C’est le constat que dresse le cabinet Bougardier à partir de son baromètre interne : une part significative de ses clients, pourtant millionnaires et multipropriétaires, se voient refuser des financements par les banques traditionnelles.
Derrière cette
anomalie, un double phénomène : un durcissement des critères bancaires et une
méconnaissance massive de solutions alternatives pourtant existantes. Un
paradoxe qui bloque des projets et force certains Français à vendre leurs
biens.
Être riche ne suffit
plus pour emprunter
Contrairement aux idées
reçues, le niveau de patrimoine ne protège plus contre le refus bancaire. Selon
le baromètre interne du cabinet Bougardier, 40 % des clients disposent de
plus de 1 million d’euros de patrimoine et 72 % sont multipropriétaires.
Pourtant, 80 % des demandes sont refusées par les banques de réseau.
Ce verrouillage touche
également d’autres types de projets : 80 % des projets en SCI et 83 % des
travaux sont également refusés. Dans ce contexte, 30 % des demandeurs ne
consultent plus directement les banques de réseau.
Cas concret : un client
de 68 ans, disposant de plus de 2 M€ de patrimoine immobilier, s’est vu refuser
son financement par trois banques pour un projet pourtant sécurisé.
Une contradiction forte
émerge : en France, posséder un patrimoine important ne suffit plus à
obtenir un crédit.
Des solutions méconnues
y compris des professionnels du secteur
Au-delà du durcissement
bancaire, le baromètre met en lumière une défaillance structurelle du marché :
l’absence de conseil sur des solutions alternatives comme le crédit
hypothécaire.
Selon les données du
cabinet Bougardier, 92 % des clients n’en avaient jamais entendu parler. Cette
méconnaissance concerne aussi les professionnels du secteur : 75 % des notaires
ne le proposent pas et 96 % des conseillers en gestion de patrimoine non plus.
La solution existe mais
personne ne la propose. Ce déficit d’information contribue directement à bloquer
des projets pourtant finançables, et révèle un décalage croissant entre les
outils disponibles et leur utilisation réelle sur le terrain.
Des conséquences
concrètes : ventes contraintes et destruction de valeur patrimoniale
Faute de financement,
les conséquences pour les particuliers sont immédiates et souvent
irréversibles. Le baromètre indique que 65 % des clients vendent une partie
du patrimoine hérité pour payer les droits de succession, tandis que 15
% vont jusqu’à céder leur patrimoine personnel.
Une majorité
d’héritiers vendent sous contrainte fiscale, faute de solution de financement.
Ces arbitrages forcés entraînent une perte de valeur patrimoniale et une
fragilisation financière à long terme. Dans un pays où l’immobilier reste un
pilier de l’épargne, cette tendance interroge.
Réintroduire des
solutions adaptées aux réalités patrimoniales
Face à ce constat, le
cabinet Bougardier plaide pour une meilleure diffusion des solutions de
financement alternatives, adaptées aux profils patrimoniaux. Il s’agit
notamment de revaloriser le crédit hypothécaire comme outil de liquidité, de
sensibiliser les professionnels, notaires et conseillers en gestion de
patrimoine, à ces mécanismes, et de permettre aux particuliers de financer
leurs projets sans céder leur patrimoine.
Parce que dans les faits, les solutions existent déjà : le montant moyen débloqué atteint
580
000 euros, et survient en moyenne après que le client est essuyé trois refus
bancaires.
« Aujourd’hui, des projets parfaitement finançables sont abandonnés faute d’information. Il y a un vrai enjeu de pédagogie auprès des particuliers comme des professionnels afin de redonner de la liquidité aux patrimoines sans destruction d’actifs », alerte Véronique Bougardier, dirigeante du cabinet éponyme.


