Observatoire Nortia du 1er trimestre 2026.
Après une fin d’année 2025 relativement constructive, le premier trimestre 2026 s’ouvre dans un environnement redevenu plus incertain.
Le regain
de volatilité, la visibilité réduite et les tensions géopolitiques croissantes,
avec l’éclatement du conflit en Iran notamment, complexifient la lecture des
marchés financiers, désormais partagés entre fondamentaux macroéconomiques
globalement solides et chocs exogènes difficilement anticipables. Dans ce
contexte, les investisseurs adoptent une approche plus disciplinée, fondée sur
la sélectivité, la diversification et le recours à des solutions hybrides
conciliant rendement et protection.
Construit sur la collecte (versements initiaux et complémentaires) et sur les mouvements d’arbitrage de plus de 3 200 Conseillers en Gestion de Patrimoine (CGP) partenaires de Nortia, représentant plus de
72 000 clients et
12,2 milliards d’euros d’encours, l’Observatoire brosse un panorama dynamique
de leur activité en assurance-vie et en compte-titres.
Sur le plan macroéconomique, le début d’année 2026 confirme un scénario de ralentissement maîtrisé.
Si l’économie américaine fait preuve de résilience, portée par une consommation solide et un marché de l’emploi robuste, l’Europe reste plus fragile, avec une croissance hésitante malgré un reflux global de l’inflation. Dans ce contexte, les banques centrales poursuivent des politiques monétaires prudentes et graduelles.
Sur les marchés financiers, cette séquence se traduit par des
performances négatives mais contenues sur le premier trimestre (Euro Stoxx 50
-3,8 %, S&P 500 -3 %), traduisant davantage une phase de correction
ordonnée qu’un mouvement de panique. Le marché obligataire, quant à lui, joue
pleinement son rôle de stabilisateur, porté par des rendements redevenus
attractifs (3,2% pour l'OAT 10 ans, jusqu'à 3,7% sur le crédit de qualité).
« Dans cet environnement plus incertain, les CGP privilégient des
allocations plus équilibrées et diversifiées. Il ne s’agit pas d’un retrait du
risque, mais d’une manière différente de l’aborder, en combinant des actifs de
rendement avec des solutions plus dynamiques. Les stratégies hybrides, capables
de concilier performance et protection, occupent aujourd’hui une place centrale
dans les portefeuilles, car elles répondent à ce besoin de construire de la
performance dans la durée tout en maîtrisant la volatilité », commente Philippe Parguey, Directeur Général de Nortia.
Assurance-vie : les Unités de Compte s’imposent largement avec 64% de la
collecte brute
64% de la collecte brute est orientée en Unités de Compte (UC) contre
36% en fonds en euros. Ce niveau, qui n’avait plus été atteint depuis le T1
2023, marque un tournant décisif dans la répartition des flux. Ce basculement
s’inscrit dans une évolution structurelle des comportements d’épargne : les
investisseurs, accompagnés par leurs CGP, diversifient davantage leurs
allocations et cherchent à capter des sources de rendement plus larges.
Les Fonds Euros conservent néanmoins leur rôle de socle au sein des portefeuilles. Leur part en recul dans la collecte ne traduit pas un désengagement, mais davantage une logique d’optimisation, dans un contexte où des opportunités peuvent être saisies en Unités de Compte. A noter également que la plupart des assureurs demandent désormais 60% d’UC sur les nouveaux versements pour toucher les bonus sur la poche de 40% allouée au fonds euros.

Source : Nortia. Données arrêtées au 31 Mars 2026.
Sur la poche Unités de Compte (UC) :
• Les produits structurés s’imposent une nouvelle fois comme la classe d’actifs la plus
plébiscitée. Ils ont vu leur flux progresser de 2 points au T1 2026 pour
atteindre 30% de la poche UC. Les produits de taux continuent de susciter un
intérêt marqué, au même titre que les produits avec des sous-jacents indiciels
thématiques, comme la santé par exemple.
• La gestion alternative ressort comme la grande gagnante de ce premier trimestre, avec une
progression de 3 points par rapport au trimestre précédent. Elle représente
désormais 12,60 % de la poche UC et accède ainsi à la deuxième place du podium,
portée notamment par le dynamisme des stratégies obligataires, event driven et
long/short actions.
• Les actions enregistrent un début d’année plus contrasté et représentent désormais
11,5 % de la poche UC. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont pesé sur
les marchés, fragilisant la confiance des investisseurs et entraînant un repli
de cette classe d’actifs au cours du trimestre. Les CGP ont privilégié des
fonds thématiques, notamment sur les secteurs financier, technologique et des
métaux précieux. À noter que 14 % de cette poche est désormais investie en ETF,
en légère hausse.
• Les fonds obligataires, bien que toujours sur le podium, enregistrent la plus forte baisse du
trimestre, reculant de près de 5 points pour s’établir à 11,80% de la poche UC.
Les flux se concentrent principalement sur des fonds cœur de portefeuille, la
part des fonds datés reculant à seulement 16% de la poche obligataire.
• Les fonds monétaires continuent eux aussi de perdre du terrain représentant, maintenant
8,90% de la poche UC. À l’inverse, les fonds flexibles enregistrent une légère
progression, représentant désormais 9,50% de la poche UC.
• La classe d’actifs immobiliers affiche à nouveau une part faible dans les UC s’élevant à seulement 1,70%, une tendance quasi inchangée malgré les baisses de taux directeurs successives de la BCE et les signes de reprise du marché immobilier.

Source : Nortia. Données arrêtées au 31 Mars 2026.
Dans un environnement toujours volatil, le volume d’arbitrage sur le
stock existant est resté soutenu au premier trimestre, avec 4,80 % des encours
réalloués, soit près de 430 millions d’euros repositionnés. Les CGP ont
privilégié la gestion alternative, les produits structurés et les fonds
flexibles, au détriment du fonds en euros, de l’immobilier et de certaines
expositions plus traditionnelles.
Plus globalement, ces mouvements traduisent une gestion plus active et
sélective des portefeuilles, dans une logique d’adaptation continue à un
environnement incertain.
Compte-titres : 240 millions d’euros collectés, les produits structurés
toujours en tête
Le premier trimestre 2026 poursuit la dynamique 2025 avec 240 millions
d’euros collectés sur le compte-titres. Le contexte macroéconomique impacte
naturellement les choix des produits et entraîne des évolutions notables dans
la construction des allocations :
• Les produits structures,
avec une proportion stable de 58% de la collecte, confirment une nouvelle fois
leur statut de classe d’actifs phare en compte-titres. On observe davantage de
produits présentant des barrières de coupon ou de rappel dégressives, afin
d’optimiser la probabilité de remboursement. Les indices sur la défense, le
secteur bancaire et les matières premières figurent parmi les sous-jacents les
plus utilisés.
• Les fonds monétaires représentent 15% des flux, soutenus par des souscriptions conséquentes
de personnes morales qui ont sécurisé leurs actifs de trésorerie dans le
contexte géopolitique du trimestre.
• Les fonds obligataires représentent 14% des flux, positionnés majoritairement sur des fonds à
duration courte. Quelques achats sont également observés sur des fonds
émergents ou sur des fonds datés à échéance post 2030 pour les clients
souhaitant davantage de rendement.
• Enfin, les fonds actions, fonds de gestion alternative et fonds flexibles/diversifiés se partagent les 12% restants. Les souscriptions en actions restent diversifiées, avec un intérêt marqué pour les petites et moyennes capitalisations ainsi que pour les marchés émergents. Les fonds flexibles privilégient des expositions actions significatives, tandis que la gestion alternative suit une dynamique similaire à l’assurance-vie, dominée par les stratégies event driven, multi-actifs obligataires et long/short actions.


