baisse qui se confirme
Selon les données
consolidées du Citepa, les émissions françaises de gaz à effet de serre hors
puits de carbone s'établissent à 367,0 MtCO₂e en 2024, en baisse de
-3,0 % par rapport à 2023. Cette diminution est plus marquée que celle
anticipée à hauteur de -1,8 % par les premières estimations publiées dans le
rapport Secten de 2025.
Pour 2025, l’estimation
provisoire des émissions est de 359,4 MtCO₂e, soit une nouvelle
baisse de -2,2 % entre 2025 et 2024 et le niveau le plus faible observé depuis
1990, permettant d’atteindre une réduction cumulée des émissions de -34,3 %
depuis 1990, ce qui la place parmi les pays européens les plus avancés dans la
transition climatique.
Pour le premier
trimestre 2026, la baisse des émissions pourrait atteindre -5,2 % par rapport
au premier trimestre 2025, avec un recul net des émissions des bâtiments et des
transports, incluant en partie des premiers effets du contexte géopolitique.
Depuis plusieurs années, la baisse des émissions s’accélère, avec un rythme moyen de réduction de
-2,8 % par an entre 2017 et 2025, contre -0,6 % par an sur la période
1990-2016. Les années 2024 et 2025 montrent cependant un léger ralentissement
du rythme de baisse par rapport aux années précédentes.
Une mobilisation de
tous les secteurs
Tous les grands
secteurs émetteurs contribuent à la baisse observée des émissions. En 2024, la
diminution est principalement portée par le secteur de l'énergie (près de la
moitié de la baisse), ainsi que par l'industrie manufacturière, les transports,
les bâtiments, l'agriculture et les déchets.
En 2025, l'industrie
manufacturière représente la principale contribution à la baisse nationale.
Cette évolution reflète à la fois les efforts de décarbonation engagés par les
industriels, mais également des baisses de production dans certains secteurs fortement
exposés à la concurrence internationale.
Les dispositifs
déployés dans le cadre de la loi Industrie verte et de France 2030 participent
à cette ambition en soutenant les investissements industriels bas-carbone et
les innovations permettant de réduire durablement les émissions.
La production abondante
d’électricité bas-carbone, levier majeur de décarbonation
Les résultats de
l'inventaire illustrent l'importance d'un système électrique décarboné pour
atteindre nos objectifs climatiques. En 2024, près de la moitié de la baisse
nationale des émissions est portée par le secteur de l'énergie, grâce au retour
à un haut niveau de disponibilité du parc nucléaire et à une production
renouvelable soutenue. Cette évolution a permis de réduire fortement le recours
aux centrales thermiques fossiles, dont la production atteint un niveau
historiquement bas.
Cette performance
confirme la pertinence de la stratégie française fondée sur un mix électrique
robuste, associant nucléaire et énergies renouvelables, dont les orientations
sont fixées par la PPE 3, publiée en février 2026.
Accélérer pour
atteindre l'objectif de 2030 grâce à l’électrification des usages
Si ces résultats confirment les progrès réalisés par la France, ils rappellent aussi les défis qui demeurent à relever. Pour atteindre l'objectif national de réduction de -50 % des émissions nettes de gaz à effet de serre d'ici 2030 par rapport à 1990, le rythme de baisse devra désormais atteindre environ -5 % par an entre 2024 et 2030. L’adoption prochaine de la nouvelle édition de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3) permettra de fixer une feuille de route claire pour les prochaines années et de renforcer la mobilisation de l'ensemble des secteurs économiques autour de cet objectif.
Le plan national d'électrification présenté
au printemps 2026 contribuera à cette baisse d’émissions en favorisant le
remplacement progressif des équipements utilisant des combustibles fossiles par
des solutions électriques performantes et compétitives.
À propos du rapport Secten et du suivi des émissions par le Citep
Le rapport Secten est le rapport de référence officiel, présentant en détail les émissions annuelles de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques en France, depuis 1990, par secteur et sous-secteur d’activité. Il permet de suivre le respect des engagements de la France de réduction des émissions. L‘édition 2026 analyse les données des années 2024 et 2025 afin de disposer des estimations les plus récentes, d’actualiser le suivi de la trajectoire d’évolution des émissions et d’évaluer les progrès réalisés par la France au regard de ses objectifs climatiques et de qualité de l’air.
Le baromètre du Citepa
s’inscrit dans la continuité du rapport Secten en apportant un suivi plus
régulier et actualisé de l’évolution des émissions, tandis que le rapport
Secten constitue la référence annuelle consolidée permettant d’analyser en
détail les tendances, les secteurs émetteurs et le respect des trajectoires de
réduction fixées par la France.
Conclusion de Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature : « Ces résultats montrent que la France avance et tient le cap. Nous réduisons nos émissions de gaz à effet de serre tout en accélérant la transformation de notre économie vers un modèle plus sobre, plus compétitif et plus résilient. Cette dynamique est le fruit d’un engagement collectif. Elle doit désormais s’amplifier pour atteindre les objectifs fixés pour 2030. La transition écologique n’est pas une option : c’est le choix d’un avenir durable, que nous construisons avec détermination. »


