Alors que le dernier
indice de perception de la corruption publié par Transparency International
montre un recul global de la confiance dans les institutions (42/100 en 2025,
soit son niveau le plus bas jamais enregistré), la lutte contre la corruption s’impose
plus que jamais comme un sujet central de gouvernance, de conformité et de
responsabilité sociétale.
En France aussi, le
constat est préoccupant : le pays recule à 66/100 en 2025, contre 67 en 2024 et
71 en 2023. Il s'agit également de son plus mauvais score jamais observé.
Pour Philippe Vachet,
Directeur Général de l’Agence LUCIE, la corruption doit être appréhendée comme
un enjeu stratégique, bien au-delà de la seule conformité réglementaire : « La lutte contre
la corruption touche à la crédibilité de l’entreprise, à la solidité de ses
relations avec ses partenaires et à sa capacité à agir dans la durée. Dans un
contexte où les exigences réglementaires s’intensifient, les organisations ont
besoin de démarches claires, partagées et concrètes pour identifier les
risques, lever les zones grises et installer une culture d’intégrité durable. »
Le risque se niche dans
le quotidien
En effet, les risques
de corruption concernent tous les types d’organisations, y compris les PME,
souvent persuadées à tort d’être peu exposées. Cadeaux, invitations, relations
fournisseurs, achats, arbitrages internes : loin des gros dossiers judiciaires,
les situations du quotidien peuvent rapidement devenir des points de fragilité
si les règles ne sont pas clarifiées et comprises de tous
La corruption a aussi
un coût économique majeur. Elle représenterait environ 5% du PIB mondial chaque
année, soit des milliards détournés des services publics, de l’éducation, de la
santé ou encore de la transition écologique. En entreprise, elle se traduit
concrètement par des contrats perdus, des partenariats rompus et des
recrutements impossibles lorsque la réputation est fragilisée.
À l’échelle européenne,
une directive relative à la lutte contre la corruption est en cours de
finalisation, signe d’un renforcement progressif des exigences attendues des
organisations.
Pour Loukia Cheillan,
juriste et experte RSE à l’Agence LUCIE, la prévention repose d’abord sur la
capacité des entreprises à rendre les règles applicables dans la réalité du
terrain :
« Les risques de corruption se nichent souvent dans des situations
ordinaires, parfois banales en apparence. L’enjeu n’est pas seulement de
connaître la règle, mais de savoir l’appliquer concrètement, avec des repères
simples, des réflexes partagés et une vigilance constante. C’est cette capacité
d’appropriation qui permet de faire vivre une politique efficace de prévention.
»
Anticiper les exigences
à venir
Dans ce contexte, la
loi Sapin II, en vigueur depuis 2016, demeure un cadre de référence en France.
Mais l’évolution des pratiques attendues et le renforcement annoncé du cadre
européen invitent les entreprises à anticiper dès maintenant les prochaines obligations
et à consolider leurs dispositifs internes.
Pour faire la lumière
sur ces zones de flou qui peuvent créer de véritables cas de corruption,
certaines formations ont été créées avec l’objectif de donner aux participants
les clés pour identifier, anticiper et neutraliser les risques de corruption, à
partir de cas concrets et de situations du quotidien, afin de transformer les
principes de conformité en réflexes opérationnels. C’est notamment le cas de la
formation mise en place par l’Agence LUCIE et animée par Loukia Cheillan.
Au-delà de l’obligation réglementaire, l’intégrité et la transparence s’affirment comme des piliers essentiels d’une stratégie RSE crédible. Elles contribuent à sécuriser les relations avec les parties prenantes, à préserver la réputation des organisations et à renforcer leur attractivité auprès des talents, des clients et des partenaires.


