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[Expertises] Classement : où les Français ont le plus peur des cyberattaques Les territoires ruraux les plus sensibles aux risques cyber

Selon les données publiées par la Banque de France et l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, le montant total des fraudes aux moyens de paiement a progressé de 7,4 % au premier semestre 2025 par rapport au premier semestre 2024, atteignant 618,4 millions d’euros.

La fraude par manipulation, notamment les escroqueries aux faux conseillers bancaires et les techniques de phishing, connaît une forte hausse, portée par le développement de l’ingénierie sociale.

 

Dans ce contexte, Abilene Academy, organisme de formation certifiante en cybersécurité et gestion des risques, a analysé les volumes de recherches Google liés aux arnaques, malwares, piratages et usurpations d'identité. Son objectif : identifier les départements où l'inquiétude est

la plus forte.

 

 

Classe-

ment

Département

Nombre total de recherches mensuelles par 10 000 habitants

1

Aveyron

399

2

Ardennes

389

3

Indre

264

4

Tarn

260

5

Nièvre

223

6

Bouches-du-Rhône

185

7

Ain

159

8

Haute-Loire

157

9

Deux-Sèvres

155

10

Cher

149

 

 

*Les données présentées ci-dessus correspondent au volume moyen de recherches mensuelles pour chaque catégorie : fraude bancaire et paiements, malwares et cybersécurité, phishing et scams, usurpation d’identité, prévention et piratage

de comptes.

**Ces données ont été collectées le 22 mai 2026 et sont exactes à cette date.

 

1. L’Aveyron

L'Aveyron domine largement le classement avec 399 recherches mensuelles pour 10 000 habitants, soit +1 108 % au-dessus de la moyenne nationale. Avec 11 150 recherches mensuelles au total, le département affiche une intensité d’inquiétude très élevée malgré une population relativement faible.

Comparé aux Bouches-du-Rhône, l’Aveyron affiche un niveau de recherches deux fois supérieur, alors que face à Paris ou au Rhône, l’écart devient vertigineux : entre vingt et vingt-cinq fois plus élevé. Rapportée à la moyenne nationale, l’intensité est douze fois supérieure. Cette forte hausse peut être rapprochée de la médiatisation de cyberattaques récentes visant des entreprises locales (phishing et vols de données), qui ont fortement circulé dans la région.

 

2. Les Ardennes

Les Ardennes se placent en deuxième position avec 389 recherches pour 10 000 habitants, soit +1 080 % par rapport à la moyenne nationale. Avec environ 10 350 recherches mensuelles, le département se distingue par une exposition particulièrement forte aux faux conseillers bancaires, aux SMS frauduleux et aux arnaques téléphoniques.

Le niveau d’inquiétude est quasiment identique à celui de l’Aveyron, ce qui montre que la problématique dépasse largement les frontières régionales. Les Ardennes affichent un volume de recherches dix à onze fois supérieur à la moyenne nationale, révélant un territoire où la cybersécurité est devenue un sujet de préoccupation quotidienne, presque structurelle.

 

3. L’Indre

L’Indre atteint 264 recherches pour 10 000 habitants, soit +699 % par rapport à la moyenne nationale. Le département se situe clairement dans le haut du classement, porté par une forte proportion de recherches liées au phishing, aux comptes piratés et aux arnaques bancaires. Le département affiche un niveau huit fois supérieur à la moyenne nationale, ce qui le place très au-dessus des départements urbains.

 

4. Le Tarn

Le Tarn enregistre 260 recherches pour 10 000 habitants, soit +689 % de différence avec la moyenne nationale. Une dynamique qui intervient alors que la cyberattaque contre Basic-Fit a récemment relancé les inquiétudes autour des données personnelles dans le département.

Dans un département où les salles de sport, les commerces et les services en ligne sont devenus des points d’entrée numériques du quotidien, l’idée que des données personnelles puissent être compromises a eu un effet domino. Le niveau du Tarn est quasiment identique à celui de l’Indre et largement supérieur à la majorité des départements français. Il représente près de huit fois la moyenne nationale.

 

5. La Nièvre

La Nièvre affiche 223 recherches pour 10 000 habitants, soit +577 % par rapport à la moyenne nationale. Ce niveau suggère une vigilance importante face aux fraudes numériques, notamment les escroqueries par téléphone et les tentatives de phishing.

 

Où se situe Paris ?

Paris se retrouve tout en bas du classement, avec seulement 14 recherches pour 10 000 habitants, soit -58 % par rapport à la moyenne nationale. Avec 2 950 recherches mensuelles pour plus de deux millions d’habitants, la capitale affiche un niveau d’inquiétude numérique étonnamment faible, presque déroutant lorsqu’on le compare à l’intensité observée dans les territoires ruraux ou semi ruraux.

Paris est l’un des territoires les plus exposés aux cyberattaques, qu’il s’agisse de tentatives de phishing, de fraudes bancaires ou de compromissions de données. Pourtant, cette exposition ne se traduit pas par une hausse des recherches anxieuses. Au contraire, la capitale semble absorber les incidents numériques avec une forme de normalité presque désarmante.

 

Henri Haenni*, expert en cybersécurité, formateur et fondateur d’Abilene Academy s’exprime sur les résultats : « Les cyberattaques reposent de moins en moins sur des failles techniques et de plus en plus sur l’industrialisation de la manipulation. Le phishing est aujourd’hui automatisé, personnalisé et déployé à grande échelle grâce à l’intelligence artificielle.

Les différences observées entre départements ne reflètent pas des attaques différentes, mais des réactions et des niveaux de vigilance variables selon les territoires. Dans certains espaces ruraux, ces sujets peuvent susciter davantage de recherches car ils sont moins présents dans le quotidien numérique, tandis que dans les grandes zones urbaines, une exposition plus fréquente peut entraîner une forme de banalisation.

Paris illustre bien ce phénomène : la capitale est fortement ciblée, mais elle fait partie des territoires où les recherches liées à ces sujets restent relativement faibles. Cela s’explique notamment par un écosystème numérique plus mature et un accès plus large à l’information et aux outils de protection. Rapporté à la population, l’effet de densité contribue également à lisser les volumes de recherches.

Au final, la cybermenace est globalement homogène, mais les comportements de recherche varient selon les usages numériques et le niveau de familiarité avec ces risques. »

 

*Henri Haenni est reconnu pour son expertise en cyberdéfense, gestion des risques et sensibilisation du grand public. Il intervient régulièrement auprès d’entreprises, d’administrations et d’établissements éducatifs. 

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