Alors que l’État ambitionne de structurer un
réseau de soins de proximité sur l’ensemble du territoire, une question
centrale demeure : comment créer les conditions concrètes d’accueil des
professionnels de santé là où elles font défaut ?
Avec le lancement du
réseau France Santé, la puissance publique fixe un cap clair : améliorer
l’accès aux soins en structurant un maillage territorial plus lisible et
coordonné. Un objectif nécessaire dans un contexte où près de 10% des Français
n’ont pas de médecin traitant et où de nombreux territoires restent sous-dotés,
selon la DREES***. Pourtant, si le dispositif organise et labellise l’existant,
il ne répond que partiellement à une autre réalité : celle des lieux de soins
qui font défaut ou qui ne sont pas adaptés aux besoins réels du territoire.
Une réponse utile… mais
partielle
Le modèle porté par le
réseau France Santé repose sur un principe pertinent : structurer l’offre
autour de maisons de santé, de centres et d’organisations coordonnées à
l’échelle des bassins de vie. Sur le papier, la logique est solide. Mais elle
ne résout qu’une partie de l’équation.
Car dans de nombreux
territoires, la question n’est pas seulement d’organiser l’existant, mais de
disposer de lieux adaptés, capables d’accueillir durablement des professionnels
de santé dans de bonnes conditions d’exercice. Sur le terrain, cette réalité
est bien connue des élus : des projets peinent à émerger, d’autres restent
sous-occupés faute d’avoir été conçus avec toutes les parties prenantes
(professionnels de santé, promoteur, foncière, etc.). De plus, la complexité
des montages et les délais de mise en œuvre, souvent incompatibles avec
l’urgence sanitaire, ralentissent concrètement les projets. Le risque de
multiplier des « coquilles vides » demeure. Et le réseau France Santé a beau
vouloir structurer l’offre, il ne peut pas créer, à lui seul, toutes les
conditions matérielles de son déploiement.
Car derrière
l’organisation du système de santé, il y a une réalité simple : des lieux. Or,
la création d’un pôle de santé de proximité ne relève pas d’une opération
immobilière classique. Pour y parvenir, il faut d’une part aligner des
conditions économiques, techniques et humaines exigeantes et d’autre part
concevoir des espaces réellement adaptés aux pratiques médicales
contemporaines, ainsi qu’aux besoins du territoire.
C’est précisément là
que réside l’angle mort du dispositif. Organiser l’offre de soins ne suffit pas
si la question des lieux — leur conception, leur implantation, leur
attractivité — n’est pas pleinement intégrée dès la phase de conception du
projet. Sur ce point, les retours d’expériences sont sans appel : sans locaux
adaptés, accessibles et immédiatement opérationnels, les dispositifs les mieux
pensés peinent à se remplir.
On ne déploie pas un
réseau de santé comme un autre réseau
Si le succès du réseau
France Services, salué par la Cour des comptes comme un dispositif « hautement
positif », a démontré la capacité de l’État à déployer rapidement un maillage
territorial de services publics, il serait bien illusoire de penser que ce
modèle est transposable tel quel à la santé de proximité.
Car là où France
Services repose sur des fonctions d’accueil et d’accompagnement, relativement
simples à déployer, la santé implique de concevoir des lieux complexes, pensés
pour les besoins spécifiques des praticiens afin de les attirer durablement et
de s’inscrire dans un équilibre économique et territorial. On ne déploie pas un
réseau de santé comme on ouvre des points de service. La différence est majeure
: il ne s’agit pas seulement d’organiser un accès, mais de créer les meilleures
conditions pour exercer un métier exigeant.
Créer des lieux de
santé, c’est aménager le territoire
Répondre à cet enjeu
suppose de changer de logique. Plutôt que d’ajouter des structures de santé de
manière opportuniste, il devient nécessaire de les intégrer dès l’amont dans
les projets urbains.
Les opérations
immobilières mixtes offrent à cet égard un levier particulièrement efficace. En
associant logements et services de proximité, tel que des pôles santé en
rez-de-chaussée, elles permettent d’ancrer l’offre de soins au cœur des bassins
de vie.
En effet, créer des
pôles santé, labellisable par l’Agence Régionale de Santé (ARS) en Maisons de
Santé Pluriprofessionnelle (MSP), ce n’est pas ouvrir un simple service de
proximité : c’est concevoir un lieu de vie, attractif pour les praticiens comme
pour les habitants, intégré à son environnement et aux usages du quotidien.
Cette approche permet à la fois d’accélérer le déploiement des structures et de
sécuriser leur fonctionnement dans la durée, en répondant aux besoins des
professionnels comme à ceux des territoires.
Collectivités et
acteurs opérationnels : une complémentarité à organiser
La réussite du réseau
France Santé repose sur une articulation claire des rôles. À l’État, la
définition du cadre et des priorités. Aux collectivités, l’identification des
besoins et l’ancrage territorial. Mais la conception, le financement, la
construction et l’exploitation de ces lieux supposent des savoir-faire
spécifiques. Faire l’économie des acteurs opérationnels (professionnels de
santé comme opérateurs immobiliers) reviendrait à freiner le déploiement du
dispositif.
IMODEV : un opérateur
au service de la santé de proximité grâce à ses 3 marques
Acteur engagé de
l’immobilier de santé, IMODEV Santé développe depuis plus de dix ans des MSP
intégrées à des programmes mixtes. Sa spécificité : proposer des solutions clés
en main, de concert avec les collectivités et les professionnels de santé, en
intégrant dès la conception leurs besoins, les contraintes du territoire et
l’équilibre économique des opérations. Leur gestion par sa filiale IMODEV
Foncière permet aux praticiens de se concentrer sur leur patientèle et leur
pratique.
En associant logements
et services de proximité, IMODEV Promotion conçoit des lieux de santé qui sont
aussi des lieux de vie, favorisant l’installation durable des praticiens et un
accès concret aux soins pour les habitants.
« Le réseau France
Santé ne se déploiera pas avec des labels seuls. Il se construira là où l’on
aura su réunir les conditions pour accueillir des soignants et faire émerger
des lieux adaptés, viables et ancrés dans les territoires », souligne Ghislain
Pironneau, cofondateur d’Imodev.
*** Direction de la Recherche, des
Études, de l'Évaluation et des Statistiques


