Pause IA alerte sur les enjeux sociaux et démocratiques de la course à l'intelligence artificielle générale.
Avec la campagne « L'IA
ne détruira pas QUE votre emploi », l'association appelle à reprendre le
contrôle démocratique de la course à l'IA.
En 2026, la Fête du
travail ne peut plus être pensée sans l'IA : qui décide de l'avenir du travail
? Qui bénéficie des gains de productivité générés par l'IA ? Qui protège les
personnes dont le métier va être remplacé ?
Les IA génératives
effectuent un nombre croissant de tâches, à une vitesse et à un coût qui
rendent possible le remplacement massif de travail humain dans de nombreux
secteurs. Rien ne garantit que les emplois détruits seront compensés par de
nouveaux emplois, et rien n'a été sérieusement préparé pour absorber un choc
social de cette ampleur. L'association appelle les pouvoirs publics à reprendre
le contrôle.
C'est à la fois notre
modèle social et notre démocratie qui sont en jeu.
Selon Clémence Peyrot, directrice exécutive de Pause IA : « Le risque n'est pas seulement que des emplois disparaissent mais aussi que les décisions essentielles sur nos métiers, nos droits, notre information ou nos services publics soient progressivement déléguées à des systèmes que personne
ne contrôle. Nous perdons
progressivement notre capacité à comprendre et contester ces choix de société.
».
Mobilisations en France
À l'occasion du 1er
mai, les militants de Pause IA manifesteront pour alerter sur les conséquences
sociales et démocratiques du déploiement incontrôlé de l'IA.
Trois rassemblements
sont déjà prévus : Paris, Grenoble et Périgueux.
À Paris, nos bénévoles
se retrouveront devant l'Assemblée nationale à partir de 10h pour porter un
message clair : nous refusons que l'avenir du travail et de nos sociétés soit
abandonné à une fuite en avant technologique sans contrôle démocratique.
Clémence Peyrot
poursuit :
« La France ne peut pas arrêter seule la course mondiale à l'IA. Mais elle peut
refuser d'être spectatrice. Elle peut et doit prendre position, construire des
alliances et défendre des règles contraignantes face aux systèmes les plus
dangereux. »
16% et jusqu'à 25% du
travail déjà automatisable en France
Une étude menée
conjointement par l'Observatoire des Emplois émergents ou Menacés (OEM) et la
Coface vient de montrer que, pour la France, 16 % du contenu du travail serait
déjà automatisable. Il s'agit d'une moyenne. Ce taux dépasserait 25 % dans le
management, l'administration, les métiers créatifs, le droit, la finance,
l'ingénierie et l'informatique. D'où un impact très sensible dans les grands
centres urbains où ces métiers sont concentrés.
Premiers signes
Les signaux se
multiplient : de grandes entreprises (Meta, Microsoft) ont annoncé ce mois-ci
des licenciements dus à l'IA. Certaines professions (traducteurs, rédacteurs,
développeurs web, métiers créatifs…) sont déjà en grandes difficultés.
Ironiquement, le patron de la startup Anthropic, Dario Amodei, l'un des sprinteurs les plus en vue de cette course technologique, déclarait déjà en mai 2025 au média états-unien Axios : « L'IA pourrait effacer la moitié de tous les premiers emplois de cols blancs et faire grimper le chômage à
10-20 % d'ici 1 à 5 ans ».
Notre modèle
socio-économique en jeu
Il est impensable, dans une économie sans ligne directrice claire, que les personnes déclassées par l'IA puissent acquérir en quelques mois de nouvelles compétences non remplaçables par l'IA et trouver un nouvel emploi. Cette situation nous expose à une fonte rapide et irréversible des revenus du travail qui remettrait en cause notre modèle de société.


