À l’occasion de la clôture de la 64e session plénière du Groupe d'experts intergouvernemental
sur l'évolution du climat (GIEC) à Bangkok, la France
exprime sa vive préoccupation face aux tentatives de ralentir et décaler
arbitrairement le calendrier de publication des rapports du septième cycle
d'évaluation du GIEC.
Ces agissements visent
à reporter la publication de certains rapports au-delà de la date de conclusion
du deuxième bilan mondial de l’Accord de Paris fin 2028.
L’urgence climatique
impose une réponse fondée sur les meilleures données scientifiques disponibles,
que fournit le GIEC. Le rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM)
publié cette semaine souligne qu’avec une température moyenne supérieure de
1,43 °C par rapport aux niveaux de l’ère préindustrielle, les années 2015-2025
constituent désormais la décennie la plus chaude jamais enregistrée, poussant
notre planète au-delà de ses limites. La chaleur qui s’accumule dans les océans
se traduit par une multiplication des canicules océaniques et l’élévation du
niveau de la mer de 11 cm depuis le début des relevés.
Ces évolutions
témoignent d’une crise climatique qui s’aggrave et s’accélère.
Face à ce constat, la
France considère que tout retard dans la prise en compte des données
scientifiques pertinentes pour répondre à l’urgence climatique compromettrait
gravement l'action climatique à l’échelle mondiale.
La science est au
fondement du multilatéralisme climatique et elle ne se négocie pas. Ce sont les
réalités incontestables exposées dans les rapports du GIEC qui ont permis
l’adoption de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements
climatiques de 1992 et de l’accord de Paris en 2015. L’ensemble des Parties ont
encore réaffirmé cet attachement au GIEC dans la décision politique adoptée
lors de la COP30 (Belém, novembre 2025) qui a explicitement reconnu le GIEC
comme la source « des meilleures données scientifiques disponibles (…) pour
assurer l’efficacité de l’action climatique et de l’élaboration de politiques
climatiques ».
La France a eu
l’occasion de rappeler ces messages aux 664 auteurs du GIEC réunis à Paris en
décembre 2025, en réaffirmant le soutien de la France à une gouvernance
climatique multilatérale éclairée par les travaux scientifiques comme une
priorité diplomatique. En coordination avec l’Union européenne et ses
partenaires progressistes, la France continuera de défendre une politique
climatique fondée sur les preuves et la science face aux attaques que celle-ci
subit et la montée préoccupante de la désinformation climatique.
Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, rappelle : « Le GIEC est la pierre angulaire du cycle de l'Accord de Paris. Lorsque nous sommes tous convenu, il y a dix ans, d'adopter l'Accord de Paris, l'un des engagements clés consistait à fonder le bilan mondial sur les rapports du GIEC. Cette décision a été prise car la science est indispensable pour orienter l'action climatique. Alors que nous ne sommes pas en voie de respecter les objectifs de l’Accord de Paris et que les effets du changement climatiques 'intensifient, les parties doivent prendre les décisions qui s’imposent lors des COP, ce qu'elles ne pourront pas faire si le 7e rapport du GIEC n'est pas remis à temps. »


