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[Expertises] En EHPAD, la santé mentale reste le maillon oublié de la qualité d’accompagnement

Qualisocial publie un guide pour aider les EHPAD à mieux repérer les signaux d’alerte, objectiver les fragilités et mettre en place des actions concrètes, adaptées à la réalité du terrain.

 

Alors que les EHPAD restent confrontés à des tensions durables sur les équipes, l’organisation du travail et la relation avec les familles, la santé mentale demeure un sujet encore trop souvent relégué au second plan. Pourtant, elle conditionne tout le reste : la qualité de vie des résidents, la stabilité des collectifs, la continuité de l’accompagnement et la confiance des proches.

Aujourd’hui, 1 résident sur 3 présente un score de bien-être inférieur à 55 et près de 20 % se déclare souvent ou en permanence triste. Côté professionnels, 1 soignant sur 3 présente un risque de burnout, près de 60 % déclarent une fatigue élevée au quotidien, le turnover annuel atteint 15 à 20 % et 25 % des professionnels s’absentent pour des raisons psychologiques liées au travail. 

 

Un sujet trop souvent traité à la marge

 

En EHPAD, la santé mentale ne peut pas être considérée comme un sujet annexe.

Elle est au cœur de la qualité d’accompagnement. Travailler dans ces établissements, ce n’est pas seulement soigner. C’est évoluer dans un environnement humain dense, où se croisent fatigue professionnelle, vulnérabilité des résidents, attentes des familles, contraintes d’organisation et forte charge émotionnelle.

 

Quand cette charge n’est ni reconnue ni régulée, les fragilités s’installent. Elles prennent souvent la forme de signaux faibles : hausse de l’absentéisme, conflits répétés, repli d’un collaborateur, baisse d’engagement, erreurs inhabituelles, sentiment de manque de reconnaissance ou difficulté à faire face à la souffrance d’autrui.

 

Ces signaux doivent être repérés plus tôt pour éviter que les situations ne se dégradent. La parole des équipes, comme l’écoute des aidants et des familles, est ici décisive.

 

Agir concrètement : des leviers simples, mais structurants

 

La prévention ne passe pas seulement par des principes. Elle suppose des décisions concrètes, au plus près du fonctionnement réel des établissements. Le guide publié par Qualisocial met en avant plusieurs leviers immédiatement mobilisables.

 

D’abord, réorganiser le quotidien pour réduire la charge émotionnelle : plannings plus lisibles, meilleure répartition des tâches les plus lourdes, temps de récupération réellement identifiés. Ensuite, mieux outiller les équipes face aux situations difficiles, qu’il s’agisse de conflits avec les familles, de refus de soins, d’agitation, d’incivilités ou de détresse psychologique. Le soutien psychologique doit lui aussi être pensé comme un dispositif régulier, accessible et compatible avec le rythme réel des établissements.

 

Autre point clé : la relation avec les aidants et les familles. Lorsqu’elle n’est pas structurée, elle peut devenir une source de tension supplémentaire pour les équipes. Lorsqu’elle est travaillée dans un cadre plus coopératif, elle redevient un facteur de confiance. Enfin, le rôle du management de proximité est central. C’est lui qui permet de maintenir la cohésion, de reconnaître les équipes, de réguler les tensions du quotidien et d’inscrire les actions dans la durée, à partir d’indicateurs simples et d’un suivi régulier.

 

Deux cas concrets qui montrent que l’action est possible

 

Deux accompagnements menés par Qualisocial en EHPAD illustrent ce que peut produire une démarche structurée.

 

Dans un premier établissement, confronté à une forte fatigue des équipes, à des tensions internes et à un besoin de reconnaissance, la mise en place d’un diagnostic partagé, d’un comité de pilotage et d’un plan d’action par unité a permis de mieux objectiver les risques, de renforcer la cohésion et de mieux piloter les actions dans le temps.

 

Dans un second établissement, marqué par des tensions entre équipes, des difficultés de transmission entre le jour et la nuit et une relation parfois complexe avec certaines familles, l’intervention a permis d’identifier les causes profondes du malaise et de construire des réponses concrètes : formalisation des transmissions, amélioration du dialogue interne, clarification des pratiques et travail sur la relation avec les proches.

 

Dans les deux cas, la même leçon se dégage : quand le sujet est traité avec méthode, la santé mentale devient un levier de stabilité, de qualité d’accompagnement et de confiance.

 

Selon Camy Puech, président-fondateur de Qualisocial : « En EHPAD, on ne réglera pas durablement les difficultés du secteur en parlant seulement de gouvernance, de contrôle ou d’organisation. La santé mentale des résidents et des équipes est un sujet structurant, parce qu’elle conditionne tout le reste : la qualité de l’accompagnement, la continuité des soins, la relation avec les familles et la stabilité des collectifs. Aujourd’hui, l’enjeu est d’aider les établissements à repérer les fragilités plus tôt et à agir avec des leviers concrets, adaptés à leur réalité. »  

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