Quand l’inertie bancaire freine l’optimisation patrimoniale : 62% des Français ne remettent jamais en question leurs placements.
Produits structurés et private equity : moteurs sous-utilisés
Alors que l’épargne des Français atteint des niveaux historiques une
étude menée par Alternative Patrimoine avec l’institut Selvitys auprès de
1 000 Français révèle un paradoxe frappant. Une fidélité massive à la banque
principale mais une perception largement critique de la performance, de la
transparence et du niveau de personnalisation des placements proposés. Dans un
contexte de marchés plus volatils, cette inertie interroge la capacité des
modèles bancaires traditionnels à délivrer une allocation réellement optimisée.
Une fidélité bancaire qui repose davantage sur l’inertie que sur la
valeur ajoutée
Selon l’étude, 74% des Français placent l’essentiel de leur épargne dans
leur banque principale, principalement par confiance (46%), habitude (27%) et
simplicité (19%).
« Cette fidélité n’est pas le reflet d’une satisfaction objective mais
d’un réflexe historique. Les Français restent là où ils sont, faute
d’alternative identifiée ou de temps pour challenger leur banque » analyse Leatitia Benhamou, Directrice Associée d’Alternative
Patrimoine.
Un attentisme marqué malgré un environnement financier en mutation
Plus de 6 Français sur 10 (62%) n’ont jamais remis en question les
placements proposés par leur banque. Dans le même temps, 58% n’ont jamais
comparé ces placements avec d’autres solutions d’investissement et 6% ignorent
même que la comparaison est possible. Une posture largement passive face à la
gestion de leur épargne.
« Nous observons un décalage entre la sophistication croissante des
marchés financiers et le comportement des épargnants qui restent très peu
proactifs. Cette inertie les prive souvent d’opportunités de rendement ou de
diversification » poursuit Leatitia
Benhamou.
Une performance jugée floue et globalement insuffisante
Seuls 19% des Français déclarent connaître précisément la performance
réelle de leurs placements financiers. Plus inquiétant encore, pour 81%,
celle-ci reste floue, voire pour 12% totalement inconnue. Près de deux tiers
(62%) jugent que la performance de leur épargne n’est pas à la hauteur ou ne se
prononcent pas. Par ailleurs, 6 Français sur 10 (60%) estiment que leur épargne
ne travaille pas suffisamment, contre seulement 5% qui la jugent optimale.
« Le manque de transparence sur la performance est un problème
structurel. Beaucoup d’épargnants ne savent pas ce que leur épargne rapporte
réellement, ni ce qu’elle pourrait rapporter ailleurs » souligne la Directrice Associée du cabinet Alternative Patrimoine.
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Profil des répondants
Une photographie représentative de l’épargne française
L’étude repose sur un échantillon équilibré, reflétant la diversité des
épargnants français : un profil qui met en évidence une population d’épargnants
majoritairement prudente, souvent captive de leur banque historique et peu
exposée aux solutions financières avancées.
Répartition hommes/femmes : 49 % d’hommes, 51 % de femmes.
- Âge : un panel mature, avec 28% de 30 44
ans, 21% de 45 54 ans, 21% de 55 64 ans et 30% de 65 ans et plus.
- Catégories socio professionnelles :
32% de retraités, 31% d’employés et ouvriers, 13% de professions
intermédiaires, 12% de cadres et professions intellectuelles supérieures, 8% de
personnes au foyer ou demandeurs d’emploi et 5% d’agriculteurs, artisans,
commerçants, chefs d'entreprises et profession libérale.
- Régions : une couverture nationale avec notamment 20% de répondants en Île de France, 12% en Auvergne Rhône Alpes, 10% en Occitanie, 9% dans les Hauts de France, 8% en Nouvelle Aquitaine,
8% en
région Grand Est et 8% en région PACA.
- Revenus : une majorité de foyers modestes à
intermédiaires avec 29 % entre 1 295 € et 1 730 € nets mensuels, 30% entre
1 730 € et 2 410 €, 21% entre 2 410 € et 3 490 € et 10% plus de 3940 € net par
mois.
Des solutions perçues comme standardisées, loin des attentes de
personnalisation
42% des épargnants jugent les solutions proposées par leur banque
majoritairement ou totalement standardisées, 25 % se sentent réellement
conseillés, tandis que 19 % n’ont pas d’avis.
« Le conseil bancaire reste trop souvent normé, industrialisé. Les
Français attendent désormais une approche plus fine, plus pédagogique et plus
personnalisée car la faible culture financière constitue un frein majeur à la
diversification de l’épargne. » affirme Leatitia
Benhamou.
Produits structurés et private equity : des solutions performantes
encore trop méconnues
Alors que les épargnants expriment un besoin croissant de performance et
de diversification, l’étude révèle une méconnaissance marquée des solutions
alternatives : 47% n’ont jamais entendu parler de produits structurés et 69%
ignorent le private equity.
« Les produits structurés et le private equity sont aujourd’hui parmi
les solutions les plus efficaces pour améliorer le couple rendement/risque d’un
portefeuille. Leur potentiel est considérable mais ils restent sous utilisés
faute de pédagogie et d’accès simplifié »
explique Laetitia Benhamou.
Elle ajoute :
« Au-delà d’un certain montant d’épargne, notre rôle pédagogique
consiste à rendre ces solutions compréhensibles, accessibles et adaptées au
profil de chaque épargnant. Ce sont des outils puissants qui nécessitent un
accompagnement expert. L’enjeu aujourd’hui n’est pas de faire prendre plus de
risques aux épargnants mais de leur permettre de mieux comprendre, mieux
arbitrer et mieux structurer leurs décisions patrimoniales » conclut Laetitia Benhamou.
Comprendre les produits structurés et le private equity
- Le produit structuré
C’est un placement dont le rendement dépend de l’évolution d’un indice
ou d’une action avec des règles fixées dès le départ. Il permet de viser une
performance tout en définissant clairement à l’avance dans quelles conditions
le capital est protégé ou peut-être exposé à une baisse.
- Le private equity
C'est un investissement dans des entreprises non cotées, historiquement
plus performant et moins volatile que les marchés traditionnels. Il offre une
diversification et un rendement potentiel élevé avec une contribution directe à
l’économie réelle.
Une ouverture réelle à de nouveaux acteurs
Seul un quart des Français (27%) place aujourd’hui une partie de son
argent en dehors de sa banque tandis que 67% restent exclusivement bancarisés
et 7% n’y ont jamais réfléchi. Lorsqu’ils envisagent des solutions
alternatives, leurs motivations principales sont la recherche de performance
(36%), la diversification (27%) et une meilleure maîtrise du risque (24%). Au
total, plus d’un Français sur deux (55%) se déclare prêt, ou potentiellement
prêt, à contacter un nouvel interlocuteur pour trouver un meilleur équilibre
entre performance et risque
« Les Français sont prêts à bouger à condition qu’on leur apporte de la clarté, de la pédagogie et des solutions réellement performantes. C’est là que les acteurs indépendants ont un rôle majeur
à jouer »


