Extrait du Baromètre ISM MAAF consacré au maillage territorial de l’artisanat en France
Comme souvent avec l’artisanat, cette étude apporte de très belles nouvelles.
D’une part sur la vivacité de l’entrepreneuriat artisanal ! Au 1er janvier 2024, la France compte plus de
1,5 million d’entreprises artisanales actives. Leur nombre a progressé
de 22 % en cinq ans, soit dix fois plus vite que celle de la population française
(+2 %).
Fait remarquable, cette
dynamique bénéficie à tous les territoires, des communes rurales aux grandes
métropoles, y compris dans certains départements qui perdent des habitants.
Plus d’entreprises,
plus de communes desservies en services dits “essentiels” de l’artisanat comme
les garagistes, les maçons, les plombiers.
Cette étude qui nous
révèle combien l’artisanat joue un rôle de rempart à la désertification, en
soutenant la vitalité économique et le tissu social au cœur des territoires.
Néanmoins, cette
dynamique ne doit pas masquer certaines fragilités.
Si les services
essentiels de l’artisanat sont de plus en plus présents dans les communes
françaises, certains métiers de bouche, à l’image de la boucherie-charcuterie,
poursuivent leur recul dans de nombreux territoires. En parallèle, l’emploi
salarié artisanal se replie dans certains départements ruraux malgré la hausse
du nombre d’entreprises.
1/ Données saillantes sur
le maillage territorial
• 1 521 000 entreprises artisanales
sont actives en France au 1er janvier 2024.
• En hausse de 22 % sur cinq ans,
soit une progression dix fois plus rapide que celle de la population française
(+2 %).
• La dynamique concerne tous les
territoires : +24 % dans les communes rurales, +23 % dans les petites
villes, +21 % dans les villes moyennes et +19 % dans les grandes villes.
• Le nombre d’entreprises artisanales progresse également dans des
départements qui perdent des habitants, notamment les Vosges (+23 %), la Meuse
(+21%), l’Aisne (+19%) ou encore la Nièvre (+18%).
2/ Données saillantes sur
les services essentiels de proximité
• 60 % des communes disposent
désormais d’au moins une entreprise de maçonnerie.
• La réparation automobile est
présente dans 54 % des communes, contre 48 % il y a cinq ans.
• Les instituts de beauté et
ongleries enregistrent la plus forte progression, passant de 30% à 41% de
communes équipées en cinq ans.
• À l’inverse, le nombre de
boucheries-charcuteries recule : l’activité a disparu de plus de 1 000
communes en cinq ans.
Catherine Elie, Directrice des études ISM, conclut : « La géographie de l’artisanat bat en brèche bien des idées reçues. Le nombre d’artisans progresse partout, y compris dans des départements qui perdent des habitants, où l’artisanat joue un rôle d’amortisseur économique et de maintien des services à la population. Pour autant, tous les signaux ne sont pas au vert. Le maillage des métiers de bouche s’étiole : la boucherie-charcuterie a disparu de plus d’un millier de communes en cinq ans. Et l’emploi salarié artisanal recule dans plusieurs départements ruraux, malgré la hausse du nombre d’entreprises. Derrière la vitalité entrepreneuriale, c’est donc la question de la consolidation de ce tissu de très petites entreprises dans les territoires qui se pose. »


