Une fausse solution pour la
réduction de la consommation de plastique.
Pour la première fois,
l’ensemble des associations d’élus, mais aussi des associations de défense des
consommateurs, des associations environnementales, et des fédérations
d’industriels du recyclage se sont unies lors d'une conférence de presse pour
rejeter catégoriquement le projet gouvernemental de consigne pour recyclage des
bouteilles en plastique.
Une solution illusoire
aux multiples écueils
Une concertation sur ce
sujet, remis sur le devant de la scène par le Président de la République, est
censée être menée avec les différents acteurs, sous l’autorité du ministre
délégué, Mathieu Lefèvre. Mais le gouvernement, sourd aux arguments des associations,
continue à laisser entendre que cette proposition – qui n’a de consigne que le
nom – fait partie des solutions pour améliorer les taux de recyclage des
bouteilles en plastique.
Les organisations
représentées réaffirment que la consigne pour recyclage est une fausse bonne
idée à tous les points de vue :
• un échec environnemental. Loin de réduire la
production de plastique – objectif central pour limiter la pollution et notre
dépendance pétrolière –, cette mesure renforcerait au contraire l'usage des
bouteilles jetables en ancrant leur présence dans les habitudes de consommation
;
• un piège pour les consommateurs. La promesse d'un
remboursement de 20 centimes par bouteille s'apparente à un leurre. Tous les
consommateurs (notamment ruraux ou précaires) n'auront pas accès aux points de
collecte, créant une inégalité territoriale. Les prix des produits augmenteront
mécaniquement, tandis que les industriels empocheront une double rente : la
consigne non récupérée et la matière recyclée. Les contribuables paieront deux
fois : via leurs impôts (financement du service public des déchets) et via
cette consigne ;
• un déni des enjeux réels. La « taxe plastique »
européenne à hauteur d’1,5 milliard d’euros payée par la France ne dépend que
marginalement des bouteilles en plastique (10 % des emballages plastiques), et
la consigne sur les bouteilles en plastique, un des produits les mieux triés
par les citoyens, ne résoudrait pas la problématique liée aux autres emballages
plastiques ;
• une menace pour le service public. Ce système
privatiserait une partie de la gestion des déchets, aujourd'hui assurée par les
collectivités au nom de l'intérêt général. Il perturberait aussi le geste de
tri unique (un seul bac pour tous les emballages), généralisé en 2021 après des
années d'efforts pédagogiques.
Un plan alternatif
proposant des solutions concrètes
Depuis 2023, les
associations nationales d’élus proposent un plan en 14 mesures pour atteindre
les objectifs européens de recyclage et de réduction des plastiques. Elles
exigent que le Gouvernement abandonne ce semblant de concertation et s'engage
enfin sur des solutions concrètes :
• diviser par deux la mise sur le marché des
bouteilles plastiques d'ici 2030, en mettant en place des malus financiers à la
charge des industriels en fonction des écarts avec l’objectif, conformément au
principe pollueur-payeur ;
• généraliser le geste de tri unique « partout,
pour tous et tout le temps », en permettant aux citoyens de pouvoir trier leurs
emballages y compris en-dehors du foyer (gares, festivals, cinémas, espace
public, restauration, etc.) ;
• l’arrêt de la commercialisation d’ici 2030
des emballages non-recyclables, en contraignant réellement les industriels à
respecter le droit européen ;
• faire de la lutte contre les déchets
abandonnés et les dépôts sauvages une grande cause nationale.
Si leurs propositions restent lettes mortes, ces acteurs ne resteront pas sans réaction et intensifieront leur mobilisation contre ce projet.


