Après un ralentissement en 2025, la consommation responsable retrouve un nouvel élan : le Baromètre GreenFlex-ADEME 2026 met en lumière un regain d’intérêt et de mobilisation chez les citoyens. Dans ce contexte, l’alimentation s’impose comme un sujet d’inquiétudes, mais aussi d’engagements concrets pour les consommateurs.
La santé, moteur du changement d’habitudes
Parmi les diverses préoccupations des Français (santé, bien-être, coût
de la vie, sécurité, bonheur, environnement, travail), la santé renforce sa
première place de manière significative :
70 % des répondants la citent dans leur top 3 des préoccupations, contre 66%
l’année dernière.
Au regard de cette priorité, la consommation responsable a toute sa
place : parmi les raisons qui inciteraient le plus à faire
des choix de consommation plus responsables, « la santé et le bien-être
personnel » arrivent également en premiers (cités par 80% des répondants),
devant « le bien de la planète et l’environnement » (74%), « l’avenir des
générations futures » (70%) et « la préservation des espèces animales » (61%).
Cette priorité se traduit par une vigilance forte, notamment concernant
l’alimentation :
• 65% des Français disent se renseigner régulièrement ou
systématiquement sur la présence d'additifs et de
conservateurs avant d'acheter un produit (sur l'emballage, avec une
application, etc.), en hausse de 8 points par rapport à 2023.
• la question des pesticides cristallise fortement les craintes : 8 Français sur 10 s’inquiètent de leur présence dans leur alimentation.
Les choix alimentaires sont ainsi guidés par le principe de précaution :
3/4 des Français indiquent que, lorsqu’ils ont un doute sur l’impact d’un
produit alimentaire sur la santé, ils ne l’achètent pas.
Reprendre la maîtrise de son alimentation : des efforts à domicile, des
attentes fortes hors foyer
Face à ces inquiétudes, les Français cherchent à reprendre la main :
pour 85% des consommateurs, cuisiner permet de maîtriser la qualité (sanitaire,
nutritionnelle…) des ingrédients qu’ils consomment. Les Français semblent
volontaires, puisqu’ils sont 61% à souhaiter apprendre à mieux cuisiner.
Les résultats 2026 mettent également en avant une évolution des
pratiques alimentaires sur 5 ans : le flexitarisme (2 portions classiques de
viande ou poisson par semaine environ ou moins) déclaré progresse, passant de
28 % des répondants en 2021 à 37 % en 2026.
Hors de leur domicile, les citoyens attendent une transformation plus
forte des pratiques de la restauration commerciale et collective, afin de
poursuivre les efforts réalisés à la maison :
• l’offre responsable est jugée encore insuffisante : 76% des Français aimeraient que les restaurants / cantines leur proposent
plus de produits locaux ou bio, et 55% davantage d’options équilibrées sans
viande ni poisson (+ 10 points par rapport à 2021)
• davantage de transparence est également attendue : 73% des Français aimeraient avoir plus d’informations sur ce qu’ils
mangent lorsqu’ils ne cuisinent pas (origine, conditions de production, etc.)
Une reprise de l’engagement personnel qui renforce encore le regard
critique envers les acteurs
L’attention portée à l’alimentation s’inscrit dans un mouvement plus
large de reprise significative de l’engagement en faveur de la consommation
responsable : 77 % des individus se considèrent engagés (faisant « tout leur
possible ») ou concernés par la consommation responsable, contre 73% en 2025.
En parallèle, les attentes envers les entreprises et la remise en cause
de la société de consommation continuent de s’intensifier :
• 81% des Français estiment que les
entreprises doivent changer leur modèle pour ne pas chercher la croissance
économique à tout prix (+ 5 points vs 2025)
• 87% des Français estiment que les
entreprises et les marques incitent à la surconsommation (par la publicité, en
proposant des nouveautés, etc.) (+ 4 points vs 2025)
« Dans le contexte actuel de succession de crises sanitaires, les
Français expriment une inquiétude légitime vis-à-vis de l'impact de certains
produits sur leur santé. Ils veulent reprendre le pouvoir sur leur alimentation
et en appellent à la responsabilité de l'ensemble des acteurs (marques,
distributeurs, restauration commerciale ou collective). Ils réclament plus de
transparence (origine, mode de production ou rémunération des producteurs et
agriculteurs...), mais aussi plus de produits bio et locaux. Loin d'être
rejetée en bloc, la végétalisation des repas prend doucement de l'ampleur, mais
là encore, les consommateurs sont en attente d'informations et de soutien pour
aller plus loin. Rendre le végétal désirable est un territoire qui ne demande
qu'à être exploré. », commente Laure
Blondel - Directrice Conseil - Marques, Produits et Consommation Responsables -
GREENFLEX
Publicité : un appel toujours plus fort à sa réduction et son
encadrement
La publicité est aussi de plus en plus critiquée par les consommateurs,
parmi lesquels 84% considèrent qu’elle est trop présente et qu’il faudrait
globalement la réduire (+ 4 points vs 2025). Aussi, près de ¾ des Français
pensent que la publicité devrait être réservée en priorité aux produits plus
respectueux de l’environnement et de la santé, le niveau le plus haut depuis 4
ans.
« Cette année encore, la santé demeure la principale préoccupation des Français. Dans ce contexte, donner la priorité à la publicité en faveur de produits respectueux de l’environnement et de la santé constituerait un levier efficace : cela permettrait à la fois de répondre aux attentes des consommateurs et de s’inscrire dans des objectifs environnementaux et de santé publique. Une attente d’ailleurs partagée par près de 75 % des citoyens. », conclut Valérie Martin - Cheffe du Service Mobilisation Citoyenne et Médias - ADEME.


