L'étude révèle que les dispositifs de participation, d'intéressement, d'abondement et d'actionnariat salarié continuent de jouer un rôle majeur dans la rémunération des salariés.
Avec une prime collective moyenne par salarié de
6 010 € (+2 % sur un an) et un abondement moyen par salarié record (+22 % sur
un an), le partage du profit et l'épargne salariale au sein des plus grandes
entreprises françaises se maintiennent à un niveau historiquement élevé.
En 2025, le montant des primes de partage du profit versées progresse
sur l'ensemble du marché, porté notamment par une accélération de l'équipement
des PME et ETI (source : enquête AFG, mars 2026).
Le SBF 120 fait figure d'exception : il affiche un montant total de
primes versées de 6,23 Mds€ en légère baisse (-3,84 % vs. 2024), dans un
contexte particulièrement incertain sur les plans international (tarifs
douaniers) et national (dissolution de l'Assemblée nationale). Ces montants
restent néanmoins très élevés et confirment la forte dynamique enregistrée
depuis plusieurs années et l'ancrage solide des dispositifs de partage du
profit au sein du SBF 120.
Cela s’observe notamment dans la prime de partage du profit moyenne
(participation, intéressement, abondement) qui atteint 6 010 € par salarié (+2
% sur un an) soit près de 1,5 mois de salaire. En y ajoutant les dividendes
perçus par les salariés actionnaires, c’est près de 7,4 Mds € qui ont été
distribués aux salariés.
« Malgré un contexte économique compliqué, les entreprises du SBF 120
renouvellent leur attachement au Partage du Profit et ont versé en 2025 une
prime moyenne par salarié record. Cette dynamique témoigne de la volonté des
entreprises de maintenir un niveau élevé de partage du profit et confirme le
rôle croissant de l’épargne salariale dans les politiques de rémunération. », explique Mathieu Chauvin, Président du groupe Eres.
La progression des primes versées est essentiellement portée par une
augmentation rapide des montants d'abondement (+22 %), qui peut s'expliquer par
trois facteurs : l'attachement des entreprises aux dispositifs de partage du
profit, le recours à l'abondement comme mécanisme compensatoire, lorsque les
primes de participation et d'intéressement sont contraintes par des résultats
économiques en retrait, et des taux d'épargne des Français toujours à des
niveaux records (17,7 % au 4ème trimestre 2025, source INSEE, juin 2026).
Derrière cette prime moyenne record par salarié, les écarts entre secteurs sont significatifs :
si 17 % des entreprises versent moins de 1 000 € par salarié, 20 % en ont versé plus de 10 000 €, la prime la plus élevée atteignant 31 593 €. En 2025, le secteur Pétrolier et Parapétrolier se distingue avec près de 13 000 € par salarié. Sur la période 2021-2025, le Luxe s'impose comme le secteur le plus généreux, une constance qui traduit une stratégie claire : faire du partage du profit un levier d'attractivité et de fidélisation des talents.
Ces différences sectorielles s'observent également à travers l'indice EquiProfit établi par Eres, qui rapporte les primes versées au résultat net de l'entreprise. En 2025, les entreprises du SBF 120 redistribuent en moyenne 7 % de leur résultat net à leurs salariés, avec des écarts qui varient de
2 % à 13
% selon les secteurs.
« Notre indice EquiProfit montre que la culture d'entreprise compte
davantage que les résultats financiers. Certaines entreprises considèrent le
partage du profit comme une composante structurelle de leur politique de
rémunération, quand d'autres l'abordent davantage comme une variable
d'ajustement liée à la conjoncture. », commente Mathieu Chauvin.
La RSE s'impose dans
les accords d'intéressement : 95 % des entreprises du SBF 120 incluent
désormais un critère RSE dans le déclenchement des primes d'intéressement (vs.
80 % en 2024). La réduction des gaz à effet de serre et les taux d'accidents du
travail sont les critères extra-financiers les plus fréquemment mentionnés.
« Les accords
d'intéressement évoluent rapidement. Les entreprises ne souhaitent plus
seulement récompenser la performance économique, mais également les progrès
réalisés en matière environnementale, sociale ou sociétale. La généralisation
des critères RSE confirme que l'épargne salariale devient un levier
d'engagement au service d'une performance plus durable. », poursuit Mathieu
Chauvin.


